Coin de voile levé. Cet article 4 qui effraie si tant «Rassop/Limete» !

 

  • «Est réputé avoir renoncé au statut de l’Opposition politique, le parti politique ou le regroupement politique qui accepte de partager les responsabilités de l’Exécutif aux niveaux national, provincial, urbain, municipal ou local». C’est bien le libellé de cet article de la Loi n° 07/008 du 04 décembre 2007 portant statut de l’opposition politique en RDCongo…

 

  • En prévision des élections à venir, les acteurs du «Rassop/Limete» préfèrent manifestement garder leur statut d’Opposant que de le perdre en rejoignant le Gouvernement. On en devine les effets…

 

Des lois de la République – dont la Constitution – les Congolais connaissent et retiennent essentiellement les articles 64, 70 et 220, d’ailleurs partiellement et partialement interprétés dans leurs alinéas 1 pour le premier, 1 pour le deuxième et 1 et 2 pour le troisième. Une bonne partie de la population nationale ignore l’existence du statut de l’Opposition politique. On doit la comprendre : «Rassop» ne l’évoque jamais dans ses prestations…

 

L’embarras s’explique par le fait pour le moins élémentaire de perdre ce statut dès qu’on accepte d’entrer au Gouvernement, et encore à tous les niveaux de cette Institution : nation, province, ville, municipalité, localité.

Prenons le cas précis du G7. En quittant la Majorité présidentielle en septembre 2015, c’est-à-dire à une quinzaine de mois de la présidentielle et des législatives prévues en novembre 2016, ce n’était pas pour redevenir qui ministre national (comme Olivier Kamitatu) ou provincial (comme Christian Mwando), ou gouverneur de province (comme Moïse Katumbi).

Ses membres visaient en toute légitimité la reconquête du pouvoir, et cela  par les élections.

Il va sans dire que les pourparlers Mp/Udps de Venise, Ibiza, Paris et Bruxelles, le Dialogue préconisé dans la Résolution 2277 du 30 mars 2016 et les Négociations du centre interdiocésain de décembre de la même année n’étaient pas dans leur plan.

Ces  rencontres prônaient la cogestion du Gouvernement de la République.

D’une malignité solide pour ne pas dire sordide, les membres du G7 ont réalisé l’exploit d’imposer la primature à l’Udps. Ils ont jeté leur dévolu sur Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi (Fatshi). Comme pour se débarrasser de lui…

En effet, en confiant le poste de Premier ministre à ce parti, ils faisaient perdre à l’Udps le statut d’Opposition, celui-là même qui a permis à Etienne Tshisekedi de bâtir et d’entretenir une trentaine d’années durant son mythe.

Ainsi, l’Udps devenue partenaire de la Majorité présidentielle, au même titre que le Palu et l’Unc par exemple, le G7 n’avait plus qu’à trôner seul parti fort du Rassop.

Planificateurs et prête-nom

Seulement voilà, et comme relevé dans la chronique «Fatshi ne veut pas perdre son statut d’Opposant !», Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi n’a pas envie de prendre la primature. Il tient, lui aussi, au statut d’Opposant hérité du pater. Après tout, il est le principal «gagnant » du Gouvernement Tshibala en ce que ce dernier lui permet de rester et d’opérer valablement dans l’Opposition jusqu’aux élections.

Que faire alors puisque dans le cadre de l’Accord du 31 décembre 2016, toutes les parties prenantes – dont Rassop – s’étant engagées à l’article II.1. à «respecter la Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée en 2011 et les Lois de la République», dont – naturellement – la loi portant statut de l’Opposition avec son fameux article 4 ?

Si l’application de cet accord signifie animation du Gouvernement au travers de la nomination du Premier ministre issu de ses rangs,  Rassop connaît le prix à payer : procéder à la désignation du candidat idéal.

Or, l’Udps et G7 ne sont pas dans la logique de perdre le statut d’Opposition.

Quoi de plus normal alors que de résister, mais résister encore, et de résister davantage, rejetant systématiquement la formule de plusieurs candidatures ?

On sait d’ailleurs, à ce sujet, que plusieurs analystes et observateurs ont relevé l’intérêt pour l’Udps d’avoir un Premier ministre bénéficiant du soutien du Chef de l’Etat, autorité morale d’une Majoritaire présidentielle en position confortable aussi bien à l’Assemblée nationale qu’au Sénat, peu importe qu’il se nomme Félix, Bruno ou Peter.

A dire vrai, planificateurs (G7 et Moïse Katumbi) et prête-nom (Udps) du conclave de Bruxelles-Genval n’ont jamais voulu de la primature ni du gouvernement. Du reste, sur  le quota attribué à « Rassop » dans l’Arrangement particulier, pour combien de ministères et en plus pour quels ministères les Katumbistes allaient-ils se priver du statut «payant» d’Opposants ? Un ? Deux ? Ou un portefeuille de souveraineté ? Ou encore un ministère technique ?

Tous les indices vont dans le sens du titre de cette chronique. Effectivement, membres du G7 et de l’AR voguant sous la bannière de Moïse Katumbi et «vague Fatshi» sont indistinctement effrayés à l’idée de se faire « guillotiner » par l’article 4 de la loi n°07/008 du 4 décembre 2007.

Se prononçant pour l’application de l’Accord de la Saint Sylvestre et de l’Arrangement particulier, ils ont en réalité un agenda caché.

Agenda désormais éventré !

Ils n’ont jamais voulu véritablement de l’un ni de l’autre…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

Facebook : Omer Nsongo

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