Vérité dure… Tous savent les élections impossibles en 2017 !

  • Autrement, Rassop/Limete et la Cenco auraient produit une contre-expertise solide qui puisse confondre celle de la Céni…

 

  • Déjà, ni l’un, ni l’autre n’exhortent les Kasaïens à une cohabitation pacifique pour favoriser l’enrôlement des électeurs…

 

«Le président de la CENI explique que la non organisation ou tenue des élections au plus tard décembre 2017 était prévisible depuis les discussions autour des évêques. Raison pour laquelle dans l’Accord du 31 décembre 2016, on y a placé une brèche de glissement de la période transitoire au Chapitre 4.3 qui stipule : Du processus électoral ‘Les Parties prenantes conviennent de l’organisation des élections en une seule séquence la présidentielle, législatives nationale et provinciale au plus tard décembre 2017. Toutefois, le CNSA, le Gouvernement et la CENI peuvent unanimement apprécier le temps nécessaire pour le parachèvement desdites élections’». Ces propos sont de Christian Lumu Lukusa, président de la Ligue des Jeunes de l’Udps. Ils sont extraits du texte intitulé «Rencontre CENI et Jeunes du Rassop : Il n’y aura pas d’élections fin 2017 !» publié le 26 juin 2017 par le siteweb http://www.afriwave.com…

 

C’est donc au lendemain de deux sorties médiatiques remarquables que cette rencontre a eu lieu. La première remonte au 20 juin 2017 avec la conférence de presse du G7 animée par Pierre Lumbi, son président en exercice. La seconde au 23 juin 2017 avec le message «Le pays va mal. Debout Congolais» publié par les Evêques membres de la Cenco à l’issue de leur 54ème assemblée plénière ordinaire.

On ne peut alors pas lier aux deux prestations l’initiative sage de la Jeunesse de «Rassop/Limete» d’approcher la Ceni, question d’être édifiée soi-même en dehors des canaux officiels.

Une telle rencontre se négocie une ou deux semaines avant. Ce qui suppose que le rendez-vous a été pris autour du 15 sinon du 8 juin 2017. Cela veut concrètement dire que depuis début juin, la Céni savait le délai de novembre ou de décembre 2017 intenable, et avec elle toutes les forces politiques et sociales agissant en pole position. Cas, bien entendu, de la Mp, de «Rassemblement» (avec toutes ses ailes), de la Société civile (avec ses composantes les plus actives dont les Eglises toutes dénominations et toutes confessions confondues, les ONGDH et les médias professionnels).

On se souviendra que le 29 mai 2017, intervenant sur Rfi, Georges Chikoti, ministre angolais des Affaires étrangères, a entrevu la tenue des élections en 2018, période indiquée du reste dans l’Accord de la Cité de l’Ua du 18 octobre 2016.

Aussi, lorsque Corneille Naanga relève dans sa communication avec la Jeunesse de «Rassop/Limete» le 24 juin 2017 que «la non organisation ou tenue des élections au plus tard décembre 2017 était prévisible depuis les discussions autour des évêques» et il ajoute «Raison pour laquelle dans l’Accord du 31 décembre 2016, on y a placé une brèche de glissement de la période transitoire au Chapitre 4.3 » (au fait chapitre IV.3), il ne fait que confirmer une vérité connue de tous les protagonistes majeurs.

«A qui profite le crime ? »

A partir de cet instant, on se pose la question de savoir pourquoi la pression sur la tenue des élections impérativement AVANT décembre 2017 pour la Cenco (c’est-à-dire en novembre) et AU PLUS TARD décembre 2017 pour le G7 et Rassop/Limete.

