Interview d’Ida Sawyer à «Jeune Afrique». Un Congolais demande à une américaine de se prononcer sur le sort de son Président !

 

Journaliste de profession très bien formé à l’Ecole de journalisme de Lille en France, Trésor Kibangula a certainement été chargé par sa hiérarchie de recueillir l’interview d’Ida Sawyer, directrice pour l’Afrique centrale de Human Rights Watch, actuellement installée à Bruxelles d’où «elle observe ce qui se passe en RD Congo». L’intervieweur signale qu’«en janvier dernier, elle a été reconduite à la frontière et son visa annulé. De passage à Paris», signale-t-il, elle «a accepté de répondre aux question de Jeune Afrique»…

 

Mise en ligne le 21 juillet 2017 à 19h47 avant d’être mise à jour à 20h06, l’interview est intitulée «Ida Sawyer : ‘La fortune de Kabila peut être l’une des raisons qui le poussent à s’accrocher au pouvoir’».

Les sujets abordés vont de l’annulation de son visa à la garantie d’une certaine immunité à accorder au Président Joseph Kabila, en passant par la situation sécuritaire au Kasaï, la nomination des nouvelles autorités nationales et provinciales au sein de la Police, le lien à établir avec l’instauration d’un état d’urgence au pays, le soutien du groupe africain à la candidature de la RDC comme membre du Conseil des droits de l’homme, la perspective de la crise politique en cours, les sanctions internationales contre les proches du Chef de l’Etat comme moyen efficace pour faire aboutir le processus démocratique et, tout naturellement, les révélations sur les avoirs de la famille Kabila.

Ne peut croire à un passage à Paris et à une visite à «Jeune Afrique» par simple courtoisie qu’un naïf quand on sait que la date du 21 juillet 2017 est au cœur de deux événements importants en RDCongo : le procès de Moïse Katumbi repris la veille à Lubumbashi et l’ouverture à Kinshasa du conclave de «Rassop/Limete» dans lequel l’ancien gouverneur du Katanga joue un rôle primordial en termes de lobbying puisqu’au final, il va bien falloir qu’il soit désigné candidat consensuel pour la présidentielle.

D’ailleurs, le fait pour l’intervieweur et l’interviewée de s’abstenir d’aborder les deux sujets relève d’un stratagème de diversion.

Malheureusement pour les deux, tout le monde n’est pas dupe.

La déontologie et l’éthique en prennent un sérieux coup

Ce qu’il existe malgré tout des esprits avertis pour appréhender la trame véritable de la sortie médiatique d’Ida Sawyer et la perfidie de ceux qui l’ont carrément mise entre les mains de Trésor Kibangula pour la sale besogne.

En effet, en dehors de la première question portant sur l’annulation de son visa, le reste a tout d’une dictée orientée pour réponses planifiées.

Exemple concret : la question numéro 2 formulée en ces termes : «On assiste  à une aggravation horrible de la situation des droits humains en RD Congo.  Après votre départ, le pays a connu ces derniers mois une recrudescence d’actes de violences, caractérisée notamment par des affrontements au Kasaï, des attaques ciblées des parquets…».

Réponse-relais : « Depuis mon départ en août, on assiste en effet à une aggravation horrible de la situation des droits humains à travers le pays. La répression politique se poursuit. Des arrestations des activistes, des étudiants, des opposants et de leurs proches nous sont signalées chaque jour».

Déduction : Ida Sawyer se donne le beau rôle de protectrice des populations congolaises. Elle veut prouver qu’après elle, c’est le déluge…

Autre exemple : la nomination des nouveaux responsables de la Pnc. Pour Ida Sawyer, «Symboliquement, ces remplacements démontrent que le pays se dirige vers la militarisation de la police». Elle considère que «Le fait de nommer comme commissaire général de la police un officier qui était chef d’état-major adjoint chargé des opérations au sein de l’armée, c’est un très mauvais signal. Cela voudrait dire que les forces de la police qui ont une responsabilité de protéger la population et de maintenir l’ordre public sont désormais contrôlés par un militaire».

