Lobbying aux Etats-Unis. L’Université de New York entraînée dans un sondage politisé

  • Vice-président du G7 en charge des Relations extérieures, Olivier Kamitatu a réalisé l’exploit de faire mettre la science au service de Moïse Katumbi, son candidat à la présidentielle, grâce à sa firme de services BERCI, créée sous la Transition 1990-1997

 

La dépêche est de Rfi. Titre : «RDC : le pessimisme des citoyens sur la situation politique de leur pays». Date de publication : 17 mai 2017. Celle, évidemment, de la célébration du 20ème anniversaire de la chute de Mobutu, donc de l’accession à la magistrature suprême de Laurent-Désiré Kabila. On ne peut parler de coïncidence fortuite. Le paragraphe introductif est celui-ci : «Une vision morose de la situation politique du pays, une cote de popularité en baisse pour le président Kabila, ou la difficile émergence d’un leader de l’opposition après la mort d’Etienne Tshisekedi, ce sont les principaux enseignements d’un sondage d’opinion publié mardi 16 mai par le Groupe de recherche sur le Congo de l’université de New York et un bureau d’études, le BERCI. Un sondage réalisé en février et avril 2017 à l’échelle nationale, sur échantillon de plus de 1 000 Congolais majeurs, avec une marge d’erreur de +/-3% et qui comporte des comparaisons avec un précédent sondage des mêmes acteurs réalisés en mai 2016».

 

Rfi rapporte : «Les Congolais sont pessimistes sur la situation politique : 77% estiment que la RDC prend une mauvaise direction, et plus de la moitié s’attendent à de nouveaux conflits sociaux dans les mois à venir». Et note : «L’accord du 31 décembre représente toutefois un espoir pour beaucoup : ils sont 83% à le soutenir. Mais face aux blocages dans sa mise en œuvre, une large majorité, 72%, estime la coalition présidentielle responsable de cette impasse, contre 27% qui accusent le rassemblement de l’opposition».

Vient l’info-clé : « Quant au président Kabila, sa popularité est en chute : il compte 24% d’opinion favorable, soit 15 points de moins en 10 mois. Mais paradoxalement, les Congolais sont désormais moins nombreux à estimer qu’il lui fallait se retirer en décembre : 69% aujourd’hui, contre plus de 74% mi-2016. Un signe, selon les sondeurs, que sa stratégie de glissement de calendrier gagne du terrain». Ceci côté Pouvoir. Côté Opposition : «les leaders bénéficient globalement d’une meilleure popularité que Joseph Kabila, avec un pic à 88% d’opinion favorable pour Moise Katumbi. L’opposant en exil est aussi désigné comme la meilleure personne pour remplacer Etienne Tshisekedi à la tête du comité de suivi de l’accord, et comme favori à la présidentielle, si l’élection se tenait maintenant».

Petit bémol qui n’enlève rien à l’info principale : «Une popularité qui ne suffit toutefois pas à combler le vide laissé par Etienne Tshisekedi : la moitié de ceux qui voulaient voter pour l’opposant historique à la présidentielle disent qu’ils ne choisiront aucun autre candidat».

Prendre la mesure du «Congo Bashing»

Pour les analystes avisés, le message clair envoyé n’est pas le calcul d’écolier sur base de l’addition 24 % + 88 % = 112 %. De quoi rappeler le score électoral autoproclamé par Etienne Tshisekedi le 10 décembre 2011 lorsqu’il s’était octroyé 75 % des suffrages exprimés, laissant à Joseph Kabila 28, 27 ou 30 %. A deux, ils faisaient 103, 102 ou 105 % dans une compétition électorale à laquelle avaient pourtant participé 11 candidats !

Le message n’est pas non dans la nomination de Moïse Katumbi à la tête du comité de suivi de l’accord, tant il est vrai que le président de cette institution ne sera pas candidat à la présidentielle.

Le message est plutôt la raison pour laquelle Berci a tenu à apparaître dans un sondage réalisé par une université américaine quand on connaît l’opinion des Congolais sur des institutions universitaires des Etats-Unis.

En effet, comme relevé dans le sous-titre, Berci est une firme de services appartenant à Olivier Kamitatu, membre d’un G7, regroupement ayant pour autorité morale Moïse Katumbi, selon Félix Tshisekedi.

Ainsi, voici des institutions scientifiques prestigieuses comme l’est l’Université de New York acheter ou se faire acheter pour produire des enquêtes et des rapports politiquement motivées !

Ainsi, après les missionnaires, après les activistes des Droits de l’homme, après les mouvements dits pro-démocratie, tour aux universités d’opérer à découvert.

On peut supposer que les fondations généralement créées et animées par des multinationales sont à la commande des «opérations-commando» d’un genre nouveau.

En associant délibérément sa firme au sondage pro-Katumbi alors que besoin d’efficacité Berci n’aurait pas dû paraître ni apparaître dans cette enquête, Olivier Kamitatu entend probablement prendre sa part dans le business. Exactement comme Moïse Katumbi. Exactement comme Sindika Dokolo.

En définitive, il revient aux Congolais de prendre la mesure du «Congo Bashing» dans toute son ampleur certes, mais surtout dans toute sa laideur…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

Facebook : Omer Nsongo

Bientôt : www.congo30juin.com

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