En marge des funérailles du lider maximo. Les vraies origines du G7 révélées

  • La génération Mobutu-Tshisekedi au service des Belges s’étant éteinte, une nouvelle génération managée par les Américains s’installe…

 

La vidéo fait sensation sur le Net. Sans être membre de l’Udps, un confident d’Etienne Tshisekedi fait deux révélations. La première sur la rame de papier avec en-tête UDPS dument signée lui remise en 1988 par celui qui fut à l’époque secrétaire national en charge de l’Organisation du parti, avec latitude d’en faire ce qu’il en veut ! Il a cru souligner par ce témoignage le degré de confiance du Sphinx de Limete en lui, en d’autres termes dans les siens. Hélas !, au moment où l’actualité relève la possibilité d’usurpation de sa signature dans de nombreux documents officiels l’engageant de son vivant, ce témoignage confirme, si besoin est, les soupçons en cours. La deuxième révélation porte sur les origines du G7. L’intervenant affirme avoir reçu de nuit, en août 2015, un coup de fil de Raphaël Katebe Katoto, en séjour aux Etats-Unis, qui tenait à rencontrer le lider maximo alors en séjour médical à Bruxelles. Il soutient que son correspondant lui avait déclaré qu’il venait d’être reçu à la Maison-Blanche et au Département d’Etat. Donnant son avis sur Katebe et Katumbi, il dit : «ce sont de petits hommes, je dis bien de petits hommes», et cela sous un tonnerre d’applaudissements de la part des «combattants». Le Sphinx de Limete mort, on est loin de l’esprit de Bruxelles-Genval…

 

Dans la chronique intitulée «Tshisekedistes, Kamerhistes hors-jeu. G7 : la nouvelle Opposition pour remplacer l’ancienne !» parue en octobre 2015, l’observation faite est la suivante : «Au fait, le problème de fond n’est pas l’adhésion ou non à l’Opposition. Il est dans la planification de l’acte. Il serait étonnant qu’avec toutes les sommités qu’il concentre, le G7 – dont l’existence remonte tout de même à plus d’une année – n’ait pas su qu’en suscitant soit l’exclusion, soit l’auto-exclusion de la Mp, il devrait basculer dans l’Opposition. Les membres de cette plateforme savaient que tout discours mettant l’Autorité morale de la Mp dans une situation inconfortable devait les y contraindre. Ils l’ont délibérément provoquée avec la lettre ouverte du 14 septembre 2015. Donner dès lors l’impression d’avoir été surpris eux-mêmes par la réaction de l’Autorité morale, comme ils le font en parlant d’exclusion, inciterait d’aucuns à déduire le grave aveu d’une navigation à vue. Or, personne de sensé ne peut un seul instant l’imaginer. Dès cet instant, il ne reste qu’à se plier à l’évidence d’une entreprise bien planifiée, visant à substituer à l’ancienne Opposition la nouvelle. La leur».

Il aura probablement fallu le décès d’Etienne Tshisekedi pour que les soupçons prennent corps.

Pour l’histoire, jusqu’à la rencontre Félix Tshisekedi-Moïse Katumbi du 10 décembre 2015 à Paris en présence notamment de Samy Badibanga, l’Udps s’en tenait à sa feuille de route réduisant le Dialogue à deux camps : celui d’Etienne Tshisekedi réunissant les Opposants non institutionnels et celui de Joseph Kabila réunissant et la MP et les Opposants institutionnels (Dynamique, G7 etc. compris). L’Udps considérait alors que «Les élections de 2011 ont eu le mérite de reconfigurer politiquement la classe politique congolaise et de recadrer la ligne de démarcation entre ceux qui soutiennent le système en place et leurs alliés, d’un côté, et ceux qui réclament la vérité des urnes, de l’autre».

D’ailleurs, dans une interview accordée aux médias fin novembre 2015 en réaction à l’annonce de la convocation du Dialogue par le Président Joseph Kabila, Félix Tshisekedi avait cité pour le camp de l’Udps les Alliés de Tshisekedi (Jean-Pierre Lisanga Bonganga), la Mpp (Eugène Diomi Ndongala) et le G14 (Dr Kabamba).  C’est tout. Il n’avait fait aucune allusion à Dynamique, moins encore au G7 nouvellement créé.

De juin 2015 à juin 2016

Il est vrai que c’est à partir de la rencontre Félix-Moïse que la feuille de route de l’Udps sera mise en veilleuse. A partir du 10 décembre 2015, la donne va changer puisqu’on aura d’abord la rencontre d’Ile de Gorée tenue du 12 au 15 décembre 2015, ensuite le conclave de Bruxelles-Genval tenu du 8 au 10 juin 2016 à la base de la création de «Rassemblement».

Il est vrai qu’en marge de ces assises, il avait noté l’activisme encombrant d’un certain Thomas Pierrello l’américain, même si c’est Didier Reynders le belge qui donnera l’onction de son gouvernement à cette initiative n’ayant servi, en réalité, qu’à «honorer» le lider maximo en le ramenant à son rôle d’opposant historique, c’est-à-dire à renoncer à son statut stérile de président de la République élu. Le vrai combat était ailleurs.

