Rapport de l’Onu. Manif du 19 septembre : crime planifié…

Pour quelles raisons certains Congolais se sont-ils retrouvés dans la rue le 19 septembre 2016 ? Réponse : pour réclamer de la Céni la convocation du corps électoral, conformément au délai constitutionnel. Qui ont organisé cette manifestation ? Réponse : les forces politiques et sociales dites acquises au Changement, réunies au sein de la plateforme «Rassemblement» issue, elle, du conclave de Bruxelles-Genval. Il s’agit, entre autres, de l’Udps avec Etienne et Félix Tshisekedi, du G7 avec Pierre Lumbi, Charles Mwando, Gabriel Kyungu et autres Christophe Lutundula, de l’AR avec Delly Sessanga, Franck Diongo et Jean-Claude Vuemba, de «Dynamique» avec Joseph Olenghankoy, Martin Mukonkole etc. Quel est le bilan de cette manifestation en termes de mort d’hommes ? Le Gouvernement avance 32 victimes. L’Udps plus de 100. Les Fonus plus de 75. Dans son rapport du 21 octobre 2016, la Monusco fait une estimation d’au moins 53 morts. A ce stade, on peut se permettre d’affirmer qu’il s’agit d’un crime voulu par les organisateurs. Et voici comment !!!

 

Le 4 octobre 2016, «Rassemblement» publie le rapport final de son conclave tenu le même jour à Kinshasa, au siège de l’Udps. Il en ressort exactement ceci, concernant les opérations d’identification et d’enrôlement dont l’objectif, au travers du fichier électoral, est la constitution du corps électoral.

Au point 3.2. relatif à l’«Enrôlement des électeurs», il est dit dans deux phrases distinctes, primo : «Le Rassemblement considère que le processus en cours est un recensement déguisé de la population et sert à retarder l’élection présidentielle pour permettre à Monsieur Kabila de demeurer au pouvoir au mépris de la Constitution et contre la volonté du Peuple congolais» et, secundo «Pour cette raison, le Rassemblement demande l’évaluation minutieuse de l’opération d’enrôlement des électeurs en cours en vue d’en assurer la régularité et de l’accélérer».

La deuxième phrase confirme, si besoin est, que les organisateurs de la manifestation savaient, et ils le savaient très bien, que pour avoir lancé le 31 juillet 2016 par Gbadolite les opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs pour la confection du nouveau fichier électoral – celui de 2011 ayant été rejeté principalement par l’Opposition (Udps en tête) – la Céni n’avait formellement pas de corps électoral à convoquer à la date du 19 septembre 2016 ! Ceci, de un.

De deux, le délai constitutionnel pour ce faire, tel que fixé dans le calendrier électoral global publié par la Céni le 12 février 2015, prévoit la convocation au 20 septembre 2016. D’ailleurs, d’autres délais constitutionnels portent sur la campagne électorale (27 octobre au 25 novembre), l’élection présidentielle et les élections législatives (27 novembre), la proclamation des résultats provisoires (7 décembre) et des résultats définitifs (17 décembre) ; l’investiture du Président de la République élu (20 décembre).

A quoi cependant assiste-t-on ?

«Rassemblement» était dans le schéma du soulèvement

A une théâtralisation de la scène politique congolaise avec des dates des «19 ceci», «19 cela», «19 ceci cela», «symbolisées» par des «carton ceci», «carton cela», «carton ceci cela», et tout ça sous prétexte de respect des délais constitutionnels. Sidérant : des têtes que l’on croit pensantes s’adonnent à la sarabande !

Qu’a-t-on alors réellement cherché le 19 septembre 2016 ?

La réponse, la vraie, c’est Martin Fayulu qui la donne dans une interview à «Jeune Afrique». Recueillie par Trésor Kibangula (envoyé spécial à Kinshasa), mise en ligne le 19 septembre 2016 à 20h28 avant d’être mise à jour le même jour à 20h32, elle est intitulée «RDC-Martin Fayulu : ‘Le peuple congolais veut emboîter le pas au peuple burkinabè’».

Trésor Kibangula fait l’observation suivante : «Le gouvernement rétorque qu’il a déjà libéré 24 des 26 personnes présentes sur la liste des prisonniers à libérer que le Rassemblement avait constituée…». Martin Fayulu commence par répondre à cette question avant de dériver en ces termes : «Nous n’allons pas laisser Kabila s’éterniser au pouvoir. Le peuple congolais veut emboîter le pas au peuple burkinabé qui s’est libéré des affres de Blaise Compaoré».

Il y a cependant mieux. A la question «Comment entrevoyez-vous l’après Kabila ?», Martin Fayulu répond : «Voulez-vous que je dise que c’est le président du Sénat qui deviendra chef de l’État après le 19 décembre ? Non, ce ne sera pas le cas. Car il n’y aura plus de mandat pour un quelconque intérim que le président du Sénat aurait exercé. Il y a vacance que dans le cadre d’un mandat en cours». Et à celle de savoir «Comment la période transition doit-t-elle être gérée après la fin du second mandat de Joseph Kabila ? Préconisez-vous la mise en place d’une présidence de transition ?», il répond : «C’est une question pertinente. Nos réponses seront données au cours de notre conclave qui aura lieu dans moins de deux semaines».

Ainsi, vive la révolution à la burkinabé, pas de vacance à la présidence de la République prévue à l’article 75 de la Constitution et, attendons voir ce qui va arriver !

Les réponses de Martin Fayulu, en plein 19 septembre 2016 alors que la ville de Kinshasa est en train de brûler, signifient simplement que les organisateurs n’étaient pas dans le schéma du respect de la Constitution.

«Rassemblement» était dans celui du soulèvement.

C’est là, le crime planifié…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

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