En 27 ans, Reynders le sait : l’Udps est à la base de bien des crises

  • Fait du hasard ou non : comme en 1990, les relations entre Kinshasa et Bruxelles se gâtent de nouveau avec, au centre, le même parti politique dénommé Udps !

 

  • Et comme en 1990, la nomination de Bruno Tshibala au poste de Premier ministre et la sortie de son gouvernement suscitent d’autres exclusions avec impact direct sur «Rassemblement»…

 

La dernière exclusion en date étant celle de Valentin Mubake en attendant probablement le carton rouge pour Joseph Kapika, il faut remonter aux années 1990 pour comprendre la « spécialité-maison ». La longue liste comprend, pour le parti, Dikonda, Ngalula, Lihau,  Birindwa, Gisanga, Kibassa, Kapita, Lumbu, Kyungu, Lusanga, Dia Onken, Beltcthika, Mulumba, N’Kamba, Tshimpuila, Kalonzo, Phongo,  Dindo, Shabani et autres Mavungu, en plus des 33 des 41 premiers députés nationaux élus en 29 ans d’existence de l’Udps au nombre desquels Badibanga, Massamba, Mayamba, Kolela, Mutomb, Ambatobe et Kalamba. Les plateformes (Us, Usor, Usoras et Rassemblement) n’ont pas été épargnées. Il y a Iléo, Bo-Boliko, Nguz, Kamanda, Mungul, Kengo, Thambwe, Kiakwama, Malumba, Mende, Olenghankoyi, Katebe etc. La liste étant juste énumérative, aucun esprit lucide ne peut un seul instant croire que tous aient été des traîtres, des corrompus. De Bruxelles à Londres, de Washington à  Ottawa, on connaît la vérité…

            

Et la vérité est que jamais au Congo-Zaïre, au cours de ces dernières 27 années,  parti politique ne se débarrasse de ses dirigeants avec autant d’aisance et d’insolence que l’Udps.

Les deux dernières décisions en date ont frappé Bruno Tshibala (37 ans aux côtés du lider maximo) et Valentin Mubake (plus de 25 ans), comptés pourtant parmi les fidèles des fidèles. Des acteurs politiques qui ont consacré, que dis-je ?,  sacrifié leur vie (et celle de leurs familles) à Etienne Tshisekedi et à l’Udps. Aujourd’hui, ils sont virés comme des malpropres Jean-Marc Kabund, en accord avec Félix Tshilombo Tshisekedi qui, lui, a connu plutôt un exil doré en Belgique.

L’insolite est que les anti-Mubake et Tshibala les plus nuisibles se recrutent parmi les membres du G7. Par élégance, ils devraient se taire car ils savent pertinemment bien que les décisions d’exclusion telles prises ne sont pas conformes aux statuts de l’Udps.

Certes, elles relèvent de la cuisine interne, dirait-on. Mais dès lors qu’elles impactent négativement le fonctionnement de la plateforme, le G7 devrait s’inquiéter du leadership de « Rassemblement » exercé par une Udps en pleine crise. A moins de confirmer les appréhensions émises en octobre 2015 d’un Groupe monté de toutes pièces par l’Occident pour se substituer à l’Opposition recalée lors du casting de Washington en août 2014, en marge de la première conférence Etats-Unis/Afrique !

Il est connu de tous qu’aux termes de l’article 27 des statuts ce parti, l’intérim du président légal est assumé par président de la Cdp, en cas de vacance à sa tête. Il est également connu de tout le monde que pour ne pas actionner cette disposition, Félix Tshisekedi évoque les traditions bantoues. Il estime que la succession ne se fera qu’après l’enterrement du défunt. Or, il a laissé s’opérer la succession au sein de «Rassemblement» non pas en faveur d’un udépésien, mais plutôt du G7 Pierre Lumbi ! D’où la crise qui affecte à la fois l’Udps et cette plateforme.

Remake du fameux «retour à la légalité»

Il est donc malsain, très malsain de voir l’Occident en général, Bruxelles en particulier, considérer comme normal cet état des choses pendant que la conséquence logique est la perturbation même des conditions d’application de l’Accord de la Saint Sylvestre.

Un esprit fin viendrait à croire qu’après le sabotage des pourparlers de Venise-Ibiza-Paris entre la Mp et l’Udps, après le sabotage également du Dialogue de la Cité de l’Union africaine (préconisé au travers de la Résolution 2277 dont ils sont l’initiateur via la France), les Occidentaux sont en train de saboter aussi l’Accord du centre interdiocésain issu d’une médiation initiée par le Président Joseph Kabila. Et, pour ce faire, ils se servent comme toujours de l’Udps pour la sale besogne…

Effectivement, depuis avril 1990, ce parti s’est spécialisé dans l’art de livrer à la vindicte populaire tout acteur politique soupçonné, à tort ou à raison, de rapprocher le Pouvoir. Sous Mobutu entre 1990 et 1997, sous L-D. Kabila entre 1997 et 2001 et sous J. Kabila depuis 2001, tout udépésien qui aura osé modérer son opinion par rapport à la ligne radicale du parti est vite catégorisé « mouvancier ». Descendu aux enfers, il est directement tué comme Gisanga, s’il ne l’est pas indirectement comme Lihau ou Kibassa. Ceux qui ont plus de chance survivent en rasant les murs.

