Dans sa déclaration du 13 mai 2016, Tshisekedi demande à Kabila de remettre le pouvoir à personne !

  • Au point 3, l’UDPS, en effet, «réaffirme que si les élections ne sont pas organisées dans le délai conformément à l’article 73 de la Constitution, Monsieur Kabila quitte le pouvoir, dans le meilleur des cas, le 19 décembre 2016 et remet les clés du Palais de la nation au plus tard à minuit», sans formellement dire à qui…
  • Pour information, en France, l’Opposition ne nomme aucun des neuf membres du Conseil constitutionnel. La prérogative de nomination revient au Président de la République (3 membres), au Président de l’Assemblée nationale (3 membres) et au Président du Sénat (3 membres)…

 

La dernière déclaration en date de l’Udps pose un sérieux problème d’authentification. Sa version originale n’est pas jusque-là publiée. Conséquence : on ne sait pas déterminer si elle porte la signature personnelle du lider maximo ou non. Depuis deux bonnes années à peu près, aucun des documents attribués à Etienne Tshisekedi ne porte la même signature. Chacun a la sienne, si bien que l’on en vient parfois à douter de son origine. La déclaration du 13 mai 2016 souffre d’ailleurs de rationalité. A moins pour l’Udps de plaider pour une vacance à la « présidence de la République » qui profiterait à Léon Kengo wa Dondo, on ne voit pas, en effet, comment le Président Joseph Kabila remettrait les clés du Palais de la Nation à la première personne qu’il trouverait dans les couloirs et à la guérite…

 

Plus plaindre qu’à blâmer sont alors les membres de la «Présidence» du parti, en charge de tout ce qui s’apparente à une sale besogne. Car, aussi bien dans la forme que dans le fond, la «Déclaration politique du Président de l’UDPS relative à l’Arrêt rendu le 11 mai 2016 par la Cour Constitutionnelle» a tout d’une sale besogne pour ses exécutants.

Dans la forme, Etienne Tshisekedi – qui commence par rappeler les options fondamentales levées à Sun City «en vue d’une gestion saine et rationnelle de notre pays» –  résultat de la mise en place d’«un nouvel ordre politique et démocratique» conçu dans l’Accord global et inclusif – ose affirmer que «Ces options ont été coulées dans la Constitution approuvée par notre peuple par référendum».

Or, il est connu du monde entier, Onu comprise, que l’Udps avait ordonné le boycott dudit référendum avec pour effet logique le contraire de ce qui en découle. C’est-à-dire :

  1. le contraire de l’«interdiction de prise de pouvoir par les armes dans notre pays».
  2. le contraire du «refus d’accéder au pouvoir par un coup d’Etat militaire».
  3. le contraire du «rejet de la conservation du pouvoir par la force, la violence, voire tout autre stratagème».
  4. le contraire du «principe érigé en règle d’or qu’aucun Président de la République ne peut dorénavant rester au pouvoir plus de 10 ans compte tenu de la dictature que nous avons connue et qui a ruiné le pays. Donc, pas un jour de plus sur les 5 ans de mandat une seule fois renouvelable».
  5. le contraire des «dispositions intangibles contenues dans l’article 220 de notre Constitution ont été insérées et imposées comme rempart contre tout aventurisme et autres aléas de la vie politique».

Mal placés pour se prononcer

En raison donc du boycott de la Loi fondamentale, Etienne Tshisekedi est mal placé aujourd’hui, mais alors très mal, de soutenir dans son message à la Nation (en quelle qualité, maintenant qu’il est redevenu chef de file autoproclamé de l’Opposition ?) le 24 avril dernier, avoir rappelé que « la Constitution en vigueur dans notre pays étant le fruit d’un accord », elle « doit être scrupuleusement respectée par tous et ne peut faire l’objet d’une quelconque interprétation au risque de donner libre cours à des interprétations fantaisistes comme présentement».

En raison justement du boycott de 2005, Etienne Tshisekedi et son parti devraient s’interdire de se prononcer sur un acte lié directement ou indirectement à la Loi fondamentale. Certes, ils peuvent le faire en tant que membres à faire entière de la société congolaise. Mais, même à ce titre-là, ils se doivent d’être conséquents avec eux-mêmes en reconnaissant que la Cour constitutionnelle ne s’est pas emparée, de sa propre initiative, du débat sur l’article 70.

Elle a été régulièrement saisie par les députés nationaux en plein mandat, et cela à la suite dudit débat suscité non pas par la Majorité, mais par l’Opposition, via le G7, allié stratégique de Moïse Katumbi, seul Opposant cité par Félix Tshisekedi, dans l’avant-dernière émission «Top Presse» de «Top Congo Fm», comme susceptible de recevoir un mandat pour la constitution du Bureau du Dialogue !

