Interview au journal Spiegel. Bon Dieu : J. Kabila attaqué pour avoir dit la vérité !

 

  • De la tenue des élections, il déclare : «Je n’ai rien promis du tout (…). C’est à la commission électorale de répondre à cette question». Il en appelle à «des élections aussi vite que possible»…

 

  • Du 3ème mandat, il déclare : «Je ne veux pas parler d’un troisième terme, parce que nulle part dans la constitution on parle d’un troisième mandat. C’est une invention d’esprits illuminés quelque part en Europe ou ailleurs»… 

 

Christophe Lutundula a un problème. Un sérieux. Portant sur lui toute la responsabilité de l’interprétation erronée des dispositions constitutionnelles (il a promu les thèses du vide juridique, de l’illégitimité et de l’illégalité des Institutions à mandat électif au plus tard le 19 décembre 2016 si la présidentielle n’était pas organisée au préalable et du fameux régime spécial), il est devenu négativement super-réactif à tout ce que dit la Mp ou son autorité morale. A preuve : la dernière interview du Président Joseph Kabila au journal allemand Spiegel dans sa version anglaise.  Vraisemblablement, il n’a pas eu le temps de la lire calmement ni de l’analyser froidement. Abondamment exploitée par les médias occidentaux dont Rfi, Bbc, Voa et La Libre (Belgique), cette prestation n’aligne pourtant que de vérités. Pour peu qu’il s’y soit penché, il n’y aurait pas trouvé la «confirmation» du rejet par le Chef de l’Etat de l’Accord du 31 décembre 2016 ni de la «Constitution». Il en est de même de «La Libre». Joseph Kabila n’a rien dit de contraire ni de nouveau qui ne soit connu de l’opinion. Au fait, le néo-opposant Lutundula est mal placé pour donner des leçons à qui que ce soit. Ni son parti propre (Msdd), ni son regroupement (G7), ni sa plateforme (Rassemblement) n’ont encore donné consigne à leurs militants de s’enrôler comme électeurs, donc comme éligibles. Preuve, si besoin est, qu’ils sont tous sur un schéma non-électoral…  

 

Sous le titre «Quand Kabila se lâche et inquiète !», le journal belge «La Libre», réputé proche de «Rassemblement/Limete», a commenté dans sa livraison du 3 juin 2017 cette interview.

Le paragraphe le plus intéressant pour tout observateur averti de la scène politique congolaise est sans doute celui venant après la première question relative au bilan. «Le Spiegel aborde ensuite l’accord du 31 décembre arraché par les évêques congolais. Accord qui inclut, poursuit la journaliste, ‘votre promesse d’organiser les élections avant la fin de cette année’». La réponse fuse : ‘Je n’ai rien promis’» (NdlR : Ce qui est exact, Joseph Kabila a toujours refusé de signer le moindre document sorti de ce dialogue sous l’égide des évêques de la Cenco, laissant le soin aux représentants de la majorité présidentielle de s’engager)», relève-t-il.

Hubert Leclerq – qui passe aux côtés de sa consoeur Marie France Cros pour un spécialiste de la RDCongo – semble avoir background désespérément limité pour avancer pareille assertion, et vive les dégâts.

En effet, par rapport aux négociations du centre interdiocésain, entreprises d’ailleurs à l’initiative du Président Joseph Kabila pour intégrer «Rassemblement» dans le schéma préconisé dans le Dialogue, il n’était nullement prévu que Joseph Kabila signât l’Accord de la Saint Sylvestre. Déjà, il n’a pas signé celui du Dialogue de la Cité de l’Union africaine ni du Dialogue intercongolais, à Sun City. Pourtant, il les a tous respectés. Ceci de un.

De deux, Hubert Leclerq est censé savoir que ce n’est pas l’Institution «Président de la République» qui est le pouvoir organisateur des élections en RDC. Depuis le Dialogue de Sun City, la charge revient à une Commission électorale. De  2005 à 2007,  c’était la Cei. Depuis, c’est la Céni.

Il dit vrai, encore vrai, davantage vrai

Lorsque le Président de la République dit alors qu’il n’a rien promis pour ce cycle, il dit vrai. D’ailleurs, il ajoute aussitôt : «Je voudrais que les élections soient organisées aussi vite que possible. Mais on veut des élections parfaites, pas n’importe quoi comme élections». C’est le travail de la Céni.

Devrait-on comprendre que son tort est d’accorder la priorité à la récupération du territoire national échappant au contrôle du Gouvernement même en cas d’élections ? Mais quel est cet acteur politique qui prendrait sur lui le risque de faire organiser des élections avec justement une partie du territoire national en proie à une insécurité de si haute intensité comme celle qui prévaut aux Kasaï ?

Peut-être que le tort du Président Joseph Kabila est d’avoir fait l’observation selon laquelle «Vous pouvez organiser des élections tous les jours, même demain » et de se demander «Mais quel sera le résultat d’élections chaotiques ? Le chaos» !

