Révélations de New York Times. Clément Kanku, «cerveau moteur» de Kamwina Nsapu ?

  • Félix Tshisekedi rattrapé par son gros mensonge attribuant aux Fardc et à la Pnc l’assassinat des experts de l’Onu !

 

Samedi 20 mai 2017. L’auditorat général militaire annonce pour bientôt le procès sur l’assassinat de deux experts de l’Onu, Michael Sharp et Zaida Catalan, tués dans l’espace kasaïen dans la foulée des événements connus sous le vocable «Kamuina Nsapu». Auditeur général des Fardc, le colonel Odon Makutu affirme «connaître où se trouve la tête de Zaida Catalan et la personne qui la détient», rapporte le journaliste Jeff Kaleb Hobiang. L’info est livrée aussi par l’Afp qui précise : «A l’issue d’une enquête de dix semaines, ‘l’instruction est terminée. Les audiences publiques vont bientôt se tenir (…), deux insurgés sont en détention sur 16 incriminés’», les prévenus étant poursuivis pour « crime de guerre par meurtre, crime de guerre par mutilation, terrorisme, participation à un mouvement insurrectionnel« . Lieu du procès. Rfi, dans sa dépêche du jour, relève que «Les corps mutilés de la Suédoise Zahida Katalan et de l’Américain Michael Sharp, venus enquêter sur les violences qui secouent cette vaste région, avaient été découverts le 28 mars…».

 

Premier et probablement unique congolais à objecter : Georges Kapiamba, président de l’Acaj. «On ne peut pas penser mener une enquête sur des crimes qui ont donné lieu à plus de quarante fosses communes avec une petite équipe et sans des moyens suffisants», déclare-t-il avant de déduire que «cette précipitation dans l’organisation d’un procès relève sans doute d’une stratégie : celle de piéger les institutions internationales».

On se souviendra que dans une interview accordée à ACTUALITE.CD le 4 avril 2017, Félix Tshisekedi a fait la révélation suivante : «Aujourd’hui, nous avons la preuve que c’est la police nationale et l’armée qui ont commis ces atrocités. Il y a des présomptions sérieuses qui pèsent sur cette même police et cette armée, car nous croyons que ce sont elles qui ont tué les deux experts de l’ONU pour empêcher de découvrir l’ampleur de massacres que nous sommes en train de découvrir aujourd’hui».

Depuis, la partie gouvernementale a observé un silence responsable.

Que contient cependant l’enregistrement ?

Et voilà que le 21 mai 2017, le journal américain «New York Times» – le même à avoir exploité en décembre 2016 le «scoop» d’un certain documentariste Thierry Michel prend, comme qui dirait, sa vengeance en diffusant un enregistrement compromettant qui doit mettre à mal son « informateur », premier à diffuser en décembre 2016 les «images gravissimes d’un massacre de civils », perpétré par des militaires parlant lingale et en tenue Fardc. «Seuls les militaires tirent et les civils désarmés qui sont tout simplement exécutés …Ce serait à Kabeya Kamuanga au Kasaï mais cela doit encore être confirmé. Il s’agit de toute façon d’un crime de guerre, incontestablement, voire d’un crime contre l’humanité« , avait-il déclaré en réclamant la démission du ministre de la Défense, la mise sur pied d’une commission d’enquête internationale et d’une Commission Vérité et Justice en RDC «sous une autorité morale irréprochable et indépendante de tout parti politique pour enquêter sur les crimes impunis commis en RDC depuis 2003».

Le constat, pour l’heure, est que l’enregistrement diffusé met effectivement en cause Clément Kanku, député national entré au Gouvernement Samy Badibanga et non repris dans le Gouvernement Bruno Tshibala. Accablant, l’enregistrement l’est. «Suicidaires», les dénégations de l’intéressé les sont également. Car, après qu’il ait affirmé dans un premier temps n’être jamais entré en contact avec les deux experts, il s’est rétracté en reconnaissant avoir échangé avec l’américain. Or, une photo circule sur Internet le montrant avec Sharp et Zaidan.

Que contient cependant l’enregistrement ? Voici ce qu’en rapporte le site «CAS-INFO.CA» : «Dans un enregistrement trouvé sur l’ordinateur de Zaida catalan – la jeune humanitaire de l’Onu tuée en mars dernier avec son collègue américain Michael Sharp – une voix présentée comme celle de Clément Kanku reçoit un rapport d’un présumé milicien sur les tueries à Tshimbulu. La conversation est en Tshiluba. Nous avons tenté de la traduire fidèlement :

Informateur : Honorable, on vient juste de brûler la ville de Tshimbulu

Voix présumée de Kanku : qui est à l’appareil ?

Informateur : C’est Constantin Tshiboko

Voix présumée de Kanku : ok, c’est bien. A-t-on tout brûlé ?

