Au-delà de la vidéo «Kumwina Nsapu». Non à tous les Thierry Michel, spécialistes douteux sur la RDC !

«Le cinéaste belge Thierry Michel, auteur de plusieurs films consacrés à la République démocratique du Congo (RDC) et auparavant au Zaïre, a revendiqué mercredi son rôle dans la diffusion de vidéos mettant en cause des soldats congolais dans un possible massacre qui suscite un vif émoi dans le monde.  « Reçu tel quel ce jour ces images gravissimes d’un massacre de civils. Les militaires parlent lingala et ont des tenues FARDC… Seuls les militaires tirent et les civils désarmés qui sont tout simplement exécutés …Ce serait à Kabeya Kamuanga au Kasaï mais cela doit encore être confirmé. Il s’agit de toute façon d’un crime de guerre, incontestablement, voire d’un crime contre l’humanité« , a commenté Thierry Michel en publiant samedi une première vidéo sur le site Youtube. « Je le revendique et je cite (Emile) Zola en prononçant un ‘J’accuse’« , a-t-il déclaré mercredi à l’agence Belga peu avant la présentation à Bruxelles d’un livre/coffret présentant en DVD dix films sur les 25 dernières années du Congo-Zaïre préfacé par la journaliste Colette Braeckman. Le cinéaste a, dans une déclaration écrite séparée, affirmé que la communauté internationale devait, « face à ce nouveau massacre de civils au Kasaï par les forces armées de la RDC » (FARDC) et face à l' »émoi international » qu’il suscite, exiger, la démission du ministre congolais de la Défense et la mise sur pied d’une commission d’enquête internationale et d’une commission Vérité et Justice en RDC sous une autorité morale irréprochable et indépendante de tout parti politique pour enquêter sur les crimes impunis commis en RDC depuis 2003»…

 

Un cinéaste-documentariste – connu pour ses accointances avérées avec l’Opposition radicale congolaise d’ailleurs en pleine récupération par des ex-Kabilistes qui ne l’ont formellement rejointe qu’en juin 2016 à la faveur du conclave de Bruxelles-Genval – en train de donner des instructions aux autorités congolaises, aux gouvernements étrangers et à des institutions internationales sur l’attitude à adopter à la suite de la visualisation d’une vidéo : voilà de quoi faire tiquer toute conscience normale.

Pourquoi cela n’arrive-t-il qu’au Congo, et précisément au Congo-Kinshasa ex-Léopoldville ? Pourquoi Thierry Michel-le-belge peut oser ici ce qu’il ne peut se permettre en Angola, au Congo-Brazzaville, en Ouganda ou au Rwanda, pays voisins au processus électoral moins ouvert parce que moins avancé, comparé à celui de la RDC ?

La réponse se devine : c’est la faute au Congolais, prêt à vendre son âme au premier occidental venu qui lui promet de l’ouvrir au «carré des décideurs» prétendument capable de faire et de défaire des régimes dans les ex-colonies nègres.

Pourtant, le Congolais a la capacité de s’interroger sur cette contradiction faisant que l’avènement de ses propres leaders à la tête du pays soit comme programmé et parrainé par ce carré et qu’à partir du moment où les «filleuls» cherchent à s’émanciper, la sanction soit la même : la mort, la relégation ou l’exil ?

Les Thierry Michel «spécialistes» du Congo sont mis au défi d’expliquer aux Congolais comment tous les Présidents de la République qui se succèdent dans ce pays depuis 1960 reçoivent au départ l’onction de l’Occident avant de tomber en disgrâce par la volonté du même Occident. Ces quatre exemples sont assez éloquents :

Joseph Kasa-Vubu est devenu Chef de l’Etat parce que «Bruxelles» – symbole du monde occidental pour la RDC – l’a voulu en 1960 ;

Joseph-Désiré Mobutu est devenu Chef de l’Etat parce que «Bruxelles» l’a voulu en 1965 ;

Laurent-Désiré Kabila est devenu Chef de l’Etat parce que «Bruxelles» l’a voulu en 1997 ; et

Joseph Kabila est devenu Chef de l’Etat parce que «Bruxelles» l’a voulu en 2001.

En analysant le travail qu’effectuent les «Thierry Michel» opérant dans les domaines de la politique, de la diplomatique, de l’économie, des finances, de la sécurité, de la justice, des droits humains et même des médias, tout porte à croire dans la préparation de la succession du Président de la République actuel par un autre «filleul».

Mais, déjà, l’Histoire renseigne que :

à sa destitution en 1965, Joseph Kasa-Vubu n’a bénéficié d’aucun soutien de la part de «Bruxelles». Autrement, il aurait obtenu l’autorisation de sortir de sa relégation à Singini, son village natal, pour venir se faire soigner à Kinshasa, et pourquoi pas se rendre en Occident ;

à sa chute en 1997, Joseph-Désiré Mobutu, devenu Mobutu Sese Seko, n’a bénéficié d’aucun soutien de la part de «Bruxelles». D’ailleurs, l’Union européenne lui avait interdit l’accès à son territoire, si bien que c’est le Maroc du roi Hassan II qui va lui offrir le dernier asile sur terre ;

à son assassinat en 2001, Laurent-Désiré Kabila a même été injurié par «Bruxelles». Un chef d’Etat français osera même qualifier son décès de «bon débarras».

