Fatigués de maternage Les « décideurs » imposent le Dialogue aux Opposants !

Organisée pour dire «NON au glissement», «NON au troisième mandat», «NON au Dialogue», «OUI au respect des délais constitutionnels pour les échéances électorales», la « journée ville-morte » du 16 février 2016 a vécu. Pour les initiateurs – dont bon nombre étaient du côté du régime ayant ordonné la répression sanglante de la Marche du 16 février 1992 – l’opération a été un succès total. Pour ceux qui, par contre, ont connu ce type de manif’ entre 1990 et 1997, c’est un ratage retentissant. Il a fallu moins d’une demi-journée pour voir Kinshasa, par exemple, s’animer. Maintenant que l’action a eu lieu, l’enjeu électoral revient sur la table avec, cette fois, une instruction formelle de la part des « décideurs » pour le Dialogue à l’égard des forces encore hésitantes ou résistantes…

 

Ainsi, sous forme de déclaration commune avec leurs logos respectifs mis en exergue comme pour éliminer tout doute dans le chef des destinataires, l’Union africaine (Ua), l’Organisation des Nations Unies (Onu), l’Union européenne (Ue) et l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) ont agi au nom de la communauté internationale pour dire « fini la recréation ».

On ne sait pas trop si cette déclaration a été rédigée avant ou pendant la manif. On sait seulement qu’elle a été publiée le même jour. La coïncidence n’a rien de fortuit.

On peut déduire que les « décideurs » ont lancé un message clair et net plus en direction des acteurs politiques que des activistes de la Société civile. Peut-être parce qu’après le NON même au Pape François, le NON au nonce apostolique Luis Mariano, le NON à la Cenco, il y a le NON de trop, celui adressé à la Céni au lendemain de la présentation des données techniques le 13 février 2013. Pour rappel, Corneille Naanga a révélé à l’attention de l’opinion le timing prévisible de la réalisation du fichier électoral. C’est entre 16 ou 17 mois.

L’attitude des « décideurs » n’a rien de surprenant. Après tout, leur participation au financement, à la logistique et à l’observation du processus électoral est constamment requise par la frange la plus politico-médiatique de l’Opposition. Celle-là même qui en appelle à l’implication des «décideurs» dans la question électorale.

De l’Udps à l’Unc en passant par le Mlc, l’Ecidé, le Rcd-Kml, l’Udémo et autres Front citoyen 2016, c’est pratiquement matin, midi et soir qu’on prend à témoin la communauté internationale pour ceci ou pour cela. Toutes les déclarations à forte dose médiatique évoquent généralement l’Onu et l’Union européenne pour les institutions internationales, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Belgique, la France etc. pour les pays.

Hélas !, ces organisations et ces Etats constatent, à l’unanimité, que tout en appelant à cri et à cor à la tenue des élections et à l’alternance politique, l’Opposition radicale est elle-même, à sept ou huit mois du lancement de la campagne électorale, sans « programme de gouvernement » qui puisse convaincre l’homme de la rue (alias peuple) de la nécessité de voter pour elle. Son « programme » se limite au départ de Kabila.

« Pesé : Tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé léger »…

Survenant après les castings de Washington en août 2014 et en janvier 2015, et aussi après « Ile de Gorée » toujours en 2015, la prise de position des « décideurs » a tout d’une action longuement réfléchie, sanctionnée par le constat d’absence d’une  volonté politique réelle dans le chef des Opposants face de s’assumer face à l’enjeu électoral. En clair : les Opposants congolais ne sont prêts à rien dans un schéma véritablement démocratique, mais prêts à tout pour tout schéma révolutionnaire.

Dans un environnement inflammable comme celui des Grands Lacs aujourd’hui, les « décideurs » n’entendent pas devenir sapeurs-pompiers pour des « pyromanes » qui se réfugieront dans leurs ambassades si Kinshasa brûle.

Déjà, ils sont conscients de risquer de violer le Droit international s’ils en viennent à se substituer au Président Joseph Kabila, s’agissant de la convocation du Dialogue. En effet, la RDC n’est pas un pays sous tutelle pour que l’Onu ou l’Ua convoque ces assises et en désigne le médiateur ou le facilitateur au motif que le Raïs est partie au problème. L’Accord-cadre d’Addis-Abeba a pour signataire, côté RDC, le Chef de l’Etat. L’engagement pris par le Gouvernement enjoint ce dernier, au point 6, de «Promouvoir les objectifs de réconciliation nationale, de tolérance, et de démocratisation ». Ceci de un.

De deux, la Constitution de la République reconnaît au Président de la République la qualité de garant du respect des accords et traités internationaux (article 69).

De trois, la résolution 2147 – à laquelle l’Udps se réfère dans sa feuille de route – consacre comme garants de l’Accord-cadre le Secrétaire général de l’Onu, la Présidente de la Commission de l’Union africaine, les Présidents en exercice de la Sadc et de la Cirgl.

En d’autres termes : Mme Nkosazana D. Zuma est en droit de désigner en Edem Kodjo ou un autre en qualité de facilitateur pour le Dialogue.

On sait qu’aussitôt Edem Kodjo désigné, les Opposants – qui ne fonctionnent que par rapport à la communauté internationale – ont organisé des tirs croisés pour le descendre en flammes, les déclarations de l’Udps, de « Dynamique », du « G7 » et du Front citoyen 2016 » faisant foi.  Les voici tous remis à leur place : c’est Edem ou rien !

Si on peut se féliciter de la sagesse adoptée par certaines forces de l’Opposition radicale qui ont préféré reporter à plus tard leurs réactions (le temps  certainement de se concerter), on doit toutefois déplorer la langue (vraiment) pendue d’Eve Bazaïba. Cette dame qui a hérité du poste de secrétaire général du Mlc au détriment des compagnons de maquis de Bemba s’est prononcée sans assurément avoir cherché à prendre l’avis du Directoire du parti.

Maintenant que les dés sont jetés, les regards sont tournés vers Bruxelles pour l’Udps, spécialiste désormais en art de souffler le chaud et le froid, si bien que ses membres en sont venus aux mains lors de la messe organisée pour le 34èmeanniversaire du parti le 15 février 2016 en la paroisse Saint Joseph ! C’est la rançon de la « bataille parricide ou infanticide » entre Etienne et Félix Tshisekedi. Ils sont tournés aussi vers Lubumbashi où Moïse Katumbi a oublié le 16 février 2016 ses « 2 minutes » de prière quotidienne pour avoir donné sa caution à l’initiative de la « journée ville-morte ».

Toutes ces « retombées » confirment au moins cette dure évidence évoquée en Daniel 5 :25-27 : « Voici, l’écriture qui a été tracée : Compté, compté, pesé, et divisé. Pesé : Tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé léger ». Par les « décideurs », bien entendu.

 

Omer Nsongo die Lema 

 

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