EDITORIAL. M. le Président, reprenez les choses en mains…

Deux faits d’une extrême gravité motivent cet édito : les derniers incidents du marché central de Kinshasa et l’appel du gouverneur de la BCC aux opérateurs miniers au sujet du rapatriement des devises.

Le premier tient de la «série» des raids opérés ces temps derniers sur des centres de détention. Le modus operandi est le même : des «commandos» attaquent à l’improviste des prisons et des cachots dont ils libèrent les prévenus et les condamnés, tuent et blessent des policiers et détruisent au passage les installations, les véhicules etc. En pleine ville essentiellement avec couverture médiatique garantie.

Le second tient de la «série» de la dépréciation du franc congolais face aux devises étrangères avec, en tête, le roi dollar.

Dans les deux cas, il y a attentat à la souveraineté nationale.

Que constate-t-on cependant en termes de réactions ?

Alors que sous d’autres cieux, il y a un resserrement des liens (cohésion nationale) pour y faire face, en RDCongo on assiste plutôt à un desserrement des mêmes liens sur fond de politisation à outrance des faits.

Ainsi, lorsqu’un commando sème la panique au marché central, tue son administrateur et ses proches, l’acteur politique en attribue l’initiative au Pouvoir au motif de vouloir généraliser l’insécurité au pays pour retarder les élections.  Ou lorsque le gouverneur de la Banque centrale stigmatise la violation, par les exploitants miniers, des lois auxquelles ces derniers sont soumis, notamment le rapatriement des devises, un présidentiable – de surcroît haut fonctionnaire à la Banque mondiale – vole plutôt au secours des fautifs et justifient scientifiquement le délit.

Bref, pour des raisons politiques de bas étage, les atteintes à la loi d’ordre sécuritaire et monétaire trouvent des défenseurs qui n’hésitent d’ailleurs plus de les lier à l’Accord du 31 décembre 2016, précisément au processus électoral.

Il suffit d’analyser les déclarations des forces politiques et sociales ayant pignon sur rue. Dans chacune, la dégradation de la situation sécuritaire et de la situation socioéconomique est présentée comme la conséquence normale de la non-tenue des élections en 2016 et de la perspective de non-tenue des mêmes élections en 2017.

Le plus choquant, c’est de voir des ex-sociétaires de l’Amp puis de la Mp, devenus Opposants à une année seulement de l’échéance de 2016, agir en plus grands pourfendeurs du régime sinon du système dont ils ont été à la fois les principaux bâtisseurs et les grands bénéficiaires. Ils ont de façon systématique et systémique empêché l’atteinte des initiatives politiques du Chef de l’Etat pour la gestion pacifique d’une «transition» conçue pour un bon processus électoral : pourparlers Mp/Udps, Dialogue de la Cité de l’Union africaine et Négociations du centre interdiocésain.

Réalisant à leurs dépens l’échec de toutes les stratégies de déstabilisation du Pouvoir qu’ils croyaient avoir suffisamment rongé de l’intérieur, les voici préconisant des schémas du genre «Elections sans Kabila», «Transition sans Kabila» avant, peut-être, de lancer une incongruité du genre «Kabila Président Régnant» dans l’éventualité de ne réussir ni l’un, ni l’autre. Evidemment, ils ont longtemps misé sur l’axe «Washington-Bruxelles» (lisez Etats-Unis/Union européenne) qui voit l’Afrique critiquer son omnipotence, à défaut de la combattre.

Cet axe ne va certainement pas mettre à mal ses immenses intérêts sur le continent pour une Opposition du dimanche ayant pour seul exploit notable d’avoir défait la vraie Opposition sans parvenir à détruire la Majorité présidentielle.

Le moment est donc propice pour Joseph Kabila de reprendre les choses en mains et d’engager le pays dans la voie du réarmement moral.

En le maintenant en fonction jusqu’à l’installation du Président de la République ELU et non CONVENU (alinéa 2 de l’article 70), la Constitution – et non les négociateurs politiques – fait de lui le «Chef de l’Etat» qui «représente la nation» et qui «est le symbole de l’unité nationale», mais aussi qui «assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions ainsi que la continuité de l’Etat». La Constitution, dont «veille au respect», le consacre en plus «garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la souveraineté nationale et du respect des traités et accords internationaux».

Les parties prenantes s’étant engagées elles-mêmes librement à respecter cette Constitution et les lois de la République, et l’ensemble du peuple congolais étant mobilisé pour les respecter, les faire respecter et même les défendre jusqu’au sacrifice suprême, la communauté internationale s’étant impliquée dans cette logique, rien, mais alors rien ne peut empêcher le Raïs de remettre de l’ordre dans la Maison Congo. Sa maison.

Il s’agit d’un devoir d’Etat.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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