Constat évident : à chaque apparition de Pierrello, Tshisekedi se cabre !

Dès l’instant où un dialogue vivement recommandé commence à se tenir, il est de bon aloi pour les «parrains» de laisser évoluer la dynamique enclenchée, quitte à conseiller les protagonistes de se tolérer et d’avancer pour atteindre l’objectif clairement défini. Apparemment, agissant plus en envoyé spécial des Etats-Unis pour la RDC que pour les Grands Lacs, Thomas Pierrello obéit à logique  d’imposer le point de vue de son pays, quand bien même à l’hôtel Béatrice pour les travaux préparatoires et à la Cité de l’Union africaine pour les travaux proprement dits du Dialogue (cérémonies au cours desquelles il a été le grand absent), les parties prenantes congolaises négocient laborieusement pour le compromis (ou accord) politique recherché. Normalement, ce n’est pas le moment de donner des leçons à qui que ce soit, et surtout de justifier le diktat par le fait d’être le plus gros contributeur de la Monusco avec une enveloppe de 300 millions de dollars US l’an pendant que sont réputés mitigés les résultats réalisés en 16 ans bientôt de déploiement de la force onusienne en RDC…

 

Ce qui s’observe au moins par rapport à l’intitulé de la chronique, c’est que l’effet Pierrollo a une influence négativement considérable sur Etienne Tshisekedi et, tout naturellement, sur «Rassemblement».

En effet, en cette année 2016, deux fois avant le conclave de Bruxelles-Genval, l’envoyé spécial américain a quasiment talonné le facilitateur Edem Kodjo lors des visites rendues au président de l’Udps. Observation faite à l’issue des entretiens : il y a eu remise en cause, par Etienne Tshisekedi, des avancées significatives pourtant obtenues jusque-là. Ceci de un.

De deux, lors du conclave tenu du 8 au 10 juin 2016, Thomas Pierrello a semblé «manager» Etienne Tshisekedi et les forces politiques et sociales dites du Changement, même si pour donner le change, c’est au Vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères Didier Didier Reynders que les Actes du forum ont été remis en  premier, pendant que l’encre de l’imprimante n’avait pas encore séché.

De trois, après le meeting du 31 juillet 2016 à Kinshasa, Thomas Pierrello a été le premier à rencontrer Etienne Tshisekedi en sa résidence de Limete, peu avant la délégation du Groupe de soutien. On sait seulement qu’à celle-ci, le président du Comité ou du Conseil des Sages a renouvelé la récusation d’Edem Kodjo.

De quatre : voilà qu’aussitôt arrivé à Kinshasa le 12 septembre 2016 en pleins travaux du Dialogue, Thomas Pierrello (re) vient rappeler ses propos anti-Majorité présidentielle, même s’il s’appuie, pour la forme, sur la Résolution 2277 et sur la Constitution.

Petite curiosité : c’est pendant sa présence qu’Etienne Tshisekedi va publier le communiqué annonçant le «sit-in» du 19 septembre 2016 devant le siège de la Céni. Pourtant, une semaine plus tôt, Joseph Olenghankoyi a saisi l’hôtel de ville quant à ce !

En recoupant ces éléments, il se dégage que Thomas Pierrello a l’air de tout homme d’Etat ou homme politique ayant son agenda, et celui-ci  qui n’est pas forcément celui des protagonistes congolais.

Et pour cause !

Avertissement d’un certain Yowerie Museveni

Une résolution du Conseil de sécurité de l’Onu est tout, sauf une loi imposable à une nation ou à une organisation concernée. N’en déplaise alors  à ceux des politiciens, des activistes des Droits de l’homme, des observateurs, analystes et chroniqueurs politiques congolais qui la lie au Droit international et vont même jusqu’à la placer au-dessus de la Constitution de leur pays pendant que chaque Résolution fait valoir la notion de souveraineté nationale !

Assurément, à Bruxelles comme à New York, à Londres comme à Ottawa, à Paris comme à Washington, à Jérusalem juive comme à Jérusalem musulmane, voire à Kigali comme à Pretoria, on s’étonne de l’hérésie de cette «élite». Car, si tel était le cas, les crises itératives comme celles qui prévalent au Moyen Orient depuis la création de l’Onu ou de Chypre depuis 1960 seraient déjà absorbées. L’opinion avertie sait de quelle puissance vient continuellement le véto.