La Cour Constitutionnelle a donné une réponse juridique à une question juridique. Exactement comme elle l’a fait, s’agissant de la motion incidentielle par rapport à une motion de censure ou de défiance. Sa position, défavorable à la motion incidentielle, a été chaleureusement applaudie par l’Opposition et la Société civile alliée.

Apprendre alors du premier congolais Docteur en droit qu’«A travers un Arrêt inconstitutionnel rendu ce 11 mai par 9 Congolais stipendiés appartenant à la famille politique de Monsieur Kabila, la Constitution du 18 février 2006 vient d’être délibérément violée dans le but de satisfaire les intérêts d’un groupe d’individus décidés de se maintenir au pouvoir contre la volonté du peuple», n’est rien de moins la preuve, par excellence, du peu de considération qu’il a pour une loi fondamentale dont il avait, d’ailleurs, boycotté le référendum. Sur ce point-là, il reste constant.

Il se fait seulement que Tshisekedi le sait, et avec lui tous ceux qui l’encouragent dans sa dérive : le Conseil constitutionnel en France, équivalent de la Cour constitutionnel en RDC, comprend 9 membres respectivement nommés par le Président de la République, le Président de l’Assemblée nationale et le Président du Sénat, à raison de trois pour chacun.

En ce qui nous concerne, l’article 158 dispose que «La Cour constitutionnelle comprend neuf membres nommés par le Président de la République dont trois sur sa propre initiative, trois désignés par le Parlement réuni en Congrès et trois désignés par le Conseil supérieur de la magistrature. Les deux tiers des membres de la Cour constitutionnelle doivent être des juristes provenant de la magistrature, du barreau ou de l’enseignement universitaire».

Si réellement Etienne Tshisekedi est pour le respect de la Constitution (même après en avoir boycotté le référendum en 2005), on se doit de se demander pourquoi remet-il en cause cet article en déclarant qu’il ne reconnaît pas l’existence de la Cour constitutionnelle actuelle ?

L’entendre soutenir, dans la foulée, qu’«En procédant à une révision masquée de la Constitution, la Cour, qui n’en a ni la compétence ni le pouvoir, tente de donner frauduleusement à Monsieur Kabila un nouveau Mandat alors que la souveraineté appartient exclusivement à notre peuple en vertu de l’article 5 de la Constitution», a tout d’une interprétation erronée de la Loi fondamentale. D’autant plus que la Cour constitutionnelle s’est appuyée sur la synthèse du débat d’avril 2005 sur l’avant-projet de la Constitution. Pour rappel : résultat de la politique de la chaise vide, l’Udps avait résolu de ne participer à aucune des institutions mises issues du Dialogue intercongolais.

Cette synthèse retient, parmi les amendements, celui exprimé clairement en ces termes : «un deuxième alinéa a été ajouté pour que le Président de la République sortant puisse rester en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu afin d’éviter le vide institutionnel». La Cour, soutient-elle, « en infère que l’alinéa 2 de l’article 70 permet au Président de la République arrivé fin mandat de demeurer en fonction, en vertu du principe de la continuité de l’Etat, jusqu’à l’installation effective du nouveau Président de la République élu ».

Félix n’a jamais démenti…

Devant ces évidences implacables, que valent le rejet de l’arrêt rendu, la recomposition de la Cour constitutionnelle et celle de la Céni exigées par l’Udps, si ce n’est une sollicitation politique, sans base ni lien aucuns avec la Constitution ?

Que vaut la prétention selon laquelle Joseph Kabila est à la tête du pays par défi lorsque l’Udps ne sait même pas démontrer par comment est faite l’obstruction « aux verdicts des urnes lors des élections présidentielles de 2006, et surtout celui du 28 novembre 2011 au centre de la crise politique profonde qui plombe le pays » ?

Mais surtout, en rapport avec l’intitulé de la déclaration elle-même, que viennent faire là-dedans la situation de Beni-Butembo et la question relative à l’organisation du dialogue ?

En définitive, en allant du coq à l’âne, Etienne Tshiseledi et l’Udps confirment les appréhensions de l’opinion lorsque le 1er avril 2011, elle a entendu Félix Tshisekedi,  parlant de l’état de santé de son père, dire : «La presse devrait patienter encore un peu. C’est lui-même qui en a décidé ainsi. Il voudrait d’abord retrouver la maîtrise de tous ses réflexes». Comme pour affirmer qu’il ne les avait pas encore recouvrés !

Félix n’a jamais démenti ces propos.

La déclaration de l’Udps du 15 mai 2016 vient les corroborer.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

http://www.congo30juin.com

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