Voisin … Jules Shungu Wembadio !

Jules,

Confirmée par J-P. Kibambe, la nouvelle, la triste et mauvaise nouvelle m’est parvenue par le canal d’Ernest Mulumba puis confirmée par Jeannot Lusenge à mon réveil à Pennsylavania Hotel, à New York, le 24 avril 2016, au terme de notre séjour d’une semaine aux Etats-Unis.

Nous nous sommes tous précipités dans la chambre de Nono, notre webmaster, « veil Internet maison ». Il venait effectivement d’accéder à la dernière image que nous devons garder de toi : ton effondrement sur la scène du Femua, à Abidjan.

J’ai ressenti un choc froid, demeurant sans réaction plusieurs minutes durant. Je suis calmement rentré dans ma chambre pour préparer mes valises. Nous rentrions en début d’après-midi à Kinshasa, via Bruxelles.

Jules,

J’ai eu une triple occasion dans ma vie de te connaître et de t’approcher :

– primo, en tant que voisin de classe à l’athénée de Victoire, en première année du Cycle d’orientation. Nous devrions avoir la douzaine d’âge. Souviens-toi : nous avions pour préfet Louis Noisin, originaire de la République du Haïti ;

– secundo, en tant que chroniqueur de musique free-lance au journal «Le Progrès». Raoul Yema, animateur de la rubrique « Parade des Vedettes », m’avait chargé de couvrir la sortie de l’orchestre Zaïko au club-dancing « Chez Hawaï », au quartier Yolo, sur l’avenue Bongolo ;

– tertio, en tant que coordonnateur administratif des Editions Musicales Vévé. Je t’avais vu arriver comme musicien de Zaïko puis musicien de Viva La Musica. Tu m’avais même amené, en mes bureaux au 36 Eyala, un certain Emeneya Kester.

Jules,

Je retiens que tu ne m’appelais jamais Omer, de même que je ne t’appelais jamais Jules, encore moins Wemba, et surtout pas Papa Wemba. Nous nous appelions affectueusement « voisin ». C’était tout.

C’est vrai qu’à partir de l’athénée de Victoire, notre cursus scolaire n’avait pas été le même. Si je ne me trompe pas, tu étais resté dans cet établissement ; j’avais opté pour les Humanités littéraires à l’athénée de Saint Jean.

Au moins, notre cursus professionnel nous a permis de nous croiser.

Jules,

Lorsque, dans la chambre de Nono à New York, je t’ai vu t’affaisser derrière tes musiciens, j’ai eu un vrai choc que les quinze heures de vol New York-Bruxelles et Bruxelles-Kinshasa du dimanche 24 au lundi 25 avril 2016 n’ont ni amorti, ni absorbé. Au contraire…

Je me suis imposé alors cette évidence dure : celle de savoir «pourquoi, pourquoi, pourquoi !»

Jules,

Le 28 avril 2016, date fixée pour le rapatriement de ta dépouille dans ton Congo natal, j’ai suivi sur une chaîne de télévision les propos de celle qui fut ton âme sœur, Amazone. Tu avais 20 ans, et elle en avait 14 lorsque tu l’avais connue. Vous êtes donc restés ensemble 46 ans !

Ce que j’ai cependant retenu d’elle, c’est qu’elle te n’a pu t’accompagner à Abidjan parce qu’elle tenait à prier. Elle avait ressenti un besoin intense de prier !

L’image de Moïse et de Josué m’est aussitôt venue à l’esprit : elle au front spirituel, toi au front professionnel ! « Je pense que Dieu m’a préparée à ce qui devait arriver », a-t-elle déclaré.  Oui, elle a raison. Pleinement raison.

Jules,

 Tu ne vas peut-être pas me comprendre ni l’admettre : depuis plusieurs années, j’avance – parfois avec négligence – dans la rédaction du manuscrit intitulé «Musique mondaine et Plan de Dieu en Jésus Christ».

Aux Editions Musicales Vévé, j’ai vu arriver, et malheureusement je vois aujourd’hui s’en aller un à un, des talents comme Max Soki Vangu, Emile Soki Dianzenza, Kabasele Yampania Pépé Kallé, Emeneya Kester et, maintenant, toi Jules Shungu Wembadio.

Je me sens interpellé.  Oui, c’est bien le cas parce que je ne trouve pas d’explication, alors aucune explication à ce que tu aies recruté pour ton orchestre Nathalie Makoma, pourtant cantatrice du Seigneur…

Jules,

Le jour où tu as annoncé son recrutement, donc son entrée dans ton orchestre, je n’ai pas été à l’aise. Je me souviens même l’avoir dit à Georgine, mon âme sœur.

Qu’elle soit venue de toi ou d’elle, la sollicitation ne devrait jamais être agréée.

C’est vrai qu’à l’époque, les Makoma, son groupe, semblaient traverser le désert. Ils connaissaient vraisemblablement l’ombre de la vallée de la mort. 

Mais, comme l’a dit l’Artiste chrétien Alain Moloto : «Quand je traverse l’ombre de la vallée de la mort, et qu’au soir de ma journée, je n’ai que de remords, alors je lève les yeux vers l’Eternel…Tout va mieux ! ».

L’évidence est que depuis le départ de Nathalie, les Makoma sont « musicalement » morts. Dieu n’entend plus les cantiques d’adoration et de louange qu’ils LUI adressaient».

Jules,

Du lundi 2 et au mercredi 4 mai 2016, à partir du Palais du Peuple, à Kinshasa,  toute l’Humanité va te rendre des hommages mérités. Je voudrais bien être du concert de ces honneurs. Mais, je me sens triste parce que je n’ai pas fait ce que j’aurais dû faire. Ni à toi, ni à ceux que Dieu m’a donnés à connaître et qui t’ont précédés : te présenter Christ. Celui-là qui, nous regardant du haut de la Croix, nous dit : «Je vous aime tous».

Il a été pendu pour ton salut, pour mon salut, pour notre salut.

«Toutes choses», fait-il dire à l’apôtre Paul, concourent au bien de ceux qui aiment l’Eternel».  

Puisse l’Eternel Dieu accorder sa Grâce à Amazone et à la lignée que tu lègues au monde.

 Kinshasa, le 1er mai 2016

Voisin Omer Nsongo die Lema

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