Avec les 3 noms proposés. Primature : et si Kabila avait raison !

  • Par moments, on a l’impression d’assister à une «guerre fratricide» entre Mp et ex-Mp transposée dans l’Opposition…
  • Avec 16 postes ministériels à se partager, l’Udps risque de ne pas bénéficier du soutien total de la représentation parlementaire des partis et regroupements membres de «Rassemblement»…
  • A l’Udps, on semble ne pas réaliser qu’aussitôt nommé et son Gouvernement investi, le Premier ministre ne dépendra que du Parlement et, évidemment, du Président de la République !

 

Après avoir rencontré le Président Joseph Kabila en sa résidence de Gombe le lundi 20 février 2017 peu avant l’ouverture d’une session spéciale réunissant les évêques de la RDCongo, la délégation de la Cenco a fixé l’opinion sur les questions abordées. A en croire l’abbé Donatien Nshole, «Le Chef de l’Etat regrette qu’on complique les choses inutilement sur le mode de désignation du Premier ministre alors qu’il suffit d’amener trois noms pour qu’il puisse apprécier et évoluer dans le sens de l’Accord». Et d’ajouter : «Le Président Kabila estime que cette question pourra être facilement réglée si le Rassemblement se choisissait un nouveau président du Conseil des Sages, celui-là même qui, selon l’accord, sera son interlocuteur habilité à lui présenter la liste des trois noms des candidats Premier Ministre», avant de renchérir : «Si le président du Conseil des Sages du Rassemblement est élu, les choses pourront bouger dans le bon sens»…

 

Certes, en réaction, le député national Jean-Claude Vuemba est intervenu sur «Top Congo Fm» juste après, avec son ton tonitruant habituel. «Si monsieur Kabila continue comme ça, je crois que le Rassemblement doit prendre ses responsabilités. Nous allons stopper toute relation avec la Cenco pour que le peuple congolais se prenne en charge», a-t-il tranché, sachant bien que dans le langage de l’Opposition radicale, la prise en charge signifie soulèvement populaire, donc renversement des institutions en place conformément à l’alinéa 1 de l’article 64 de la Constitution.

Coïncidence fortuite ou non : Rassop (diminutif de Rassemblement) a annoncé pour le 22 février 2017 une « journée ville morte » pour demander «au peuple congolais de ne plus reconnaître KABILA comme président de la République», au motif que «n’ayant plus de mandat légal Mr KABILA ne peut plus engager la RDC au niveau national et international». Le message passé par WhatsApp est signé «RASSOP».

Il faut dire que l’appel a simplement été ignoré par la rue kinoise.

Réduite à subir le sort de l’herbe

Quelle que soit la position de la Cenco levée au cours de sa session extraordinaire du lundi 21 au mercredi 23 tenue à Kinshasa, il est à souligner que la première grande question est de savoir qui, aussi bien à l’Udps qu’à Rassop, est habilité à désigner notamment le Premier ministre. Si Tshisekedi ne l’a vraisemblablement pas fait de son vivant, c’est à son successeur à s’y employer. Il s’agit du successeur statutaire, en la personne du président de la Convention démocratique du parti (selon l’article 27 des statuts de l’Udps). Ou alors du successeur légal issu du congrès extraordinaire.

Tout le monde le sait : à l’heure actuelle, cette formation n’a ni président statutaire, ni président légal. Elle fonctionne en pleine illégalité.

La seconde grande question est de savoir comment garantir une primature plus ou moins rassurante pour l’animateur «imposé » au Président de la République comme semble le vouloir «Rassemblement» qui, faut-il le faire observer, est «politiquement, diplomatiquement et financièrement», piloté par les ex-Mp du G7 bénéficiaire, lui-même, de la «générosité» d’un certain Moïse Katumbi. Ouvrons et refermons vite une parenthèse pour constater qu’on a bien l’impression, par moments, d’assister à une «guerre fratricide» entre Mp et ex-Mp avec pour terrain de prédilection une Opposition réduite à subir le sort de l’herbe lorsque se battent des éléphants.

Comme relevé dans la chronique «Primature. L’Udps a tout à gagner avec et de la Mp !», «Rassemblement» n’a que 16 postes à partager. Une portion congrue. Devant avoir du mal à s’emparer de la moitié des ministères faute, désormais, de parapluie du lider maximo, la bataille interne que ce parti va devoir livrer affectera sans doute le soutien escompté des députés nationaux et des sénateurs de cette plateforme.

Dans ce contexte, on ne voit pas en quoi et pourquoi (juste un exemple) un G7 n’obtenant qu’un ou deux postes ministériels mobilisera à 100 % sa représentation parlementaire en faveur d’un Premier ministre udépésien, devenu ingrat à ses yeux ! On ne voit en quoi une Cdc recevant un poste ministériel faire de même, ou des Fonus ne gagnant rien rester fidèle à la mémoire d’Etienne Tshisekedi.

Le parti n’a rien, sinon son slogan «Peuple D’Abord»

Au final, on est en face d’une évidence : l’Udps ne gagne rien d’une nouvelle Transition conflictuelle avec la Majorité présidentielle, exactement comme elle n’a rien gagné sous la Transition 1990-1997.

Aussi, ce qui est important pour ce parti, ce n’est pas la désignation forcée du Premier ministre dont le profil doit répondre pas aux enjeux hypersensibles de la période préélectorale et électorale. Ce qui importe, c’est l’impératif d’une Transition non conflictuelle. Et qu’il l’admette alors ou pas, dans le contexte actuel, il n’y a que le Président Joseph Kabila à lui garantir une gouvernance institutionnelle avantageuse.

Dans cette logique, c’est à l’Udps de décider de façon conséquente, notamment en désignant les trois candidats de son choix. C’est de son sort qu’il s’agit, et non de celui de «Rassemblement». Après tout, à ce moment précis, c’est le seul de tous les grands partis politiques ayant pignon sur rue à ne pas avoir de député national, de sénateur et de  député provincial. Elle n’a d’ailleurs ni ministre national ou provincial, ni gouverneur de province, ni mandataire public dans une entreprise publique ou mixte. Déjà, au niveau des ETD, il n’a même pas de bourgmestre, ni chef de quartier.

En un mot comme en cent : le parti n’a rien, sinon son slogan «Peuple D’Abord» qui ne vaut au demeurant rien en démocratie puisqu’un parti politique normal ne s’approprie pas le peuple de son pays. Son «peuple», c’est l’ensemble des membres effectifs. Autrement, l’Udps n’aurait pas indiqué dans l’article 4 de ses statuts que «L’adhésion à l’UDPS est libre », qu’«On devient membre de l’UDPS par affiliation individuelle à la cellule ou à la section» et que «Tout citoyen congolais âgé d’au moins 18 ans peut devenir Membre du Parti» !

Bien plus, il est de ces évidences d’hier qui (nous) interpellent aujourd’hui. En 2011, malgré son slogan «Peuple D’Abord», ce parti s’était révélé incapable de lever un fonds confortable en interne et en externe pour la campagne électorale de son candidat.

Il y a là matière à réflexion pour aborder en adulte les grands enjeux de l’heure !

Dans ses réflexions, l’Udps est en droit de se le demander sans se gêner le moins du monde : «Et si Kabila avait raison» au sujet de la Primature.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

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