Dialogue: Kamerhe, Katumbi, Félix prêts à dire NON au Pape ?

·         « Nous demandons paix et concorde pour les chères populations de la République démocratique du Congo, du Burundi et du Sud Soudan afin que, par le dialogue, se renforce l’engagement commun pour l’édification de sociétés civiles animées d’un esprit sincère de réconciliation et de compréhension réciproque ». L’extrait est de la bénédiction papale à l’occasion de la Nativité, le 25 décembre 2015.

Qui du cardinal Laurent Monsengwo, de Mgr Nicolas Djomo et du nonce apostolique Luis Mariano a réussi à faire insérer dans le message papal le terme « Dialogue », en ce qui concerne la résolution, notamment, de la crise congolaise ? Si l’initiative n’est ni de l’archevêque de Kinshasa, ni du président en exercice de la Cenco, encore moins du propre représentant du Saint Père en RDC, alors l’exhortation du Pape prend une nouvelle dimension. Elle peut provenir du cercle restreint des décideurs de la marche du monde. De toutes les façons, les forces politiques et sociales opposées au Dialogue ont le choix libre soit de défier le Souverain Pontife, soit de l’honorer en réalisant le vœu exprimé…

Le fait mérite d’être relevé et souligné : depuis le 25 décembre 2015, les anti-Dialogue semblent avoir tous avalé leur langue. Habitués à récupérer les positions de l’Eglise catholique romaine, Vital Kamerhe, Moïse Katumbi, Félix Tshisekedi, Martin Fayulu, Samy Badibanga, Eve Bazaiba, Franck Diongo, Mbusa Nyamwisi, Jean-Claude Katende, Jonas Tshiombela, Rostin Manketa, Jean-Claude Vuemba, Jean-Pierre Lisanga Bonganga, Jean-Lucien Bussa, Joseph Olenghankoy et autres Olivier Kamitatu donnent l’impression de subir une trahison de la part du Saint-Siège, impression amplifiée par le « silence » de la Cenco, elle-même n’étant pas pressée de réagir aux propos du Pape François.

Bref, quatre jours après l’exhortation du « successeur » de l’apôtre Pierre, les anti-Dialogue sont comme estomaqués de voir hypothéquées toutes leurs stratégies de 2016, dont celles prévues à dater du mois de janvier. Il s’agit, on s’en doute, de l’exigence du déblocage du processus électoral, «d’une part, par la publication au plus tard le 31 janvier 2016 d’un calendrier électoral consensuel, respectant le délai constitutionnel pour l’élection du prochain Président et intégrant la mise à jour du fichier électoral. Et d’autre part, le démarrage de la mise à jour du fichier électoral au plus tard le 10 février 2016, NOTRE LIGNE ROUGE», lit-on dans l’acte constitutif du « Front civil 2016 » et, à partir du 1er février, de la publication d’«un calendrier d’actions non violentes, tenant compte et renforçant les actions déjà planifiées par les membres du « Front Citoyen 2016». Il s’agit aussi de la Marche des Chrétiens du 16 février prochain et de l’An 1 des fameux événements de janvier 2015, pour se référer aux interviews respectives de Vital Kamerhe au journal «Le Monde/Afrique» du 21 et de Martin Fayulu à «Afrikarabia» du 26 décembre 2015.

En effet, dans la sienne, le président de l’Unc déclare : « Face au refus de Joseph Kabila d’organiser les élections présidentielles et de quitter le pouvoir, nous avons besoin de nous mobiliser contre un changement de constitution et d’obtenir le déblocage du processus électoral. Nous réclamons un calendrier avant le 31 janvier 2016 et préparons une grande marche nationale le 16 février ». Dans sa déclaration, Martin Fayulu dit : « Comment faire plier Kabila ? Tout simplement par l’organisation de manifestations. Nous allons faire des meetings, nous allons organiser des opérations villes mortes pour faire comprendre à Joseph Kabila qu’il n’est pas le maître du temps et des circonstances. Nous avons donné notre ‘ligne rouge’,  qui est fixée au 31 janvier 2016, pour la publication d’un calendrier électoral. Mais déjà le 19 janvier 2016, nous descendrons dans la rue pour commémorer les manifestations de janvier 2015 contre la loi électorale. Et puis il y aura bien sûr la traditionnelle marche des chrétiens du 16 février 2016 ».

Pour rappel, la Cenco, dans sa communication du 24 novembre 2015, a annoncé la marche du 16 février 2016.

Chef de l’Etat fait preuve de constance

Or, selon l’article 5 de l’ordonnance n°15/084 du 28 novembre 2015 promulguée par le Président Joseph Kabila, le Dialogue, désormais soutenu par le Vatican, « porte principalement sur l’organisation d’un processus électoral apaisé, complet, inclusif, crédible et conforme aux standards internationaux et sur toutes les questions connexes au processus électoral ». Au demeurant, autant dans son message du 26 novembre dernier annonçant ce forum que dans son discours sur l’état de la Nation du 14 décembre 2015, le Chef de l’Etat fait preuve de constance. Dans le premier, il affirme : «Au-delà de la sécurisation physique et matérielle des candidats et électeurs, le problème se pose à ce niveau est celui du rôle que devait jouer la classe politique, et chacun de nous, dans la promotion d’un environnement favorable à un processus électoral apaisé». Dans le second, il renchérit : « La mise en place, en cours, du Comité Préparatoire, et celle prochaine de la facilitation internationale, permettront, à brève échéance, le démarrage effectif dudit dialogue, avec pour objectif de trouver des solutions consensuelles aux questions majeures qui minent le processus électoral, ouvrant ainsi la voie à des élections crédibles et apaisées ».

En toute logique, le décor du Dialogue, tel que planté, est de nature à rassurer tous les protagonistes. Internes comme externes.

Force est de le constater : des protagonistes externes, le Vatican est le premier à se déclarer clairement et ouvertement pour ce forum depuis l’annonce faite par le Chef de l’Etat le 26 novembre 2015. Force est, hélas !, de le constater également : à la date du 29 décembre 2015, le Saint-Père semble avoir prêché dans le désert étant donné que ni la Cenco – dont il est pourtant l’Autorité morale au niveau mondial – ni l’Opposition radicale (réunissant principalement Dynamique et G7), moins encore la Société civile alliée ne réagissent à l’exhortation papale.

Les indices incitent à croire que non seulement ils sont pris au dépourvu, mais en plus ils ont envie de dire NON, sans savoir cependant comment s’y prendre…

Avouons que c’est tout de même curieux !

Omer Nsongo die Lema

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