Hubert Leclerq poursuit son commentaire en révélant que «Les journalistes du Spiegel font remarquer que la non-tenue du scrutin présidentiel le 19 décembre dernier a déçu l’Europe ». Réplique de l’interviewé : «C’est une déception pour moi (…) ». Et le Chef de l’Etat de relever: «les mêmes Occidentaux voulaient que nous postposions les élections en 2011». Là aussi il dit vrai. A preuve, si pour premier cycle électoral (2005-2007) l’Union européenne avait déboursé 500 millions de dollars Us, pour le second, sa contribution n’a même pas atteint une trentaine de millions, d’ailleurs généreusement distribuée aux missions d’observation électorales congolaises sponsorisées (ONGDH en tête) roulant ouvertement pour l’Opposition.

Aussi, quand Joseph Kabila affirme dans son interview qu’«A l’époque, on a insisté que ces élections auraient lieu comme prévu», il dit davantage vrai. Le Gouvernement avait  financé à la hauteur de 400 millions de dollars Us toutes les étapes préélectorales et électorales ayant permis le scrutin du 28 novembre 2011.

Quant aux raisons pour lesquelles le scrutin de 2016 n’a pas été organisé à temps, elles sont deux, avance-t-il. Primo, l’explosion démographique avec plus d’électeurs à recenser. Cas de nouveaux majeurs pour lesquels chacun Opposant est allé avec ses estimations allant de 5 à 10 millions d’électeurs, nécessitant ainsi la refonte du fichier électoral. Secundo, l’effort de guerre pour combattre le M23. Là aussi, il dit vrai.

C’est à cette étape que le Président de la République estime qu’«On ne va pas financer de élections quand on doit combattre pour récupérer des morceaux de notre territoire», avant d’ajouter : «Je voudrais que les élections soient organisées aussi vite que possible. Mais on veut des élections parfaites, pas n’importe quoi comme élections».

Petite curiosité : «La Libre» ne reprend pas la phrase qui suit, relative à l’enregistrement des électeurs. Le Chef de l’Etat y affirme que cette opération «marche bien« , allusion faite aux opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs lancées le 31 juillet 2016. Il dit encore vrai.

La gêne du journal belge à ce propos s’explique par le silence de «Rassemblement/Limete», principalement le G7 et l’AR. Effectivement, au cours de ces 10 derniers mois, aucun leader, aucun parti, aucun regroupement membre n’a encore mobilisé sa base pour le fichier  électoral. Or, dit le président de la Céni Corneille Naanga, les élections, c’est d’abord le fichier électoral.

Opposants «désarmés»

Autre sujet ayant retenu l’attention du journal «La Libre» : la révision de la Constitution. Lorsque l’intervieweuse du Spiegel aborde la question, la répartie du Chef de l’Etat est claire : «Quand ai-je parlé de changer cette règle».

Observation intéressante : Joseph Kabila met quiconque au défi de «produire un texte ou un enregistrement de sa part évoquant le changement de la constitution». Et «La Libre» de noter : «Les journalistes du Spiegel poussent le président dans ses retranchements sur ce point. Kabila affirme que la constitution est très claire. (Elle n’autorise que deux mandats de cinq ans)». Ainsi, à la question de savoir s’il n’y aura pas un troisième mandat, le Président est catégorique : «Cela dépend de ce qu’on entend par troisième mandat (…) », répond-t-il avant d’affirmer : «On n’a pas l’intention de violer la constitution (…) Je ne veux pas parler d’un troisième terme, parce que nulle part dans la constitution on parle d’un troisième mandat. C’est une invention d’esprits illuminés quelque part en Europe ou ailleurs».

Il faut plutôt lire la dépêche de l’Afp, relayée par Voa, pour saisir la dimension exacte de la position du Chef de l’Etat au sujet d’une éventuelle réforme de la Constitution. «Je suis très clair là-dessus. Tout ce bla-bla sur un changement constitutionnel est un non-sens total», dit-il.

Pour peu qu’on soit honnête avec soi, on doit admettre qu’autant la journaliste du Spiegel a tenté de tirer les vers du nez de son interviewé, autant ce dernier s’est montré d’une grande rectitude, n’esquivant «aucune question», comme le reconnaît d’ailleurs «La Libre» qui, dans son chapeau, qualifie les réponses de «déroutantes, parfois inquiétantes et provocantes».

A dire vrai, elles ne peuvent l’être que pour ceux qui se voient «désarmés» par une interview dans laquelle ils ne trouvent rien à reprocher à Joseph Kabila. D’où tout le mal fou d’en faire un scoop avec le bout de phrase «Je n’ai rien promis du tout..».

«Est pris qui croyait prendre !», dirait-on de ceux qui ont tenté d’en déformer le sens.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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