Résultat : ce que faisait de son vivant Etienne Tshisekedi hier, Félix Tshilombo Tshisekedi le fait aujourd’hui avec une fixation insolite sur la Primature.

A preuve : même après avoir déclaré ouvertement sur «Top Congo Fm» le 1er avril 2017 que si c’est sa personne qui faisait problème pour la finalisation de l’arrangement particulier, il était disposé à renoncer à la primature, Félix n’en continue pas moins de considérer que le poste lui revient. On voit là un remake du fameux «retour à la légalité» des années 1990-1997.

Pour l’Histoire, c’est par ce concept qu’Etienne Tshisekedi avait raté pour la 4ème fois la primature en mars-avril 1997. C’est par cette revendication que la Révolution afdélienne avait été piégée, Tshisekedi réclamant de L-D. Kabila le poste de Premier ministre issu de la Cns. Même le Dialogue intercongolais avait failli capoter avec cette exigence, avant de voir l’Udps briguer la présidence de la République. C’est d’ailleurs à la suite de la mise en échec de sa candidature que le lider maximo avait boycotté l’Accord de Sun City pour entraîner tout le monde dans l’Accord global et Inclusif, arrangement qu’il refusera d’appliquera, le moment venu.

On sait que ce parti boycottera tout à tour la Transition 1+4, les opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs, le référendum constitutionnel et les élections de 2006 (présidentielle, législatives et provinciales) ainsi que celles de 2007 (sénatoriales et élection des gouverneurs de province).

On sait aussi que l’échec du lider maximo à la présidentielle 2011 résultait essentiellement du rejet de toute coalition avec les autres forces politiques en présence. Sur Rfi, le 20 décembre 2010, il avait clairement déclaré : «Il ne faut pas que je vous donne l’impression que si je ne me rallie pas avec les autres, je n’aurai pas gagné. Pas du tout ! C’est le contraire ! Je fais confiance à mon parti, qui est connu par notre peuple comme étant le seul parti qui a lutté longtemps pour l’intérêt de ce peuple-là. Je sais que l’union fait la force, mais ce n’est pas une nécessité pour moi » !

On connaît la suite : des millions de voix perdues, faute de second tour. Mais, l’Udps prétendra de la fraude électorale et procédera, d’ailleurs, à l’exclusion de ses premiers députés nationaux élus depuis sa création en 1982 ! Dont Samy Badibanga !

Félix Tshilombo Tshisekedi, un prétexte

On connaît aussi la suite de la suite : dans sa feuille de route du 14 février 2015, en réponse à la proposition du Dialogue initié par le Président Joseph Kabila, l’Udps avait préconisé deux camps. Le sien, comprenant exclusivement les Opposants non institutionnels (Udps, Mpp, Alliés de Tshisekedi et G14). Dans celui de Kabila, il avait  versé les Opposants institutionnels. Dont ceux de «Dynamique».

Le G7 n’ayant basculé dans l’Opposition qu’en septembre 2015, c’est par la rencontre de Paris le 10 décembre entre Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi que l’Udps va se résoudre à s’ouvrir aux transfuges de la Mp. D’où le conclave de Bruxelles-Genval en juin 2017 parrainé, on le sait, par l’axe Bruxelles-Washington.

L’histoire retiendra au moins que jusqu’à sa mort le 1er février 2017, Etienne Tshisekedi a simplement laissé se bloquer tout processus de sa succession au sein l’Udps et de «Rassemblement». La plateforme a fonctionné sans statuts ni règlement intérieur. Le parti n’a pas installé la Convention démocratique du parti dont le président est habilité à assumer l’intérim du président légal en cas de vacance.

Ce dysfonctionnement ne pouvait que mettre à mal l’Accord de la Saint Sylvestre.

En définitive, les Congolais avertis savent que les Occidentaux – Belges en tête – soutiennent par gêne l’illogique qui prévaut au sein de l’Udps et par défi «Rassemblement», faute d’alternative. Ils ont contracté avec Moïse Katumbi un deal.

Pour eux, Félix Tshilombo Tshisekedi n’est qu’un prétexte, un faire-valoir.

Au lieu alors de s’en prendre à Joseph Kabila comme ils le font, les Occidentaux – Didier Reynders en tête – devraient plutôt reconnaître au Chef de l’Etat congolais la sagesse et l’intelligence de faire garder la primature à l’Udps, dans l’esprit des pourparlers de Venise-Ibiza-Paris, de la Cité de l’UA et du Centre interdiocésain.

Après tout, étant à la base de bien des crises politiques connues entre le 24 avril 1990 et (bientôt) le 24 avril 2017, ce parti a un devoir de réparation à l’égard de la Nation.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

facebook : Omer Nsongo

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