Enrôlement. L’Udps en train de lâcher «Rassop» ?

  • Le doute est permis puisque ce parti semble ne pas avoir avisé ses partenaires de son intention de participer à l’enrôlement…

 

Une «première» signée Jean-Marc Kabund wa Kabund : une circulaire datée du 13 avril 2017, adressée aux combattants pour se faire enrôler, n’a été rendue publique que la veille du démarrage des opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs dans la dernière aire opérationnelle englobant notamment Kinshasa, soit le 27 mai 2017. Ainsi, depuis le 13 avril, cette circulaire est restée dans les tiroirs ou dans le signataire du secrétaire général du parti.  De quoi surprendre les observateurs quand on connaît la célérité avec l’Udps alerte l’«opinion tant nationale qu’internationale» de ses bonnes intentions. A dire vrai, le parti l’a antidatée…

 

Cependant, cela n’a que peu d’importance face à la donne la plus importante, à savoir l’initiative d’une action solitaire.

Il est vrai qu’il a fallu le débat suscité par le décès d’Etienne Tshisekedi le 1er février 2017 pour révéler au grand public le but unique pour lequel «Rassemblement» avait été rapidement créé à Bruxelles-Genval en juin 2016 : obtenir le départ de Joseph Kabila au plus tard le 19 décembre 2016 à 0h59, si la présidentielle n’était pas organisée. «Rassop» n’était donc pas une plateforme électorale.

Mais, les faits sont têtus puisque l’Accord du 31 décembre 2016 fait du processus électoral son enjeu principal.

L’observateur avisé aura au moins eu tout le temps de constater le silence du «Rassop» sur les opérations d’identification et d’enrôlement lancées, pour rappel, le 31 juillet 2016 à partir de la ville de Gbadolite (Nord Ubangi).

Il est intéressant de rappeler que le même jour, Etienne Tshisekedi avait tenu Place Bd Triomphal à Kinshasa son premier et dernier meeting en tant que président du Conseil des sages. Il n’avait dit mot de ces opérations, comme si cela n’était nullement une préoccupation pour lui-même, encore moins pour ses proches.

On se souviendra d’ailleurs que prenant sur lui la responsabilité de mettre les gens dans la rue, «Rassemblement» avait réclamé de la Céni pour les 19 et 20 septembre 2016 la convocation d’un corps électoral qu’il savait pourtant inexistant. En effet, non seulement que le fichier électoral – base du corps électoral – était en pleine construction avec moins de 500.000 personnes enrôlées, et encore toutes de la province du Nord Ubangi, mais en plus le conclave du 4 octobre 2016 avait fini par préconiser l’encadrement et l’accélération de ces opérations. Preuve, si besoin est, que les événements dramatiques de septembre auraient pu être évités.

La seule évidence à retenir est qu’ils ont été voulus pour obtenir l’essentiel : les sanctions occidentales à l’encontre des officiels en charge de l’Appareil sécuritaire national : Armée, Police, Renseignements.

Chantage de cœur ou de chair

Du 4 octobre 2016 au 27 mai 2017, «Rassemblement» a abordé toutes les questions politico-diplomatiques, sécuritaires, économiques, sociales etc. se posant au pays, sauf celle de l’évaluation des opérations gérées par la Céni depuis le 31 juillet 2017.

A preuve, on ne trouve dans les médias aucune déclaration, aucun communiqué dans ce sens. On n’a enregistré aucun appel de cette frange importante de l’Opposition exhortant la population des aires électorales précédentes à s’enrôler. Les 22 ou 13 millions de Congolais qui se sont fait enrôler dans les autres aires opérationnelles ont entendu soit leur propre voix, soit celle de la Mp, soit des Opposants agissant à titre personnel.

C’est à croire que «Rassop» a levé l’option «PAS DE PRIMATURE, PAS D’ELECTIONS» ou encore «PAS DE PRESIDENCE CNSA, PAS D’ELECTIONS».

C’est si évident que lors de son intervention sur TV5 en avril 2017, Olivier Kamitatu a mis en doute la qualité du travail abattu par la Céni.

Que s’est-il alors produit sur ces entrefaites pour comprendre le revirement actuel ? Visiblement, l’Udps a lancé son mot d’ordre du «13 avril 2017» sans se référer à ses partenaires. Sa circulaire a donc tout d’un lâchage, d’une désolidarisation. Ce parti laisse aux autres membres de la plateforme, notamment G7 et AR pro-Katumbi, la responsabilité de se prononcer librement sur les opérations préélectorales en cours.

Les prochaines heures seront dures pour les partenaires.

Survenant en plus la veille du conclave de mutation de «Rassop» en «Front de résistance pour la défense de la démocratie», l’initiative solitaire de l’Udps est un coup dur pour la plateforme, contrainte à découvrir la fidélité de ce parti à son modus operandi institué depuis un certain 24 avril 1990 : s’allier au départ avec les autres pour engager en solo le sprint final à l’approche du point d’arrivée.

Reste à savoir si, cette fois-ci, il s’agit d’un choix de cœur ou de chair.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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