Il est évident qu’avec tout ce qui se dit sur lui, Joseph Kabila pourrait ne pas bénéficier de quelque soutien de la part de «Bruxelles» à la fin de son mandat. Au demeurant, Thierry Michel-le-belge participe activement à cette œuvre. A preuve, il propose des enquêtes sur les crimes commis en RDC depuis 2003, année du démarrage de la Transition issue du Dialogue intercongolais avec comme Chef d’Etat le Raïs !

En clair, tous les crimes perpétrés depuis 1960 sont comme absouts ! Même ceux commis entre 1998 (agression du 2 août) et 2003, pourtant à la base des guerres cycliques qui surgissent à l’Est avec le phénomène «Maï-Maï», et dont celles connues sous les dénominations «Gédéon Kyungu» (ex-Katanga), «Udjani» (Equateur), «Ne Muanda Nsemi» (Kongo Central et à Kinshasa), «Mukungubile» (ex-Katanga et à Kinshasa) et, aujourd’hui «Kamuina Nsapu» (Grand Kasaï) sont des prolongements…

Pays ingouvernable, donc bon à «démembrer» !

C’est ici qu’il faut interpeller les «Thierry Michel de l’Occident» en se basant sur deux témoignages probants, le premier d’Edem Kodjo, le second de Federica Mogherini.

Dans «Jeune Afrique» n°2918 du 11 au 17 décembre 2016, Edem Kodjo rapporte un échange qu’il a eu avec à Bruxelles dans le cadre du dialogue. Parlant de Moïse Katumbi, l’ami de Thierry Michel le belge, le facilitateur togolais révèle : «Son grand frère, Katebe Katoto, que j’ai rencontré à Bruxelles, était un ardent défenseur de la formule du panel et un critique acerbe de la facilitation que je menais, au point que j’ai dû lui dire, les yeux dans les yeux : ‘Moi, Monsieur, je ne suis pas achetable !’. Au cours de cette même rencontre, un membre du G7 s’est levé : ‘Vous, vous avez un mentor qui s’appelle la France, a-t-il commencé. Eh bien, sachez que la RDC, c’est le jardin privé des États-Unis !’. Mon sang n’a fait qu’un tour : ‘Je ne sais pas si vous êtes conscient de ce que vous venez de dire, ai-je rétorqué. À votre place, je ferais tout pour que ça ne sorte pas de cette salle. Sinon l’Afrique entière va se moquer de vous !».

Le second témoignage est cet aveu exprimé le 1er décembre 2016 par Federica Mogherini, Vice-Président et Haut Représentant de l’Ue, s’agissant du Congo-Kinshasa. «La République démocratique du Congo a sans doute un lien particulier avec l’Europe : c’est notre histoire, c’est notre intérêt pour la stabilité de toute la région des Grands Lacs, ce sont les relations quotidiennes entre nos peuples», a-t-elle dit.

Les «Thierry Michel de l’Occident» peuvent-ils seulement expliquer aux Congolais comment, depuis pratiquement son accession à l’indépendance le 30 juin 1960, l’ex-colonie belge passe d’une guerre à une autre (sécession, agression, rébellion, mutinerie), d’une crise politique à une autre, d’une crise économique à une autre etc. pendant qu’elle est le jardin privé des Américains et a une histoire commune des Européens ?

Peuvent-ils expliquer aux Congolais comment la Monusco, la plus grande et la plus coûteuse des missions onusiennes dans le monde, soit incapable de parvenir à neutraliser les groupes armés étrangers conformément à l’Accord de Lusaka ?

A lui et ses «clones» du «Congo Bashing»

La meilleure occasion d’interpeller la conscience universelle, particulièrement la conscience occidentale, est justement la réaction par rapport au genre de cérémonie par lequel Thierry Michel le belge attire sur lui l’attention de la communauté internationale : «la présentation à Bruxelles d’un livre/coffret présentant en DVD dix films sur les 25 dernières années du Congo-Zaïre préfacé par la journaliste Colette Braeckman».

Déjà, la coïncidence n’a rien de fortuit. On serait même tenté de croire qu’avec la diffusion de la «vidéo Kumuina Nsapu» et tout le tralala auquel il se livre, Thierry Michel n’aura voulu que se donner un coup de pub gratuit pour sa cérémonie ! Rien d’autre, du reste, ne peut expliquer l’attente de la veille de cette rencontre pour lancer le fameux reportage datant, vraisemblablement, de décembre 2016, selon certaines sources.

On imagine bien le contre coup de pub que serait, par exemple, le refus des Congolais d’y participer et, surtout, le refus des personnalités comme le Dr Denis Mukwege et Moïse Katumbi de se prêter au business d’un cinéaste-documentaliste qui vit essentiellement d’une production noircissant le Congo, c’est-à-dire contribuant subtilement à présenter la RDC en pays ingouvernable, donc bon à «démembrer», exactement comme le souhaitent certains voisins de l’Est !

«A quelque chose, malheur est bon», dit-on. Car en se prononçant à la Bula Matari sur les événements du Kasaï au point de donner l’impression d’avoir inspiré les prises de position de l’Onu, de l’Union européenne, des Américains, des Français et des Belges, Thierry Michel le belge peut se targuer de régenter le monde.

Il revient aux Congolais de lui faire observer qu’ils ont compris le jeu et les enjeux. Et lui à ses «clones» du «Congo Bashing».

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

http://www.congo30juin.com

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