Avec le témoignage fait aux funérailles bruxelloises du défunt, on comprend désormais que l’affaire avait été boutiquée lors du séjour de Raphaël Katebe Katoto en août 2015.

Or, l’histoire renseigne qu’en juin 2015, le Président Joseph Kabila avait initié des consultations au Palais de la Nation avec les forces vives en vue du Dialogue. On sait maintenant qu’au mois d’août 2015, Washington avait déjà fait le choix de court-circuiter le processus conduisant à ce forum. Résultat :

en septembre 2015, la Mp est déstabilisée de l’intérieur avec la lettre ouverte des 7 partis membres qui forment le G7 ;

en octobre 2015, Moïse Katumbi annonce sa démission du Pprd, donc par ricochet de la Mp. Il soutient la fronde du G7 ;

en novembre 2015, le Président Joseph Kabila convoque le Dialogue ;

en décembre 2015, Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi se retrouvent à Paris. Ils disent NON à ce dialogue ;

encore en décembre 2015, l’Opposition radicale et la Société civile alliée se retrouvent à l’Ile de Gorée et créent le «Front citoyen 2016» qui peine à émerger ;

en juin 2016, la même Opposition et la même Société civile participent au conclave de Bruxelles-Genval où elles montent «Rassemblement». Elles affirment le NON au Dialogue de Joseph Kabila et commencent à perturber la facilitation de l’Union africaine confiée à Edem Kodjo.

Et que dit Edem Kodjo après la clôture du Dialogue tenu à la Cité de l’Union africaine ? Dans une interview au journal web «Le Monde», édition du 20 octobre 2016 mise en ligne à 18h13 et à jour à 19h12, le facilitateur déclare : «Délégation sur délégation se sont présentées au domicile de M. Tshisekedi quand il est revenu à Kinshasa. En Europe, beaucoup de délégations l’ont vu. En réalité, ce monsieur a changé d’optique depuis qu’il s’est vu intronisé grand chef de l’opposition du conseil des sages [du Rassemblement]. A partir de là, la stratégie n’était pas de négocier, mais plutôt d’imposer une loi dont les conséquences funestes ont été ce qui s’est passé dans le pays le 19 septembre».

Dans le témoignage livré à «Jeune Afrique» n°2918 du 11 au 17 décembre 2016, il révèle : «Dois-je préciser que je n’ai aucun problème avec M. Katumbi, qui porte le même prénom que celui de mon père ? J’entends souvent dire qu’il est ‘l’homme des Américains’. Je l’ignore, même s’il en est notoirement proche. Et dans ce cas, il n’est pas le seul. Son grand frère, Katebe Katoto, que j’ai rencontré à Bruxelles, était un ardent défenseur de la formule du panel et un critique acerbe de la facilitation que je menais, au point que j’ai dû lui dire, les yeux dans les yeux: ‘Moi, Monsieur, je ne suis pas achetable !’. Au cours de cette même rencontre, un membre du G7 s’est levé : ‘Vous, vous avez un mentor qui s’appelle la France, a-t-il commencé. Eh bien, sachez que la RDC, c’est le jardin privé des États-Unis !’. Mon sang n’a fait qu’un tour : «Je ne sais pas si vous êtes conscient de ce que vous venez de dire, ai-je rétorqué. À votre place, je ferais tout pour que ça ne sorte pas de cette salle. Sinon l’Afrique entière va se moquer de vous !».

L’emprise des Etats-Unis sur le processus du Dialogue est donc évidente.

Washington entend avoir sa Majorité et son Opposition

Réputé homme des Belges du même que son père Etienne Tshisekedi, Félix Tshisekedi ne pouvait qu’avoir besoin des frères Soriano (Raphaël Katebe et Moïse Katumbi) pour être adopté par et à Washington. Il a joué le rôle escompté.

Maintenant qu’il n’a plus le parapluie du pater, il assiste au devoir d’ingratitude naturel dans le monde politique : le G7 sort ses griffes pour récupérer l’investissement. Juste pour la consommation populaire, ce groupe lui crée le poste (symbolique ?) de président de «Rassemblement». Mais, on sait que l’organe principal est le «Conseil des Sages» pris par Pierre Lumbi. La réponse à la limite du mépris, donnée par Christophe Lutundula à l’observation lui faite sur le non consensus dans la désignation de son allié à la présidence de cet organe, témoigne d’une vérité dure : le G7 prend les choses en mains avec la caution de Washington.

«Les petits hommes» – qui n’apprécient certainement pas la sortie médiatique du confident d’Etienne Tshisekedi – apprennent par personne interposée le peu d’estime dans lequel ce dernier les tenait. Ils ne laisseront pas impunie cette injure.

Aussi, l’exception d’Ado Banza, tous se souviennent-ils d’avoir été, d’une manière ou d’une autre, victimes de l’intransigeance du lider maximo. Ils ne se voient pas devenir les victimes potentielles de l’intransigeance génétique du lider minimo.

Ils ont l’avantage de savoir que par le G7 interposé, Washington a maintenant en RDC sa Majorité et son Opposition ; la génération belge Mobutu-Tshisekedi s’étant éteinte. C’est entre l’une et l’autre que l’alternance politique est (comme) programmée…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

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