Comme «Rassemblement/Limete». Cenco : pas d’appel clair à l’enrôlement électoral !

 * Par contre, les Evêques déplorent la «lenteur inquiétante» des opérations d’identification et d’enrôlement menées par la Ceni…

 

Intitulé «Le Pays va très mal. Debout Congolais !», le message de la 54ème assemblée plénière ordinaire des Evêques membres de la Cenco défraie l’actualité politique depuis sa publication le 23 juin dernier. Comportant 24 points, dont les deux premiers consacrés à l’introduction, du 3ème au 11ème à la situation économique et sociale, les 12ème et 13ème à la situation des droits de l’homme, ce message décrit du point 14 au point 17 l’origine de la crise et du point 18 au point 23 les solutions préconisées. Si au point 20, les Evêques encouragent «la poursuite de l’éducation civique et électorale ainsi qu’un engagement actif et pacifique de tous avant d’éradiquer les causes profondes de nos souffrances» tout en mettant en exergue  l’Accord de la Saint Sylvestre qualifiée d’«unique feuille de route», si également au point 21 ils considèrent que «La sortie pacifique de la crise actuelle exige la tenue des élections présidentielle, législatives et provinciales avant décembre 2017» – donc au plus tard fin novembre comme ne cesse de le déclarer Moïse Katumbi – c’est au même point cependant que se constatent les appréhensions justifiant le titre de la chronique…   

 

            Le message note exactement ceci au point 21 : «La sortie pacifique de la crise actuelle exige la tenue des élections présidentielle, législatives et provinciales avant décembre 2017, tel que le prévoit l’Accord politique du 31 décembre 2016. Aller aux élections suppose l’enrôlement qui s’effectue, malheureusement, avec une lenteur inquiétante. Bien préparer les élections, c’est aussi se faire identifier et enrôler pour que la Commission Electorale Indépendante (CENI) dispose d’un fichier électoral fiable pour convoquer les scrutins dans le délai convenu».

Aux points suivants, les Evêques condamnent «la violence d’où qu’elle vienne et réaffirmons le caractère sacré et inviolable de la vie humaine», demandent «la mise sur pied d’une enquête sérieuse et objective pour établir les responsabilités sur les atrocités commises au Grand Kasaï» et confient «le processus électoral à Dieu, Maître de l’histoire».

Ouvrons une parenthèse pour relever, au sujet de l’enquête, le rétropédalage de la Cenco. Sur Rfi, précisément au micro de Sonia Rolley le 21 juin 2017, c’est un Mgr Fridolin Ambongo frustré qui a réagi à la position du groupe africain ayant rejeté l’option d’une enquête internationale indépendante. «C’est une grande frustration que nous éprouvons. On se demande, est-ce que le groupe africain au niveau des Nations unies travaille pour le peuple africain ? C’est pour l’intérêt d’un petit groupe de petits copains parce que nous ne comprenons pas que, devant une situation aussi dramatique que ce qui s’est passé au Kasaï, un groupe de pays africains frères tergiverse, a demandé qu’on mène une enquête et qu’on fasse la lumière là où leurs frères et sœurs ont été massacrés» !

Pour rappel, la Cenco était pour une enquête internationale indépendante.

Initiative politiquement motivée…

Le constat à faire par rapport au titre de la chronique est que la Cenco, qui exhorte les Congolais à se mettre debout, n’enjoint pas le peuple de Dieu de le faire en participant activement et massivement à l’enrôlement. Pourtant, l’Accord du 31 décembre 2017 se prononce pour la refonte totale du fichier électoral.

Déjà, depuis le 31 juillet 2016 – date du lancement des opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs à partir de Gbdadolite, au Nord Ubangi – l’Eglise catholique romaine de la RDCongo observe à l’égard de ce travail titanesque le même attentisme caractérisant «Rassemblement», principalement son aile Limete, particulièrement sa frange katumbiste constituée de G7 et d’AR.

Il est effectivement de notoriété publique que de Moïse Katumbi à Delly Sessanga, en passant par Pierre Lumbi, Gabriel Kyungu, Christophe Lutundula, Olivier Kamitatu et autres Martin Fayulu, personne ne donne consigne à sa base à s’enrôler. On peut déduire de leur discours sur les élections qu’il est juste pour la consommation extérieure.

A dire vrai, ils jettent le doute sur la qualité des opérations en cours.

Aussi, fait du hasard ou non, la Cenco rejoint-elle leur position. Car, la lenteur inquiétante qu’elle relève ne l’a pas offusquée lorsque les mêmes opérations ont été menées à bien et à temps par la Céni dans 13 des 26 provinces où elles ont été clôturées. En l’occurrence celles du Nord-Ubangi, de l’Equateur, du Haut-Katanga, du Haut-Lomami, de l’Ituri, du Lualaba, du Maniema, de la Mongala, du Nord-Kivu, du Sud-Ubangi, du Tanganyika et de la Tshuapa.

Elle s’en offusque seulement maintenant pour les provinces où elles sont en cours, à savoir le Bas-Uélé, le Haut-Uélé, le Kasaï-Oriental, Kinshasa, le Kongo-Central, le Kwango, le Kwilu, Lomami, le Mai-Ndombe, Sankuru et la Tshopo. Et encore, c’est seulement à Kinshasa qu’il y a eu un problème de flottement dû, au demeurant, aux causes endogènes et exogènes. Si, en effet, la lenteur des opérateurs de saisie est à déplorer (causes endogènes), la même lenteur est liée aussi à la non-maîtrise des données d’identification par des candidats électeurs (causes exogènes). Certains compatriotes se présentent dans des bureaux sans rien savoir de leurs groupements, de leurs secteurs, de leurs territoires, voire de leurs provinces d’origine.

On peut également dire de la Cenco qu’elle s’offusque maintenant à cause du retard inévitable résultant de la situation sécuritaire dans le Grand Kasaï, précisément le Kasaï Central, le Kasaï ainsi que les territoires de Kamiji et de Luili, dans la province de Lomami.

Pour peu qu’elle soit honnête avec elle-même, elle ne peut imputer cette lenteur à la centrale électorale.

Quand alors, dans leur message du 23 juin 2017, les Evêques déduisent que «Bien préparer les élections, c’est aussi se faire identifier et enrôler pour que la Commission Electorale Indépendante (CENI) dispose d’un fichier électoral fiable pour convoquer les scrutins dans le délai convenu», ils savent à qui ils s’adressent.

Seulement voilà : ils s’abstiennent d’interpeller clairement les forces politiques et sociales qui «sabotent» subtilement la construction du fichier électoral du fait de ne pas mobiliser suffisamment leur électorat. On sait, à ce propos, qu’à l’exception de l’Udps – qui ne l’a fait d’ailleurs que dix mois après le lancement des opérations et encore lorsque le tour de Kinshasa est arrivé – aucune autre composante, aucun autre parti membre de «Rassemblement/Limete» ne se mobilise jusqu’à ce jour pour cet objectif. On ne peut trouver dans les dernières prises de position du G7, de l’AR et de Dynamique en rapport avec la tenue des élections au plus tard au mois de décembre 2017 trace d’un appel à accélération du processus d’enrôlement électoral.

Curieux : la Cenco ne le relève ni le déplore dans l’un ou l’autre des 24 points de son message. D’où le caractère politiquement motivé de son initiative…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s