Dire du pays qu’il va mal, c’est un constat normal au regard de la dégradation de la situation économique et sociale. Lier cependant l’amélioration de cette situation à l’application intégrale de l’Accord du 31 décembre 2016, c’est plutôt politiquement motivé, car la Majorité au Pouvoir peut aussi soupçonner ses adversaires internes et externes d’être à l’origine de la crise ! Après tout, entre 1990 et 1997, l’utilisation de l’arme monétaire au travers de la dollarisation, de la thésaurisation, de l’étranglement du système bancaire, de la contrefaçon et du recours à la planche à billets avait produit le même phénomène en observation aujourd’hui.

Que Christian Mwando en vienne à prédire un taux de change à 2.000 Fc pour 1 Usd d’ici à décembre 2017 si Félix Tshisekedi n’est pas nommé Premier ministre et Pierre Lumbi président du Cnsa (c’est cela l’application stricte de l’Accord du 31 décembre 2016 dans son entendement), on devrait bien se demander «A qui profite le crime» ! L’autre dirait : «Il n’y a rien de nouveau sous les cieux» !

A l’image du bœuf qu’on amène à l’abattoir

La question de fond reste toutefois posée : est-ce que les élections présidentielle, législatives et provinciales sont-elles réalisables en novembre (Cenco) ou en décembre 2017 (Rassop/Limete), même si les deux protagonistes se réfèrent au même Accord de la Saint Sylvestre ?

La réponse, la bonne et la vraie, appartient à l’expertise électorale.

Or, ce qui gêne tout observateur avisé, c’est le fait de réaliser que ni Rassop/Limete ni la Cenco, encore moins l’Onu, l’Union européenne et les Etats-Unis n’ont jusque-là produit une contre-expertise électorale qui convainque les Congolais de la mauvaise foi de la Ceni, comme relevé ci-dessus.

Pourtant, c’est ce que la rue avertie attend du leadership politique, religieux et médiatique censé lui procurer l’alternance démocratique. Elle en attend des précisions et non des  suppositions sur la faisabilité des élections en cette année ou non.

Ainsi, à l’image du bœuf qu’on amène à l’abattoir, le Congolais lambda est préparé à descendre dans la rue pour revendiquer la tenue d’un scrutin réputé hypothétique.  Pire, l’Eglise – sel et lumière du monde – s’offre aux politiques pour la sale besogne comme cela fut le cas un certain 16 février 1992 !

Or, c’est maintenant – et non demain – que les véritables leaders de la RDC se doivent, preuves à l’appui, mobiliser les Congolais autour du processus électoral assumé.

Maximiser la naïveté

Deux titres ont attiré l’attention des observateurs politiques. C’est dans les médias parus le 28 juin 2017. Le premier est «Kabila tranche : pas d’élections sans le Kasaï». Le second : «Corneille NANGA : ‘Nous n’irons pas aux élections sans le Kasaï’». Ils se ressemblent.

Constat intéressant et édifiant : alors qu’ils prennent préconisent un front pour la tenue à tout prix des élections en 2017, ni le G7, ni Rassop, ni la Cenco n’exhortent les Kasaïens à la cohabitation pacifique pour favoriser les opérations préélectorales.

Dans son communiqué du 26 juin 2017, le Conseil des sages de «Rassop/Limete» se limite au point 6 à appuyer la résolution du Conseil des Droits de l’homme des Nations Unies du 23 juin dernier préconisant le déploiement «d’une équipe d’experts internationaux indépendants». Dans le message «Le Pays va mal. Debout Congolais !», la Cenco se limite à demander au point 22 «la mise sur pied d’une enquête sérieuse et objective pour établir les responsabilités sur les atrocités commises au Grand Kasaï».

A leurs yeux, la pacification dans l’espace kasaïen a moins d’importance que la tenue à tout prix des élections fin 2017.

Peut-on alors, un seul instant, maximiser la naïveté au point de penser que ces protagonistes soient réellement pour des élections libres, crédibles, transparentes, démocratiques et apaisées (ouf !), et cela dans des délais vaguement déterminés dans l’Accord du 31 décembre 2016 ?

«Congolais telema : cette affaire te concerne» !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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