En d’autres termes, si elle était réellement un Etat souverain comme cela transparaît dans toutes les résolutions adoptées jusque-là et dans sa propre Constitution, la RDC aurait résolu ses crises elles-mêmes.

Hélas !, elle ne l’est pas aux yeux des «Thomas Pierrello» connus et non connus.

Et c’est justement l’occasion saisie par l’américain Thomas Pierrello pour (nous) rappeler la contribution de Washington dans le fonctionnement, chaque année, de la Monusco. D’où ce qui paraît à ses yeux de droit à l’ingérence de Washington.

Cette prise de position doit (nous) faire comprendre que même si elle est d’inspiration française (à l’instar d’ailleurs de toutes les autres résolutions du la RDCongo), la 2277  ne doit s’appliquer qu’en fonction de la volonté de Washington. Une façon aussi claire que nette pour les Etats-Unis de soutenir que du moment où la tenue de l’élection présidentielle doit avoir lieu au plus tard le 27 novembre 2016, les arrangements qui se prennent dans le cadre du Dialogue avec ou sans « Rassemblement » importent peu. Les Congolais n’ont qu’à se débrouiller pour cette échéance électorale, qu’il y ait dégâts ou non.

Cette position n’est pas sans rappeler l’avertissement d’un certain Yowerie Museveni selon lequel sont naïfs ceux des Congolais qui pensent que leur pays restera intact si, d’aventure, la succession de Joseph Kabila venait à se faire dans un environnement trouble.

Bois vert et bois sec

A partir de ces évidences, on ne peut que se demander si l’attentisme qu’observe la Monusco dans la traque des groupes armés étrangers identifiés dans l’Accord de Lusaka du 10 juillet 1999 n’obéit pas à cette logique. D’autant que si les Fardc peuvent bénéficier de la moitié, du quart ou du tiers du budget annuel de la Monusco (près d’un milliard de dollars l’an), l’armée gouvernementale congolaise est compétente pour enrayer à l’Est le phénomène des groupes armés étrangers et nationaux.

Hélas ! Cette armée étant comme condamnée à n’obtenir que ce que le Gouvernement congolais peut lui consentir comme budget, avec toutes les priorités politiques, sécuritaires, économiques et sociales connues, il est évident que personne n’est naïf. Tout le monde le sait qu’une telle armée est redoutée autant à Kigali qu’à Kampala. Donc, autant à Washington.

Moralité : Thomas Pierrello fait son boulot consistant à déstabiliser la RDCongo de et à l’intérieur, sous prétexte de respect des délais constitutionnels, et à compter pour ce faire sur «Rassemblement» contre le Raïs Joseph Kabila (3ème République). Exactement comme ses prédécesseurs avaient compté hier sur l’Udps contre le Mpr Parti-Etat de Mobutu (2èmeRépublique), avant-hier sur le même Mobutu contre Patrice-Emery Lumumba (1ère République). Ainsi va la vie dans ce pays.

Grosse curiosité tout de même : à chacune de ces étapes, l’ombre d’Etienne Tshisekedi est des plus déterminantes.

Quoi de plus normal alors pour Thomas Pierrello que de miser sur cet homme avec, cependant, cette interpellation implacable pour tout analyste averti : si Washington a liquidé successivement Lumumba, Mobutu et Laurent-Désiré Kabila et entend liquider maintenant Joseph Kabila constituant pourtant tous du bois vert, que ne ferait-il pas du bois sec qu’est Etienne Tshisekedi ! L’Histoire rappelle que ce dernier avait commencé sa carrière politique en 1960 dans la sécession sud-kasaïenne. Se peut-il que Thomas Pierrello ait décidé de l’y ramener ! De gré ou de force. Tant il est vrai qu’il est aujourd’hui le côté « le plus pete pete » du leadership congolais. Celui qu’on attaque facilement, d’après Lita Bembo…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

PROCHAINEMENT : « Rassemblement » préparé pour être l’Opposition pendant la énième Transition ?

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