Parrainé par Bruxelles. Le G7, un vrai danger pour la RDC ?

  • En 21 mois d’existence, il est parvenu à noyauter et à dynamiter l’Opposition radicale sans parvenir à en finir avec la Mp…

 

  • Depuis sa création en 2015, il est comme boudé du fait de n’avoir été rejoint par aucune autre formation ni personnalité politique

 

  Pierre Lumbi a tenu un point de presse le 20 juin 2017. Le choix de la date n’a rien de fortuit. C’est, en effet, celle au cours de laquelle le Dossier Kasaï devait être débattu au Conseil des Droits de l’homme à Genève. D’ailleurs, ce jour-là, il a été observé un mouvement suspect : le Haut-commissaire de l’Onu aux droits de l’homme s’est dit «consterné par la création et l’armement d’une milice, Bana Mura – qui soutiendraient les autorités dans la lutte » contre la rébellion Kamwina Nsapu, sans savoir pourtant ce que représente cette dénomination. Martin Fayulu a accordé à Rfi une interview intitulée «M. Kabila doit partir à la fin de cette année» et a consacré sa dernière réponse au Kasaï. La nonciature apostolique en RDC a annoncé le bilan de «3.383 décès signalés» depuis octobre dans les Kasaï. Et l’ombre de Sonia Rolley a été aperçue à Genève après avoir consacré au même sujet des émissions spéciales diffusées à grand renfort médiatique les jours précédents sur Rfi. Bref, une sorte d’«encerclement» pour mettre de  l’extérieur et de l’intérieur sous pression Joseph Kabila et les siens. «La grande casse arrive»,  prévenu José Endundo du G7…

 

C’est donc un Pierre Lumbi agressif qui annonce l’engagement non pas du «Rassop/Limete» – dont il préside le Conseil des sages – mais du G7 à lutter «contre vents et marées» pour l’organisation des élections «au plus tard en décembre 2017». Dans le cas contraire, affirme-t-il, «Le G7 exigera que la CENI organise les élections sous la supervision des Nations Unies étant donné qu’il n’y aura aucune institution légitime» au pays.

De l’interview du Chef de l’Etat accordée au journal allemand Der Spiegel, il tire la déduction selon laquelle la position affichée dissipe «toute équivoque sur son rejet de l’Accord du 31 décembre 2016». Pour lui, Joseph Kabila y démontre «qu’il n’est pas un interlocuteur fiable» aux motifs qu’«Il ne respecte ni la Constitution ni les lois de la République, ni les accords signés de bonne foi, ni même sa propre parole».

Aussi, considère-t-il que «Le G7 n’acceptera pas un troisième dialogue car il n’y a plus rien à négocier», déterminé qu’il est à ne donner «à personne ni l’occasion ni l’alibi pour précipiter le pays dans un gouffre aussi ténébreux dont il n’est pas évident qu’il sortira avant longtemps».

Conclusion : Le G7 rejette toute participation au Cnsa et Pierre Lumbi renonce à la présidence de cette institution. Page tournée.

Sans états d’âme

Page à ouvrir : celle du bilan du G7 de septembre 2015 à juin 2017, soit 21 mois d’existence, avec trois observations.

Première observation : le G7 va vers les autres. Précisément l’Opposition radicale. Pas l’inverse. On ne peut pas dire que son rapprochement ait fait avancer les choses. Les deux premiers objectifs affichés (tenue des élections et départ de Kabila) ont échoué.

Par contre, on a compté des personnes mortes, blessées et arrêtées, de même que des pillages à la suite de plusieurs manifestations publiques. Et encore, des manifestations sans fondement. Comme de celles des 19 et 20 septembre 2016 initiées pour contraindre la Céni de convoquer le corps électoral. Or, les opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs venaient de démarrer 50 jours plus tôt !

Fait gravissime : dans l’Accord du 31 décembre 2016, considéré aujourd’hui comme moins réaliste par rapport à celui du 18 octobre, «Rassemblement» a accepté le principe de la refonte totale du fichier électoral. Ce que la Céni est en train de faire.

Ainsi, des Congolais sont morts, blessés, pillés pour rien pour des manifs pour lesquelles le G7 a joué un rôle décisif.

Deuxième observation : le G7 sans présidentiable. Le principe, quand on crée un parti politique, est la conquête du Pouvoir d’Etat. Au sein du parti, il faut avoir un présidentiable. Hélas, au G7 aucun des 7 fondateurs n’en a l’étoffe.