Déduction : Ida Sawyer veut dicter aux autorités congolaises la conduite à suivre en matière de sécurité publique pendant que l’insécurité s’accroît. En d’autres mots, elle entend justifier son job par la persistance de l’insécurité. Ainsi, son premier ennemi a un nom : la restauration de la sécurité en RDCongo. Normal : elle a étudié les Droits de l’homme à Columbia University. Les Droits humains sont son gagne-pain.

Autre exemple : la résolution de la crise en cours en RDC. Pour Ida Sawyer, «le président Kabila n’a pas montré un signal pour dire qu’il est prêt à partir. On assiste plutôt à une excuse avancée après l’autre pour retarder le processus électoral».

L’analyste averti constate facilement l’esquive des aspects techniques reconnus pourtant par lors de la dernière réunion de l’Oif tenue à Paris le 7 juillet dernier. D’ailleurs, on ne l’a pas entendue à cette occasion, elle qui se mêle de tout.

Déduction : Ida Sawyer ne veut pas se faire accrocher par la Céni.

Autre exemple : les sanctions internationales. Dans sa réponse, Ida Sawyer dit : «Contrairement au Burundi, les autorités congolaises voyagent beaucoup à Paris, Bruxelles, Londres voire aux États-Unis. Beaucoup de leurs membres de familles habitent ou étudient à l’étranger. Les sanctions internationales les affectent donc personnellement».

Déduction : activiste des Droits de l’homme, Ida Sawyer ne sait même pas faire la différence entre officiels et leurs familles.

Autre exemple : les révélations sur les intérêts financiers de la famille du Président de la République. «Cela peut être l’une des raisons qui poussent le président à s’accrocher au pouvoir. C’est un élément très important à prendre en compte dans l’analyse des voies de sortie de crise en RD Congo», affirme-t-elle.

C’est un non-sens que de s’accrocher au pouvoir – susceptible de basculer à tout moment – pour «sauver» les affaires privées qui, elles, sont généralement montées pour la vie.

Mais, l’intérêt de l’interview se résume au lien établi entre cette question d’intérêts financiers et la garantie d’immunité. «Ce n’est pas à Human Right Watch de faire une telle proposition. Nous essayons plutôt de comprendre pourquoi le président Joseph Kabila ne veut pas quitter le pouvoir. La richesse qu’il a accumulée au pouvoir constitue donc un élément important de l’analyse», répond-t-elle.

Déduction : Ida Sawyer suggestionne une voie de sortie pour le Chef de l’Etat congolais, et c’est un Congolais qui la demande à  l’américaine qu’elle est !

Qu’on en dise ce qu’on veut : l’évidence est que la déontologie et l’éthique en prennent un sérieux coup.

Victime de l’engeance…

Il est connu de tout le monde que la Rédaction de «Jeune Afrique» est constituée d’éminents journalistes non Congolais qui se seraient généreusement offerts pour l’estocade. Apparemment, un responsable a cherché à mettre à l’épreuve le confrère âgé de 34 ans et en face une américaine de la même génération «motivée» plus par la haine (lisez sentiment) que par la raison.

Au fait, le confrère est lui aussi «victime» de l’engeance qui instrumentalise depuis un certain temps la jeunesse congolaise parce qu’elle croit de moins en moins dans la combativité des Opposants dits «historiques» et dans la capacité des Opposants super-médiatiques.

Cette engeance est en train de créer les «Kadogo» de la recolonisation. Etrangers et nationaux. Très actifs dans les «ONGDH», les «think tanks», les «fondations», les «médias», les «mouvements pro-démocratie», les «universités», les «instituts de sondage», les «églises» etc., ces «Kadogo» sont comme «formatés» pour atteindre l’objectif des décideurs.

S’agissant notamment des «Think tanks», le «Journal du Management» note que les Etats-Unis «en compte aujourd’hui plus de mille cinq cent» et que ces institutions privées, «a priori non partisanes, sans but lucratif et indépendantes, jouent un rôle majeur dans la vie publique, économique et politique américaine».

Par des agents comme Ida Sawyer, elles recrutent.

Le Congo étant fertilisé, on devine la suite.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

 

PROCHAINEMENT

 

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