Six mois avant, Tshisekedi déjà Président de la Transition !

  • Il fait positionner son fils à la présidence de l’Udps si les Congolais le veulent. Et le Congo se retrouvera sous peu avec un père chef d’Etat et son fils chef de parti…

 

En moins de cinq ans, le président national de l’Udps se sera distingué  avec quatre exploits qu’il veut chaque fois retentissants, et souvent  pour rien. Primo : se proclamer le 6 novembre 2011 président de la République avant même la tenue des élections. Secundo : s’auto-investir président de la République le 23 décembre de la même année en sa résidence privée, en l’absence de la Cour suprême de justice faisant office de Cour constitutionnelle. Tertio : se faire proclamer le 10 juin 2016, à Bruxelles, leader charismatique de l’Opposition politique. Quarto : s’annoncer président de la République pour une transition dont il reconnaît finalement l’inéluctabilité de l’avènement en raison de l’impossibilité technique d’organiser la présidentielle à échéance due. Bref, il s’installe dans la logique de la liquidation de la Constitution actuelle et multiplie des exigences avec pour finalité de faire constater à « son peuple » le refus du panel «Onu-Ue-Ua-Oif et Etats-Unis » de le suivre dans sa voie…

 

Peu importe les conditions dans lesquelles la première interview post-Bruxelles Genval du lider maximo a été recueillie : le style est bien le sien, la marque déposée.

Des questions posées par le journaliste du webmedia «Le Monde», trois sont intéressantes pour cette analyse. La première est de savoir si Etienne Tshisekedi s’imagine en Président d’une éventuelle transition. Réponse nette et claire : «C’est ce que je suis, oui». Exactement comme Jésus-Christ le fit devant Ponce Pilate. La deuxième est savoir s’il pense en avoir les moyens. Réponse tout aussi claire que nette : «Absolument, absolument. Je suis prêt, je me suis apprêté à ça». A la dernière, consistant à savoir s’il pense le moment venu d’exercer la fonction présidentielle, il affirme : «Absolument, absolument, absolument. Le peuple est mûr et tout est prêt. Il n’y a pas de problème. Je vous fais savoir que Kabila a volé ma victoire,  le 28 décembre 2011. Il n’était rien, il n’était rien ! Il a des militaires, c’est comme ça qu’il a fait».

Le décor est ainsi planté.

S’il se trouve d’emblée une observation à faire à ce stade, c’est celle convainquant maintenant seulement le lider maximo de la maturité du peuple. Il n’est, de ce fait, meilleure façon pour lui de l’avouer : le congolais n’était pas mûr en avril 1990 ; il ne l’était pas pendant la Cns entre 1991 et 1992, pas non plus pendant la guerre de l’Afdl en octobre 1996 et mai 1997, encore moins en août 1998 lors de la guerre d’agression et, surtout pas, entre la tenue du Dialogue intercongolais et la conférence de Bruxelles-Genval, soit de 2002 à 2016, période instaurant le « 1+4 », le référendum constitutionnel ainsi que le premier et le deuxième cycles électoraux.

Ainsi, Etienne Tshisekedi dispose-t-il du droit de décréter ou non la maturité des Congolais par rapport à tel enjeu, ou tel autre.

Autant dire la perfection du « Parti-Etat »

Dans cet exercice de nombrilisme, déjà auto-positionné président de la République pour la Transition, il fait une fleur à son fils pour la direction de l’Udps. En effet, à la question de savoir s’il compte léguer le parti à Félix Tshisekedi, il répond : «Je préside un parti qui est tout à fait démocratique. Je disparais et il y a des délais pour organiser un congrès. Si jamais les Congolais pensent que c’est à Félix de me succéder, il me succédera».

Le démocrate qu’il déclare être ne fait même pas la distinction entre le peuple congolais et les membres de l’Udps, quand bien même ceux-ci fassent partie intégrante de celui-là. Pourtant, il sait que le congrès est réservé exclusivement aux Udépésiens en règle et non à la population congolaise.

En vérité, il n’y a rien de surprenant dans le discours d’Etienne. L’esprit «Parti-Etat» ne l’a jamais véritablement quitté, et il est peu sûr qu’il en soit sevré.

Observons d’emblée que la spontanéité de la réponse favorable à Félix contraste avec la réserve émise quant à la candidature de Moïse Katumbi. Au journaliste qui lui demande si ce dernier « ferait un bon candidat pour la présidentielle », Etienne Tshisekedi lâche : «Je me réserve. C’est une question pour le futur ».

Cette réponse évasive, il la donne en présence de Raphaël Katebe Katoto, demi-frère du dernier gouverneur de l’ex-Katanga.

Le décor à se planter est donc celui du père Etienne Tshisekedi se positionnant  en président de la République et du fils Félix Tshisekedi positionné président de l’Udps.

Le sommet de la perfection du «Parti-Etat» à épater le maréchal.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

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