En 25 ans de carrière, combien de morts faut-il encore à Olenghankoyi ?

  • L’aile nationaliste et patriotique de «Rassemblement» devrait y réfléchir sérieusement à son conclave

 

S’il est vrai qu’à chacune des manifestations, dont il est organisateur ou co-organisateur, le président des Fonus ne tient pas le fusil ou le couteau pour tuer ou blesser dans la rue, il est tout aussi vrai que les actions de mobilisation des foules qu’il initie au nom des libertés fondamentales produisent les mêmes dégâts. En un quart de siècle, ses «journée ville morte» et ses «sit-in» – il est incapable de tenir un meeting exclusivement réservé aux membres de son parti – font couler tellement de sang que tout esprit éveillé ne peut qu’en venir à (se) demander de combien de victimes a-t-il encore besoin pour s’assagir. L’unique fois que le pays n’a pas connu ce type de manifs, c’est lorsqu’il était ministre des Transports, sous le «1+4». Que retenir cependant de son mandat d’alors ? RIEN de consistant. D’où la préoccupation, fondée, de savoir pour qui et pour quoi mène-t-il sa lutte politique alors que les indices crédibles ne le présentent ni en présidentiable, ni en primaturable, encore moins en président de l’Assemblée nationale et du Sénat. Déjà, on ne l’imagine même pas président d’une Assemblée provinciale ou gouverneur de province…

 

Un parti politique se crée pour la conquête, l’exercice et la conservation du pouvoir. C’est le principe établi.

Il va sans dire que lorsqu’on préside aux destinées d’un parti, on doit avoir l’ambition de diriger un jour le pays selon que l’on est en régime présidentiel ou semi-présidentiel (on devient alors Président de la République) ou en régime parlementaire (on devient Premier ministre).

On ne doute pas de la capacité de Joseph Olenghankoyi – président national des Fonus (Forces novatrices de l’Union sacrée) – d’accéder à la magistrature suprême ou à la primature. Quand bien même le doute est permis.

En 25 ans de carrière politique, on sait qu’il en est à sa 24ème année comme Opposant. Or, quand on est de l’Opposition – comme c’est le cas pour lui – la voie royale pour conquérir le Pouvoir d’Etat est le respect de la «Loi n° 07/008 du 04 décembre 2007 portant statut de l’opposition politique en République Démocratique du Congo», en plus, évidemment, de la Constitution.

Plus d’une fois, dans ces colonnes, les aspects déterminants de cette loi ont été évoqués, précisément les droits et les devoirs requis.

Il est de ce fait inconséquent, d’un côté, de se revendiquer de l’Opposition politique et, de l’autre, d’ignorer superbement les principes établis dans cet instrument légal.

A l’Opposition, sont reconnus les droits d’être informée de l’action de l’Exécutif ;  – de critiquer ladite action et, le cas échéant, de formuler des contre-propositions sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes moeurs ; – de présider alternativement avec les députés et sénateurs de la majorité les travaux des commissions de contrôle ou d’enquête de l’action de l’Exécutif ou d’en être rapporteur sans préjudice des prescrits des règlements intérieurs de chacune de ces Assemblées délibérantes et  de faire inscrire des points à l’ordre du jour des assemblées délibérantes, en plus, bien entendu, du droit à l’information sur toutes les questions importantes de la vie de la Nation.

Les devoirs auxquels est soumise l’Opposition, selon l’article 16, sont notamment  de respecter la Constitution, les lois de la République et les institutions légalement établies ; – de défendre les intérêts supérieurs de la Nation ; – de s’abstenir de recourir à la violence comme mode d’expression et d’accès au pouvoir ; – de privilégier le dialogue et la concertation sur les grandes questions d’intérêt national et dans la résolution des différends politiques ; – de promouvoir le pluralisme politique et reconnaître le droit de la majorité à gouverner ; – de promouvoir la culture démocratique notamment par la tolérance, la non-violence et le soutien du principe de l’alternance dans le cadre d’une lutte politique pacifique ; – de concourir, par la libre expression, à la formation de l’opinion publique ; – et de former et d’informer ses militants sur les questions touchant à la vie nationale.

C’est la raison pour laquelle la gestion de l’Opposition est confiée, au demeurant, à un porte-parole ayant rang de ministre d’Etat.

Jamais, depuis l’enclenchement du processus démocratique en avril 1990, la vie de l’Opposition n’a été aussi clairement définie que sous l’emprise de la loi actuelle.

Aussi, son domaine de prédilection est la rue affamée

En revenant à Joseph Olenghankoyi – le plus bouillant des Opposants sur la place politique kinoise depuis 1991 – on peut douter de sa capacité de l’avoir intériorisée. Autrement, il en parlerait avec toute l’emphase qui le caractérise dès qu’on lui tend le micro. Ce serait donc un miracle qu’il l’ait évoquée une seule fois dans ses prestations réputées tonitruantes.

Depuis 1991, son discours aligne des termes stéréotypes : «notre peuple», «respect de la Constitution», «notre Bible, c’est la Constitution», «la patrie ou la mort», «prêt à mourir pour la patrie», «manifestation non violente», «combattre la dictature» etc. Vraisemblablement, il ne connaît ni les droits ni les devoirs de l’Opposition tels que codifiés dans la loi. Toute revendication, dans son entendement, s’exprime absolument et nécessairement par une manifestation publique.

Déjà, il ne peut même pas soutenir un débat adulte et responsable sur une chaîne de radio ou de télévision en restant dans le thème.

Aussi, son domaine de prédilection est la rue… affamée.

En 25 ans de carrière – dont près de 24 en tant qu’Opposant – rares sont cependant les manifestations organisées avec son concours à se terminer sans incident. A plus de 90 %, elles finissent toujours par un bain de sang sur fond de pillage. Ce qui attire, à la manière des corbeaux, les médias étrangers.

Dans les traditions congolaises, devient sorcier tout chasseur lorsqu’au terme de chacune des battues qu’il organise, on enregistre toujours un ou plusieurs morts ou blessés. On finit bien par s’en méfier.

Agenda connu des «commanditaires»…

Dans le cas d’espèce de Joseph Olenghankoyi – l’un des rares Opposants à agir moins pour leurs propres partis qu’au nom de l’Udps au point de faire ombrage aux Udépésiens purs et durs – on se demande s’il n’aurait pas une mission éloignée du programme ou du projet de société du lider maximo, par exemple.

S’il a déjà réussi à faire manquer à ce dernier le rendez-vous avec le Palais de la Nation sous Mobutu Sese Seko entre 1990 et 1997, sous Laurent-Désiré Kabila entre 1997 et 2001, rien n’indique (et ne confirme) l’exception sous Joseph Kabila.

C’est bien là la preuve qu’il obéit à un agenda connu de lui-même. Et, peut-être, de ses «commanditaires» dont la constante semble être l’instabilité continue du pays au profit de certains voisins.

On n’a pas besoin d’un dessin pour en percevoir l’évidence lorsque dans le viseur de l’Opposition radicale depuis 1990 il y a toujours l’Armée, toujours la Police, toujours les Renseignements, alias «soldatesque», autre terme stéréotype fort prisé de Joseph Olenghankoyi, pour diaboliser et affaiblir l’appareil sécuritaire hier zaïrois, aujourd’hui congolais. Au profit de qui ?

Ce qui est arrivé aux généraux Kanyama, Amisi et Numbi devrait interpeller l’élite consciente…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

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