En proclamant Moïse Katumbi son candidat à la présidentielle alors qu’il se rapproche de l’Udps, le G7 défie en fait ouvertement Etienne Tshisekedi qu’il sait fortement affaibli. C’est donc sans états d’âme qu’il va imposer au lider maximo le dernier parcours du combattant, le soumettant du 8 juin 2016 (à Bruxelles-Genval pour la création de «Rassemblement») au 24 janvier 2017 (jour du retour en Belgique pour le fameux contrôle médical), à une épreuve physique à la limite du «meurtre». On ne saura peut-être jamais le rôle joué par Fatshi dans ce qui a tout d’une instrumentalisation de son père.

Le constat est que le Sphinx est mort le 1er février 2017 et, depuis, Moïse Katumbi lie son propre retour au pays au rapatriement de la dépouille mortelle de celui de son principal concurrent à la présidentielle.

A la burkinabé

Troisième observation : le G7 materné par l’Occident pour s’imposer sur la scène politique intérieure. C’est par cette plateforme que des portes – qui se refermaient pour bon nombre d’Opposants congolais – vont commencer à se rouvrir.

Souvenons-nous-en ! Août 2014. Washington abrite le 1er sommet Afrique/Etats-Unis. En marge du forum, des « think thanks » américains comme Ndi et Ned organisent une sorte de casting pour les Opposants congolais : Kamerhe, F. Tshisekedi, Fayulu, Diongo, Kanku etc. y défilent. Résultat décevant. Au retour à Kinshasa, Fayulu et Diongo se rentrent dedans via les médias.

Décembre 2014 s’achève et commence janvier 2015. «Dynamique» projette sa manifestation du 19 pour empêcher l’Assemblée nationale d’adopter le projet de loi électorale. Le ton est au soulèvement populaire. A la burkinabé. Des consignes sont données : parents, pas d’envoi d’enfants à l’école ; commerçants, pas d’ouverture de boutiques; personnes âgées et vulnérables, pas de sortie de la maison.

Kinshasa vivra trois journées folles : 20, 21 et 22 janvier. L’Udps tentera de récupérer à son compte les manifs, mais en vain. Le 14 février, elle publie sa feuille de route pour le Dialogue avec comme participants, côté Kabila, toutes les forces politiques et sociales institutionnelles (Mp et Opposition parlementaire), côté Tshisekedi, celles qui n’en font pas partie. Pour l’Udps, les élections de 2011 sont la ligne de démarcation.

Bruxelles et le Katanga. Son Katanga

En basculant dans l’Opposition radicale en septembre-octobre 2015, le G7 se sait exclu du Dialogue. Il choisira carrément de le dynamiter dans tous ses formats : pourparlers Udps-Mp, Dialogue de la Cité de l’Ua, Négociations du centre interdiocésain.

Comme si cela ne suffit pas, il va réclamer à cor et à cri des élections sans cependant s’y investir soi-même. A preuve, depuis le lancement, par la Céni, des opérations d’enrôlement et d’identification des électeurs à Gbadolite le 31 juillet 2016, on n’a jamais entendu Pierre Lumbi ni Olivier Kamitatu, ni même Moïse Katumbi adresser un seul mot à l’électorat du G7 pour se mobiliser pour le recensement.

Visiblement, le G7 est sur un autre schéma, et ce schéma semble bénéficier du soutien de certaines puissances occidentales, Belgique en tête.

Seulement voilà : Bruxelles a un problème. Son intérêt pour la RDC a la couleur du cuivre. Et du cobalt. Et de l’uranium. Donc du Katanga. Son Katanga.

Aussi, dans cette affaire-là, les vrais acteurs du G7 sont Katumbi et Kyungu. Le premier se sait sans carrure nationale. Il veut la construire en s’appuyant sur l’Udps. D’où l’accompagnement de la dépouille mortelle du Sphinx. Le second est conscient de sa carrure provinciale. Quant à Lumbi, Kamitatu, Lutundula et Endundo, ils font juste de la figuration.

C’est en cela que le G7 est vrai danger pour la RDC, toutes les forces internes et externes déterminées à balkaniser ce pays s’étant rangées de son côté. D’où la forte mobilisation, en sa faveur, des think thanks, des ONGDH, des médias, des universités etc.  sponsorisés par des multinationales, elles-mêmes portant à bout de bras des partis politiques occidentaux dont les gouvernements dictent leur volonté à l’Onu et à l’Union européenne.

En tenant sa conférence de presse le 20 juin 2017 pendant que tout ce beau monde s’activait à Genèse, le G7 – par la voix de Pierre Lumbi – confirme la collusion…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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