Comme Donald Trump, Moïse Katumbi s’abîme dans le politico-affairisme

  • L’image qu’il imprime dans l’opinion congolaise est celle d’un homme convaincu qu’avec sa fortune, il peut tout acheter : Udps, G7, Dynamique, Ar, ONGs de défense des droits l’homme, médias nationaux et étrangers, juges et magistrats, mercenaires, voire religieux ! A ce rythme-là, il risque d’être assimilé à un business prêt à vendre le Katanga, à défaut de la RDC…

 

Le scoop est de «Jeune Afrique», dans sa livraison électronique du 23 août 2016 publiée à 11h09 et mise à jour à 11h14, sous le titre «Cette ONG américaine qui roule pour Katumbi». Son premier paragraphe relève que «Derrière son nom consensuel à vocation panafricaine, l’ONG américaine United for Africa’s Democratic Future (‘unis pour l’avenir démocratique de l’Afrique’) se concentre en réalité sur la RD Congo et préconise le départ du président Joseph Kabila à la fin de son dernier mandat constitutionnel, en décembre’. Et le deuxième : ‘Comme l’a révélé le Groupe d’étude sur le Congo dans son dernier rapport, le 5 août, cette ONG a été créée en 2015 par l’opposant congolais Moïse Katumbi, probablement avec l’aide d’Akin Gump, le cabinet de lobbying américain que ce dernier emploie depuis des années. Le directeur exécutif de l’ONG, Rick Gittleman, est un ancien d’Akin Gump ; il est aussi passé par l’entreprise suisse Glencore et l’américaine Freeport-McMoRan, les deux principaux acteurs miniers du Katanga à l’époque où Katumbi en était le gouverneur’».

 

C’est au troisième paragraphe que les membres que des noms familiers aux Congolais apparaissent : «Au conseil consultatif de cette ONG, on trouve notamment Johnnie Carson, l’ex-secrétaire d’État adjoint chargé des Affaires africaines et actuel ‘M. Afrique’ de Hillary Clinton ; Cécile Kyenge, ancienne ministre italienne d’origine congolaise, aujourd’hui députée européenne ; le général James Jones, ex-conseiller à la sécurité nationale de Barack Obama. C’est à la société de ce dernier, Jones International Group, que Katumbi avait fait appel pour embaucher le conseiller en sécurité Darryl Lewis, arrêté en avril à Lubumbashi et accusé de mercenariat avant d’être expulsé. Quelques jours plus tôt, Carson et Jones avaient cosigné une tribune dans le Washington Times intitulée ‘Kabila doit partir à la fin de son mandat’».

Depuis sa diffusion, ce scoop fait le buzz dans les réseaux sociaux. L’insolite est que Moïse Katumbi – devenu super-réactif depuis qu’il manipule Twitter – observe un silence assourdissant. Même ses lieutenants du G7 et d’AR préfèrent faire diversion en médiatisant les attaques contre Edem Kodjo, la Céni, Kamerhe, Makila etc.

L’homme prêt à tout acheter…

C’est que l’affairisme du dernier gouverneur du Katanga commence à agacer. Surtout lorsqu’il révèle les dessous des cartes de la volte-face d’Etienne Tshisekedi, soupçonné avec son fils Félix, d’avoir laissé Katumbi lancer OPA sur l’Udps, si l’on peut «interpréter» les propos d’un certain Bruno Mavungu, secrétaire général chassé du parti.

Déjà, les observateurs avisés ont du mal à comprendre le virage à 180° pris par des jeunes Turcs de «Dynamique» en se jetant dans les bras de Moïse. A l’exception de Jean-Claude Muyambo qui s’en est repenti après avoir « déballé » l’ex-gouverneur du Katanga comme jamais personne ne l’a fait sur ce plancher des vaches ainsi que Jean-Claude Vuemba, d’Antipas Mbusa et de Moïse Moni Della dont les accointances avec l’intéressé sont connues de longue date, à l’exception également de José Makila qui vient d’être exclu de l’AR, Martin Fayulu, Franck Diongo et surtout Delly Sessanga auront du mal à soutenir que c’est par convictions politiques qu’ils l’ont choisi pour présidentiable.

