Interpellation ! Et si le Congo ne survivait pas à la crise actuelle ?

Que deviendraient alors les fameux articles de la Constitution  évoqués à tout bout de champ, notamment pour l’enrôlement des nouveaux majeurs (5), la mise en échec de toute tentative de prise de pouvoir par la force (64), le mandat renouvelable une seule fois du Président de la République et le maintien en poste de ce dernier jusqu’à l’installation du nouveau Président de la République ELU (70), la convocation du corps électoral pour la présidentielle (73), la vacance à la présidence de la République (75), l’exécution impérative des arrêts de la Cour constitutionnelle (178),  voire les dispositions dites verrouillées (220) ? Oui, que deviendrait la Constitution objet, hélas !, d’une interprétation sélective ? Et à quoi serviraient toutes les initiatives voulues fortes, comme le Dialogue, la Résolution 2277, le conclave de Bruxelles-Genval, les meetings de la Mp et de Rassemblement de juillet dernier, et même la journée «ville morte» projetée pour ce mardi 23 août 2016 en guise de protestation contre les dernières mesures de libération de l’espace politique prises par le Gouvernement et considérées comme insuffisantes et la récusation définitive du facilitateur Edem Kodjo par l’Opposition radicale ? Tout irait à vau l’eau, même si certains y trouveraient leur compte en raison des agendas cachés…

 

L’institut Brookings a organisé mi-août 2016 une conférence sur la RDC avec comme intervenants, côté Congo, l’ambassadeur Balumuene et, côté Etats-Unis, l’ancien directeur de l’Usaid à Kinshsa Anthony Gambino, en plus de l’envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands Lacs, Thomas Perriello.

De la dépêche de l’Afp du 17 août 2016 intitulée «RDC: Washington redoute des violences si Kabila s’accroche au pouvoir», il ressort  les déclarations suivantes :

l’ambassadeur Balumuene sollicite un «temps, après le 20 décembre, presque un an pour préparer les élections ». Invoquant les difficultés sécuritaires et économiques que traverse le pays à la suite, entre autres, de la guerre du M23, il accuse «l’opposition et certains partenaires étrangers » de vouloir « utiliser la rue, une révolution de masse pour chasser le président Kabila« . Il considère qu’avec ce schéma « personne ne sera en mesure d’assurer l’après-chaos« , que «L’implosion de la RDC doit être évitée à tout prix » et qu’«Il n’y a aucun intérêt à créer une deuxième Libye en Afrique centrale».

Anthony Gambino est d’avis que «le Congo est à un mois d’une crise constitutionnelle complète », que «la Constitution du Congo devait être respectée » et que «la présidentielle devait avoir lieu, si ce n’est en 2016, le plus tôt possible en 2017« .

Thomas Pierrello est convaincu que «Plus on se rapproche de ces dates butoirs, moins les bons scénarios sont plausibles et plus les mauvais sont probables », et prévient : «Si nous ne trouvons pas de solution négociée, ces scénarios extrêmement préoccupants pourraient se traduire par de la violence».

En résumé, Washington est pour une solution négociée, entendez une présidentielle devant avoir lieu au moins en 2017 si l’échéance de 2016 est non tenable. Kinshasa (Pouvoir) est du même avis.

Normalement, avec les opérations préélectorales en cours – au demeurant encouragées par tous les «décideurs» du monde qui cependant tardent de mettre la main à la poche – le débat autour de l’alinéa 2 de l’article 70 ne devrait plus susciter des tiraillements, de même que celui autour du Dialogue.

Hélas !, c’est plutôt à la surenchère politique que l’on assiste. A preuve : l’accentuation des empoignades au travers du durcissement des préalables. Dont le plus corsé n’est pas la libération des prisonniers d’opinion, encore moins la réouverture des médias fermés), mais l’irrévocabilité de la facilitation Kodjo réitérée par Rassemblement.

Concrètement parlant, on est dans la logique suicidaire «Advienne que pourra» !

Les Kinois en savent quelque chose

On ne sait pas dire si le dernier massacre survenu le 13 août 2016 à Beni a été évoqué. D’autant plus qu’il confirme les appréhensions de bien des observateurs sur la volonté et la capacité de la Force onusienne en RDC d’assurer son mandat de protection de la population congolaise, surtout celle de la partie orientale en proie à l’insécurité entretenue par des groupes armés nationaux et des groupes armés étrangers.

