Lobbying de Cécile Kyenge : Katumbi amené plutôt dans l’une des salles du Parlement européen !

Lorsque les médias périphériques livrent l’information faisant état de la prestation du dernier gouverneur du Katanga au Parlement européen, bon nombre de Congolais croient dans l’exploit réalisé de s’être adressé aux eurodéputés des 28 pays membres de l’Union européenne. Il va falloir la visualisation sur Yotube pour constater l’évidence : la prestation a lieu une salle du bâtiment remplie aux trois quarts de combattants. Devant lesquels il lance la bourde de «pampers» qu’il portait lorsqu’Etienne Tshisekedi avait basculé dans l’Opposition. Pour rappel, c’était en 1980 avec la fameuse lettre des 13 Parlementaires et en 1982 avec la transformation du courant progressiste du Mpr Parti-Etat en parti autonome dénommé Udps. Le port de « pampers » pour un homme né en 1965 est en train de faire le buzz sur les réseaux sociaux. Comme pour la chronique intitulée «Qui avait livré Katumbi à Boisbouvier ?» remontant à novembre 2015, on peut se demander dans celle-ci pourquoi Cécile Kienge a-t-elle livré Moïse Katumbi au déshonneur. Car – peu importe de l’admettre aujourd’hui ou non – la prestation du 7 septembre 2016 au «Parlement européen» n’est pas de nature à accroître et à consolider ses chances pour la présidentielle. Bien au contraire…

 

L’histoire semble de toutes les façons se répéter. En 2002, dans le cadre du 2ème du Dialogue intercongolais, l’Udps avait invité un certain Etienne Kabila pour couler Joseph Kabila. On lui fit croire qu’il allait s’adresser aux délégués. Hélas !, on le confina plutôt dans une salle de sous-sol de Sun City hotel et on lui fit la sale blague de lire un discours commençant par le terme «Honorables Délégués». En fait d’honorables, il s’agissait de journalistes en provenance de la RDC et de combattants résidant en Afrique australe, principalement en Afrique du Sud !

Quatorze ans après, la scène se répète. Devant des combattants résidant en Europe, et par le canal de l’eurodéputée italienne d’origine congolaise Cécile Kyienge, le candidat à la future présidentielle managé pour la circonstance par Olivier Kamitatu, s’est trouvé dans une des nombreuses salles du Parlement européen où il a fait son numéro. Oui, un numéro parce qu’il n’a su donner ni cohérence, ni consistance à son message.

En une vingtaine de minutes, il a ramassé tellement de sujets que même sa «marraine» doit s’en être mordue les doigts. Il a parlé Beni, Constitution, Dialogue, Elections, Bilan à la tête du Katanga etc., jetant de temps en temps l’œil sur le papier sûrement préparé à son attention par Olivier Kamitatu que l’on en vient à se demander pourquoi, alors qu’il a des insuffisances avérées en communication, n’a-t-il pas carrément lu son texte !

Ce genre de prestation a un nom connu : Grand Oral !

Il n’est pas donné à tout le monde.

Tout est permis… Mais tout n’est pas utile !

Si l’intérêt de la prestation est dans l’applaudimètre, on peut alors résumer le message de Moïse Katumbi au monologue (Dialogue en cours à la Cité de l’Union africaine), à la convocation du corps électoral, à la tenue de l’élection présidentielle et à l’alternance démocratique qui en est l’épilogue.

Au sujet du « monologue », le candidat à la succession de Joseph Kabila est, on le suppose, assez sage pour saisir la dimension de la participation de l’Union européenne aussi bien aux travaux préparatoires de l’hôtel Béatrice qu’aux travaux définitifs en cours à la Cité de l’Union africaine. L’Union européenne, en effet, fait partie du Groupe de soutien qui exerce une forte pression sur «Rassemblement» pour l’amener à rejoindre ce forum. C’est donc les conclavistes de Bruxelles-Genval qui sont en train de tourner en dérision la communauté internationale auprès de l’opinion congolaise.

Au sujet du processus électoral, les «monologues» de Moïse Katumbi sont en train de crever l’abcès, de prendre le taureau par les cornes. Après tout, «vrai dialogue» hypothétique ou «faux dialogue» en tenue, la finalité reste la même : l’accord politique devant sanctionner ces assises.

A la limite, on comprendrait le refus de participation de «Rassemblement» au Dialogue à cause de cette finalité, et elle seule seulement. Car, c’est cet accord qui va déterminer la suite, et les partenaires extérieurs n’auront qu’à prendre acte de la volonté exprimée par les forces politiques et sociales présentes.

C’est pour dire qu’avant la fin de dialogue, tout est permis. Mais, comme le disent les Ecritures Saintes, tout n’est pas utile. Par voie de conséquence, il y a lieu de ne pas que voir les choses en termes de départ de Joseph Kabila le 20 décembre 2016, mais aussi en termes de prolongation de son mandat sur base de l’alinéa 2 de l’article 70 de la Constitution.

De quoi alerter l’opinion nationaliste, pardon nationale…

Pour l’instant, il est seulement à constater que lobbying de Cécile Kyenge répond à des exigences qui ne sont pas forcement politiques. Dernièrement, «Jeune Afrique» a levé un coin de voile en révélant l’existence de l’ONG «américaine United for Africa’s Democratic Future (‘unis pour l’avenir démocratique de l’Afrique’)» qui «se concentre en réalité sur la RD Congo et préconise le départ du président Joseph Kabila à la fin de son dernier mandat constitutionnel, en décembre’».

Il ressort de cette dépêche que «Comme l’a révélé le Groupe d’étude sur le Congo dans son dernier rapport, le 5 août, cette ONG a été créée en 2015 par l’opposant congolais Moïse Katumbi, probablement avec l’aide d’Akin Gump, le cabinet de lobbying américain que ce dernier emploie depuis des années. Le directeur exécutif de l’ONG, Rick Gittleman, est un ancien d’Akin Gump ; il est aussi passé par l’entreprise suisse Glencore et l’américaine Freeport-McMoRan, les deux principaux acteurs miniers du Katanga à l’époque où Katumbi en était le gouverneur’».

La partie intéressante de la dépêche est toutefois la suivante : «Au conseil consultatif de cette ONG, on trouve notamment Johnnie Carson, l’ex-secrétaire d’État adjoint chargé des Affaires africaines et actuel ‘M. Afrique’ de Hillary Clinton ; Cécile Kyenge, ancienne ministre italienne d’origine congolaise, aujourd’hui députée européenne ; le général James Jones, ex-conseiller à la sécurité nationale de Barack Obama. C’est à la société de ce dernier, Jones International Group, que Katumbi avait fait appel pour embaucher le conseiller en sécurité Darryl Lewis, arrêté en avril à Lubumbashi et accusé de mercenariat avant d’être expulsé. Quelques jours plus tôt, Carson et Jones avaient cosigné une tribune dans le Washington Times intitulée ‘Kabila doit partir à la fin de son mandat’».

Et qui voit-on alors sur la photo de la prestation du 7 septembre 2016 «au Parlement européen» ? Naturellement Cécile Kyenge aux côtés de Moïse Katumbi qui s’est affiché publiquement aux Etats-Unis, pour le même type de conférence, avec Darry Lewis.

De quoi alerter l’opinion nationaliste, pardon nationale…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

http://www.congo30juin.com

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s