Car, si le bilan de Joseph Kabila est un échec comme ils ont tendance à le soutenir, et que cet échec engage évidemment toute sa famille politique, rien de rationnel ne peut expliquer l’exception Katumbi en ce que l’ex-gouverneur et président fédéral Pprd du Katanga partage en toute logique la sanction négative. Or, s’ils considèrent que ce dernier a réussi son mandat sous Joseph Kabila, c’est que le mandat du Raïs est positif…

A ce stade, les mêmes observateurs le constatent : beaucoup trop de monde s’affiche soudain katumbiste. Et curieusement, en majorité, des personnes physiques et morales congolaises et étrangères réputées pour leur anti-kabilisme ! Même s’il est vrai que «l’ennemi de mon ami est mon ami», la katumbaphilie développée à la TGV commence à susciter la suspicion. D’autant plus qu’elle fait passer Katumbi pour l’homme «prêt à tout acheter». Après certaines prestations médiatiques lues, vues ou entendues, on a vite envie de se demander «POUR COMBIEN ?».

Aussi, pour l’avoir jamais démentie, l’info livrée par Bbc et Dw en mai dernier selon laquelle «l’ex-gouverneur a payé rubis sur l’ongle UDS 100 millions au cabinet Akin Gump Strauss Hauer et Feld LLP dans un contrat de lobbying valant six mois aux Etats-Unis» prend corps. De même que celle, toute récente, de «Jeune Afrique».

Comme sur les traces de Donald Trump

En donnant l’impression qu’avec l’argent, il peut tout s’acheter, même le fauteuil du Président de la République, Moïse Katumbi est comme sur les traces d’un certain  Donald Trump. Obnubilé par sa fortune, l’homme d’affaires américain croit défier les règles établies, même celles du parti républicain dont il est membre et certainement l’un des gros contributeurs. Son affairisme est pourtant en train de lui jouer de sales tours. A trois mois de la présidentielle, les cieux ou les dieux (c’est du pareil au même) semblent lui tomber sur la tête. Dieu Argent est en train de le lâcher.

Dans la chronique intitulée «Une première en RDC. Katumbi : cent millions Us en jeu ?» publiée en mai 2016, la question posée était de savoir «Qu’est-ce qui fait alors courir Moïse Katumbi, au point de dépenser 100 millions de dollars pour un simple lifting ?». Ce qui laisse supposer qu’il va devoir «dépenser le double ou le triple pour la campagne électorale proprement dite». Déduction faite : «De deux choses l’une : soit l’argent lui appartient, soit il appartient à un ‘brain trust’. La seconde éventualité étant la plus plausible, il est à craindre que cette ‘organisation’ ne soit prête à liquider tout ce qui se met en travers de son chemin, mieux de son plan. A commencer, on s’en doute, par le ‘bénéficiaire’ qui se sera révélé, au bout du compte, un ‘gisement’ en trompe l’œil »…

Conclusion : Moïse Katumbi «doit avoir peur. Surtout si l’argent qu’il dépense n’est pas de sa tirelire».

En attendant, le scoop de «Jeune Afrique» doit bien gêner Johnnie Carson, Cécile Kyenge, James Jones, Darryl Lewis, United for Africa’s Democratic Future, Akin Gump, Rick Gittleman parce qu’on sait désormais que tout ce qui émane d’eux, même de bien pour la démocratie, et encore par voie des médias, est d’abord pour Moïse Katumbi.

Notons que soixante-douze heures après cette info, aucune des personnes citées n’a jusque-là démenti sa participation à la fameuse ONG.

Qui pouvait seulement imaginer que la corruptibilité – peu importe qu’elle soit passive ou active – ait atteint ce beau monde-là…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

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