Tshisekedistes, Kamerhistes hors-jeu. G7 : la nouvelle Opposition pour remplacer l’ancienne !

L’acte II de l’exclusion ou de l’auto-exclusion du G7 de la Majorité présidentielle se joue depuis le 6 octobre 2015 avec la décision du Msr de se positionner dans l’Opposition sur base de la loi n°07/008 du 4 décembre 2007 portant statut justement de l’Opposition. Une loi initiée par la Majorité (authentique), mais jusque-là non appliquée pour une raison simple : les Opposants se révèlent incapables depuis la législature 2006-2011 de se choisir un porte-parole et tout aussi incapables, au cours de ces neuf dernières années, d’avoir un discours politique cohérent, garantissant une alternance en leur faveur. Preuve, si besoin est, qu’après l’échec du casting de Washington auquel ils ont été soumis, Tshisekedistes et Kamerhistes ne font pas le poids devant des nouvelles forces animées par des acteurs comme Freddy Matungulu et Noël Tshiani de la Diaspora, Pierre Lumbi, Charles Mwando Simba, Olivier Kamitatu, José Endundo, Christophe Lutundula, Dany Banza et, tout naturellement, Moïse Katumbi au pays. Comme dirait la Bible en Daniel 5 : 27,  «comptés, comptés, pesés et divisés», ils ont été trouvés insuffisants ! Un vrai choc…

 

La conséquence logique de l’auto-exclusion ou de l’exclusion du G7 est que la Majorité (Pouvoir) a désormais sa propre Opposition parlementaire, forte de 80 députés, et sa propre Opposition extraparlementaire, pilotée par la Diaspora.

On ne voit d’ailleurs pas comment il en serait autrement au regard de l’article 3 évoqué par le Msr pour se positionner dans l’Opposition, lequel 3 dispose : «Les partis politiques et les regroupements politiques dans les assemblées délibérantes font une déclaration d’appartenance à la majorité ou à l’Opposition politique, auprès des bureaux respectifs de l’Assemblée nationale, du Sénat, de l’Assemblée provinciale, des conseils de ville, municipal, de secteur ou de chefferie».

Le retour à la Majorité étant inimaginable (du moins pour l’instant), le G7 se considère donc comme pleinement et entièrement de l’Opposition.

Confusion dans les esprits

Au fait, le problème de fond n’est pas l’adhésion ou non à l’Opposition. Il est dans la planification de l’acte. Il serait étonnant qu’avec toutes les sommités qu’il concentre, le G7 – dont l’existence remonte tout de même à plus d’une année – n’ait pas su qu’en suscitant soit l’exclusion, soit l’auto-exclusion de la Mp, il devrait basculer dans l’Opposition.

Les membres de cette plateforme savaient que tout discours mettant l’Autorité morale de la Mp dans une situation inconfortable devait les y contraindre. Ils l’ont délibérément provoquée avec la lettre ouverte du 14 septembre 2015.

Donner dès lors l’impression d’avoir été surpris eux-mêmes par la réaction de l’Autorité morale, comme ils le font en parlant d’exclusion, inciterait d’aucuns à déduire le grave aveu d’une navigation à vue. Or, personne de sensé ne peut un seul instant l’imaginer. Dès cet instant, il ne reste qu’à se plier à l’évidence d’une entreprise bien  planifiée, visant à substituer à l’ancienne Opposition la nouvelle. La leur.

Il faut bien admettre que l’ancienne – animée en pole position par Tshisekedi depuis 1990 et par Kamerhe depuis 2011 – est d’une inefficacité désespérante, s’agissant de la gestion de la lutte démocratique.

Que peut-on effectivement retenir de constructif dans la critique de l’action gouvernementale par l’ancienne Opposition, au regard des articles 8, 9 et 10 de la loi sur son statut ? Rien ! L’article 8 reconnaît à l’Opposition le droit, entre autres, d’«Etre informée de l’action de l’Exécutif» et de «Critiquer ladite action et, le cas échéant, formuler des contre-propositions, sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs». L’article 9 lui garantit «Le droit à l’information visé à l’article 8 (…) sur toutes les questions importantes de la vie de la Nation». Et l’article 10 affirme : «Les responsables des partis politiques et des regroupements politiques de l’Opposition politique, à différents niveaux, sont reçus par les autorités ou leurs représentants, à leur demande ou à l’initiative de celles-ci».

Aucun observateur de la scène politique congolaise n’a souvenance, depuis la promulgation de cette loi en 2007, d’une seule démarche de l’Opposition dans le sens d’approcher le Gouvernement pour s’informer d’une initiative de l’Exécutif (par exemple la suspension des activités des Assemblées provinciales), ou d’une critique constructive (par exemple au sujet de la bancarisation).

L’Opposition s’adonne à l’agitation tous azimuts, alertant systématiquement  «l’opinion tant nationale qu’internationale» de tout, parfois de rien. Elle pousse son exhibitionnisme à la démesure avec des «interpellations» du Gouvernement à l’Assemblée nationale ou au Sénat, et dans bon nombre de cas, il se révèle des dessous des cartes louches !

Comme relevé, au demeurant, dans une chronique précédente, jamais on ne trouve dans les médias une seule tribune signée Udps, Unc, Mlc, Ecidé, Mpcr, Rcd-Kml, Cdc, Udémo ou Fonus portant sur une question économique, monétaire, financière, politique, diplomatique, sportive, artistique ou scientifique donnée, ce en réaction à une action de l’Exécutif national ou provincial relative à l’une ou l’autre matière. Jamais.

Toute la stratégie de l’Opposition repose sur la manipulation de l’opinion consistant à présenter en «instruments anti-peuple» la Majorité, l’Assemblée nationale, le Sénat, le Gouvernement, les Cours et Tribunaux, les Fardc, la Pnc, les Renseignements, la Céni, le Csac,  le Portefeuille, la Rtnc, voire certaines confessions religieuses. Comme si, une fois l’alternance acquise en sa faveur, l’Opposition – devenue alors Pouvoir – enverraient paître ailleurs magistrats, militaires, policiers.

Conséquence fâcheuse : la confusion dans les esprits énerve l’article 6 de la Constitution selon lequel « Les partis politiques concourent à l’expression du suffrage, au renforcement de la conscience nationale et à l’éducation civique ».

L’Opposition tshisekediste depuis 1990 et l’Opposition kamerhiste depuis 2011  n’ayant pas fait leur travail, quoi de plus normal que de voir une nouvelle Opposition se substituer à elles pour jouer le véritable jeu démocratique.

Faut-il encore que les membres du G7 se comportent conséquemment. La loi n°07/008 du 4 décembre 2007, dont la proposition serait l’œuvre d’un des députés aujourd’hui membres de ce regroupement, pourraient les rattraper.

Omer Nsongo die Lema

PS : cet article avait été publié le 26 octobre 2015. Les événements qui se produisent actuellement au sein de « Rassemblement » en raison de la succession difficile d’Etienne Tshisekedi m’incitent à le publier in extenso. 

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