Au cours de sa conférence de presse hebdomadaire du mercredi 17 août 2016 consacrée entièrement à ce massacre, la Monusco a pratiquement botté en touche, pour reprendre l’expression d’un journal, en prétextant que la charge de sécurisation  revient entièrement au Gouvernement. « Je pense que la question est centrale dans la mesure où l’architecture de la défense et de la sécurité au Congo, qui je le rappelle, est d’abord l’œuvre, l’action et le mandat des Forces armées de la RDCongo, de la Police nationale congolaise et des autres structures de la sécurité de la RDC », a déclaré le Dr Mamadou Diallo, représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’Onu.

Dans cette logique, il va de soi que si la stratégie du chaos généralisé, dont on parle tant ces temps derniers, venait à se réaliser, on ne serait pas surpris de voir la Monusco se défiler et laisser les Congolais s’étriper entre eux. Elle se comporterait en force d’observation qu’elle a d’ailleurs toujours été.

Les Kinois en savent quelque chose lorsqu’en 2008, ils avaient assisté à l’affrontement armé entre forces résiduelles bembistes et forces gouvernementales. Ils avaient vu les éléments de la Monuc postés devant la résidence officielle de Chairman, en face du cimetière de la Gombe, se retirer dès les premières velléités bellicistes.

Nationalistes, réveillez-vous 

La question à devoir alors préoccuper les Congolais de tout bord est de savoir ce qui adviendrait du pays après les affrontements redoutés dans les mois à venir, mais vraisemblablement encouragés par certains partenaires étrangers, premiers à tirer la sonnette d’alarme sur le potentiel d’un danger qu’ils ont pourtant programmé et pour lequel ils ont les schémas A, B et C. Le schéma A de la survie de la RDC, le schéma B de la  non survie et le schéma C de la dynamique interne favorable à l’un ou à l’autre.

Dans cette perspective, personne de sensé ne voit le Congo demeurer intact après une confrontation effroyable et dont les effets collatéraux embraseraient la région des Grands Lacs, non sans affecter l’Afrique centrale, l’Afrique orientale et l’Afrique australe.

Estimant leur tour d’occuper l’Afrique arrivé, les puissances qui rêvent de Berlin II sont, côté cour, des pyromanes et, côté jardin, des sapeurs-pompiers. Elles n’ont pas besoin, pour l’éclatement de la RDC, de 26 «indépendantistes» représentatifs des 26 provinces actuelles. Deux ou trois «indépendantistes» issus des provinces ou ex-provinces réputées pour leur esprit sécessionniste ou confédéraliste (Katanga, Kasaï, Kongo Central) feraient l’affaire. S’y ajouteraient aujourd’hui des provinces comme le Nord Kivu et l’Ituri. Des leaders prêts à être empereurs chez eux à défaut d’être rois à Kinshasa. Ne suivez pas mon regard…

Ces puissances savent qu’il suffit qu’un leader de l’une ou l’autre de ces provinces justifie, après confrontation généralisée bien sûr laissant le pays exsangue, le non-sens de poursuivre la cohabitation pour que d’autres leaders, qui n’en pensent pas moins, proclament à leur tour l’autodétermination de leurs propres provinces.

Les Congolais conscients doivent le reconnaître : ni Washington, ni Bruxelles, encore moins Paris ou Beijing, Moscou ou Londres, Oslo ou Tokyo ne trouveraient quelque inconvénient pour ouvrir 26 nouvelles ambassades dans les 26 nouveaux Etats issus d’une ex-RDC qui ne survivrait pas à la crise actuelle.

Les Congolais conscients se doivent donc de l’admettre : depuis 56 ans, ils s’amusent trop avec la marche du monde, et les «décideurs» du monde se lassent de plus en plus d’un leadership refusant tout sevrage, parce qu’en maternage continu.

C’est peut-être en prévision de l’Acte final que la Monusco a été déployée, qu’au cours de ces 15 dernières années, elle a été expressément mise dans un état d’opérationnalité minimal, et qu’elle est préparée à entrer dans un état d’opérationnalité maximal en vue de l’exécution du vrai agenda. Celui du maître du jeu et des enjeux.

Ce jeu pourrait être la mise sous tutelle du pays. Tandis que l’enjeu son démembrement.

Nationalistes, réveillez-vous…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

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