Par leur intitulé, les sanctions de l’Ue frappent en réalité la RDC !

  • Ceux qui estiment qu’elles s’appliquent à des individus ont tort…

 

Le document est intitulé «DECISIONS» et sous intitulé «DECISION D’EXECUTION (PESC) 2017/905B DU CONSEIL du 29 mai 2017 mettant en œuvre la décision 2010/788/PESC concernant l’adoption de mesures restrictives à l’encontre de la République démocratique du Congo». Il est publié dans le Journal officiel de l’Union européenne.

 

Pas forcément à Kaboul ou à Kigali, pas forcément à Lima ou à Lomé, on peut admettre que dans les chancelleries occidentales accréditées en «République de Gombe», on doit bien en mourir aux larmes en entendant le leadership congolais politique et civil se réjouir des sanctions de l’Union européenne à l’endroit d’Evariste Boshab, Gédéon Kyungu, Alex Kande, Jean-Claude Mazembe, Lambert Mende, Muhindo Akili, Eric Ruhorimbere, Emmanuel Ramazani et Kalev Mutond.

De Jean-Marc Kabund de l’Udps à Francis Kalombo affiché pro-Katumba en passant par Martin Fayulu de l’Ecidé, André-Claudel Lubaya de l’Uda, Georges Kapiamba de l’Acaj et autres Rostin Manketa de Vsv, chacun y est allé avec son langage pour soit féliciter l’Union européenne, soit redouter la réaction gouvernementale !

«Présentement j’éprouve le sentiment de grande joie parce que l’Union Européenne vient de comprendre que le Congo n’a pas de problème que Kabila et sa bande. En sanctionnant tous ces gens du pouvoir, l’UE donne raison au peuple congolais et au Rassemblement. Nous attendons voir ces sanctions être appliquées valablement parce que nous estimons que la bande à monsieur Kabila ne comprend pas que ce pays doit subsister après eux », a déclaré le secrétaire général de l’Udps au website www.politico.cd.

Comme s’il s’accusait lui-même d’avoir alimenté en infos les «sanctionneurs», Rostin Manketa est inquiet. «…les autorités congolaises ont clairement dit que si l’UE prenait des sanctions, elles allaient réagir. Nous craignons des réactions imprévisibles (…) Nous avons peur pour la population mais aussi pour nous, défenseurs des droits humains qui sommes souvent accusés à tort d’être le relais des puissances étrangères. Nous craignons qu’il y ait des retombées négatives sur nous», a-t-il affirmé sur TV5.

En clair, c’est une décision CONTRE la RDC

Entre-temps, le vrai débat est occulté.  En effet, pendant que les uns se réjouissent et les autres prennent peur (pour rien ?), la question de fond est de savoir si les sanctions frappent les 9 personnalités citées ou plutôt l’Etat congolais.

La réponse est dans l’intitulé de la Décision. Celle-ci porte sur la «mise en œuvre la décision 2010/788/PESC concernant l’adoption de mesures restrictives à l’encontre de la République démocratique du Congo» et non EN RDCongo.

En clair, c’est une décision CONTRE la RDC.

C’est alors surprenant mais surtout gênant et désolant de voir des Congolais se réjouir des sanctions prises à l’encontre de leur Etat, de leur Peuple, de leur Nation, bref d’eux-mêmes, pour autant qu’ils soient réellement des Congolais !

Dans la chronique intitulée «Vrai sens des sanctions. Le go de l’Ue à toutes les initiatives défiant l’Etat», la phrase finale est la suivante : «Dans tous les cas, la main noire congolaise qui s’est offerte pour cet exercice doit réaliser qu’elle fait semer à l’Union européenne non pas du bon grain, mais de l’ivraie… Et l’ivraie, on la brûle…».

On y est justement. Bruxelles doit vite brûler l’ivraie qu’on lui a fait semer. Elle a tout à gagner en retirant carrément sa Décision attentatoire à la dignité de la République Démocratique du Congo. D’ailleurs, quoi de plus normal que d’entendre la délégation de l’Union africaine, en séjour à Kinshasa, se demander «si l’UE n’est pas un peu trop détachée des réalités de la RDC».

Il est évident que cette institution se fie trop à la Belgique, ex-puissance coloniale, qui n’a que l’instrument Congo pour avoir du poids à Bruxelles, à Strasbourg et à Luxembourg.

Fait du hasard ou non : les sanctions sous-traitées par la «métropole» se singularisent par l’actionnement de l’axe Kasaï-Katanga, symbolisé par le Diamant et le Cuivre. L’histoire renseigne, hélas !, que la Belgique avait encouragé la sécession katangaise et kasaïenne au lendemain de l’accession du Congo-Belge à l’indépendance en utilisant cet axe.

Depuis, elle n’a jamais dit pourquoi.

Aussi, le leadership congolais qui se met depuis 1960 à son service en diabolisant systématiquement les autorités nationales successivement sous Kasa-Vubu, sous Mobutu, sous L-D. Kabila et sous J. Kabila doit-il être identifié, et vite, mais alors vite. Car il va certainement être réactivé même après le Raïs.

C’est le mal congolais.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

facebook : Omer Nsongo

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