2ème round du Dialogue : Ryenders réduit les délégués occidentaux à des figurants ?

  • Pour leur dignité, ces délégués-là devraient rendre le tablier

 

Quatre jours après la tenue, à Luanda, de la 7ème réunion de haut niveau consacrée à l’évaluation de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba – réunion au cours de laquelle le dossier principal évoqué a été l’Accord politique issu du Dialogue national recommandé à la RDC dans la Résolution 2277, Didier Reyenders, Vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, est intervenu sur la télévision belge RTL TVI pour plaider pour un deuxième round. «Nous sommes fermes. Il faut un autre dialogue incluant toute l’opposition, notamment Étienne Tshisekedi (…). C’est l’unique façon de sortir l’impasse et d’organiser les élections l’année prochaine et pas plus», a-t-il déclaré d’un ton tranchant et impérial…

 

Pour comprendre l’homme d’Etat belge, il suffit de se souvenir du fait qu’il a été le premier acteur politique occidental à recevoir les Actes du conclave de Bruxelles-Genval, avant même que l’encre de la signature ait séché. C’était quelques heures seulement après la clôture de ces assises le 10 juin 2016.

Pour rappel, c’est ce conclave qui a donné naissance à la plateforme «Rassemblement», et c’est à partir de là que l’Opposition politique radicale et la Société civile alliée a formellement levé l’option de ne pas participer au Dialogue convoqué par Joseph Kabila.

Or, une semaine plus tôt, exactement le 2 juin 2016, l’Union européenne a formellement demandé «au gouvernement d’initier dans les plus brefs délais un dialogue politique au plus haut niveau, conformément à l’article 8 de l’Accord de Cotonou». Tandis que le 5 juin, le quartet «Ua-Onu-Ue-Oif» a appelé «dans le même temps le Gouvernement à continuer à promouvoir le respect des droits et libertés prévus par la Constitution, y compris par la libération des détenus politiques, conscientes qu’elles sont de ce que la préservation de l’espace politique, et l’exercice des droits fondamentaux garantis par la Loi fondamentale sont une condition sine qua non pour permettre la réussite du dialogue politique que le Président Joseph Kabila appelle de ses vœux».

Au regard de ce qui précède, tout indique que «Rassemblement» s’est mis, dès sa mise sur pied, dans la logique de rejet de tout schéma susceptible de permettre au Chef de l’Etat de rester en fonction au-delà du 20 décembre 2016. A n’importe quel prix, bien entendu.

Ces délégués-là devraient rendre le tablier !

Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, Thomas Pierrello – envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands Lacs réputé pro-Tshisekedi (il était à Genval) – a au moins eu le courage de se rattraper en déclarant clairement à «Rassemblement» qu’«il est préférable que les gens se présentent, exposent leurs points de vue et observent ce qui se passera ensuite. Etre présent est la meilleure façon de contester le statu quo, d’acquérir de l’influence, et de trouver le meilleur accord». C’était le 16 septembre 2016, trois jours avant les événements sanglants du 19 septembre. Une manifestation sans objet dès lors que le 4 octobre 2016, cette plateforme reconnaîtra dans le Rapport final de son conclave la nécessité d’encadrer et d’accélérer les opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs visant, naturellement, la confection du nouveau fichier électoral, donc du nouveau corps électoral.

En d’autres termes, «Rassemblement» savait, au 19 septembre, que la Céni n’avait aucun corps électoral à convoquer ! Les Occidentaux, dont les Belges, ne pouvaient nullement l’ignorer, Didier Reyenders compris.

Que constate-t-on maintenant ?

Eh bien ! ses « filleuls » se servent de la position de sa pour rebondir. Preuve, si besoin est, qu’ils réalisent maintenant seulement à leurs dépens qu’ils peuvent rester sur la touche. Mais pour donner le change, ils s’attaquent désormais aux chefs d’Etat, de gouvernements et de délégations africains ayant participé au sommet de Luanda !

En toute logique, les membres de «Rassemblement» devaient désavouer aussi les délégations occidentales présentes à Talatona. Il s’agit, en l’occurrence, de celles des pays membres du Conseil de sécurité de l’Onu (Etats-Unis, Grande-Bretagne et France), de même que celles des envoyés spéciaux de l’Union européenne, des Etats-Unis et de la Belgique. La photo fait foi.

On peut également déduire, à l’analyse de ses propos, que Didier Reynders a, comme qui dirait, réduit en figurants les délégués occidentaux, avec pour conséquence gravissime le peu de considération dans lequel ils seront désormais tenus par des acteurs politiques africains, chefs d’Etat et de Gouvernement en tête.

Pour leur dignité, ces délégués-là devraient rendre le tablier.

Rien, en effet, ne justifie leur silence depuis le 26 octobre 2016 et l’apparition – quatre jours après – de l’homme d’Etat belge pour plaider pour un second round hypothétique, tant il est vrai que «Rassemblement» – habitué à arracher le bras à tous ceux qui lui tendent la main – n’est prêt que pour le schéma de la confrontation. Schéma qui donne peu de chances de survie à la RDCongo…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

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