Informateur: Oui, c’est le bureau de la Ceni qu’on va incendier maintenant.

Voix présumée de Kanku : C’est une bonne chose. C’est ce que je leur avais demandé. Ils ont tout fait tel que promis, non ?

Informateur : Oui, ils continuent. Ils vont maintenant ouvrir la prison de…Tshimbulu…, plutôt, de Dibaya.

Voix présumée de Kanku : c’est une bonne nouvelle. Tiens-moi au courant [de la situation]

Informateur : Sans aucun problème. Je vous donnerai toutes les informations.

Voix présumée de Kanku : Merci.

Puis, dans une deuxième conversation, on entend les deux mêmes voix :

Informateur : Allo, Honorable !

Voix présumée de Kanku : Oui, Constantin. Tu m’avais appelé ?

Informateur : Oui, je vous appelais pour vous informer qu’on a terminé l’opération sur tous les bureaux. On a ouvert la prison maintenant. Tout le monde [prisonniers] est sorti. On a tué 6 policiers. Puis on a tué deux éléments de Kamwina Nsapu.

Voix présumée de Kanku : Hum…

Informateur : ils ont tué le garde du corps du Colonel Bass. C’est comme si le colonel est dans sa maison. Ils veulent mettre le feu pour le brûler dedans.

Voix présumée de Kanku : ils ont tué le garde du corps ?

Informateur : oui, ils l’ont tué…ils en tué un, puis, un deuxième. Il reste maintenant à mettre le feu sur la maison…Il leur manque de l’essence. Ils sont en train de terroriser les habitants pour avoir de l’essence et finir l’opération…

L’informateur poursuit d’un ton remonté : Mais, chef, [comment voulez-vous], Kabila se joue de nous. Avez-vous entendu ce qu’il est allé dire en Ouganda [Que les élections ne se tiendraient qu’une fois la révision du fichier électoral terminé] … A-t-il de la considération pour nous ?

Voix présumée de Kanku : Ah, ils sont toujours comme ça…

Informateur : chef, tout ce qui me manque ici, ce sont les unités pour vous appeler et vous donner les informations.

La vois présumée de l’ex ministre met fin à l’entretien téléphonique en promettant de « voir ça ».

«CAS-INFO.CA» signale que «Selon le New York Times, Zaida Catalan avait conservé 130 fichiers sous le nom de Clément Kanku. Voilà un enregistrement qui va relancer le débat sur les auteurs des massacres et de l’assassinat de deux agents de l’Onu dans le Kasaï. Dans un récent rapport, l’ONU avait relevé que le conflit qui s’est déclenché en Août 2016 était alimenté par les leaders originaires de la région. Zaida Catalan enquêtait sur le rôle présumé de Clément Kanku, qui fut vice-gouverneur du Kasaï Occidental pendant la transition du schéma 1+4 ».

« Ça va se savoir » dans les prochaines heures, sauf imprévu…

Cette affaire semble déranger certaines structures pendant que des «tweeteurs-politiques» se taisent. Ainsi, le mouvement pro-démocratie dit Lucha est monté au créneau pour demander «à la Cour pénale internationale d’ouvrir une enquête suite aux révélations faites par le journal New York Times ». Et cela, insiste-t-il, «doit se faire avec l’accompagnent du Conseil de sécurité des Nations unies. Parce que les actes posés par cette milice, au regard du droit international, ne peuvent pas rester impunis et sont horribles. Leurs auteurs, commanditaires et complices doivent aussi être punis» !

C’est vrai que la section centro-kasaïenne a la présence d’esprit de rappeler que «Ces révélations viennent corroborer ce que nous avions commencé à dénoncer, c’est-à-dire l’implication de certains hommes politiques dans ce conflit. Ils se faisaient passer pour des faiseurs de paix, alors qu’au fond ils attisaient le feu» !

Même Rfi a failli y laisser quelques plumes. Sa correspondante permanente en RDCongo, Sonia Rolley, rattrapée par des journalistes au courant du fait avancé, a dû corriger son premier tweet par un second. Dans le premier, elle a soutenu que «les enregistrements @kanku_clement datent du 8/08/2016. Ce député était ds les délégations venues avec le PR Kabila à Kananga». Il lui a été rappelé que le Chef de l’Etat a séjourné à Kananga du 19 au 21 juillet 2016 et non au mois d’août. Dans le second, elle a noté : «#correction : les enregistrements @kanku_clement datent bien du 8/08 ms la délégation MP est concomitante visite Boshab, pas PR» !

Sauf imprévu, Clément Kanku a promis de réagir ce 23 mai 2017.

Serait-il le «cerveau moteur» de Kamwina Nsapu ?

« Ça va se savoir » dans les prochaines heures, sauf imprévu…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

facebook : Omer Nsongo

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