PARLONS-EN ! «Dossier proches de Kabila» : révélations ou diversion ?

 

  • Pour balancer des dossiers sans lien aucun avec le processus électoral, Rassop/Limete ne pouvait que profiter des deux événements du 20 et du 22 juillet 2017 focalisant l’actualité l’un sur la reprise du procès de Moïse Katumbi à Lubumbashi, l’autre sur l’ouverture du conclave de «Rassop/Limete»… 

 

Les 19 et 20 juillet 2017, l’opinion a été littéralement «bombardée» de révélations sur les affaires concernant les proches du Président de la République. D’abord par un tweet de Sonia Rolley de Rfi, ensuite par un document faisant état d’une enquête menée par Bloomberg. Il ressort d’une dépêche de Radio mondiale que «L’enquête de Bloomberg est un prélude à un rapport à paraître ce 20 juillet du Groupe d’étude sur le Congo et du Pulitzer Center», enquête «qui risque de faire du bruit en République démocratique du Congo, alors qu’actuellement les caisses de l’Etat sont vides et que les élections qui sont censées entraîner le départ du président Kabila, chef du clan, sont repoussées, notamment au motif qu’il n’y a pas assez d’argent pour les financer». Au fait, les médias de l’Hexagone semblent se charge de la besogne, et le résultat escompté est garanti dans la mesure où les «scoops» sont vite relayés par les réseaux sociaux, et le buzz étant au rendez-vous. D’ailleurs, loin d’être un fait du hasard, un Opposant de la 25ème heure ou du dimanche, Olivier Kamitatu pour le citer, s’affiche en chef d’orchestre de la «musicalité» donnée aux fameux dossiers…

 

Seulement voilà : lorsque les intentions sont machiavéliques, la cuirasse ne peut qu’avoir son défaut de fabrication. Cas justement du Groupe d’étude sur le Congo, GEC en abrégé ?

C’est quoi, ce groupe ? Dans un document datant du 5 août 2016 intitulé «Congo : une bataille électorale périlleuse», GEC se présente comme «un projet de recherche indépendant, à but non lucratif, dédié à la compréhension de la violence qui affecte des millions de Congolais». Il soutient que toutes ses recherches «se nourrissent d’une connaissance historique et sociale approfondie du problème en question». Basé «au Centre de coopération internationale de l’Université de New York (Center on International Cooperation, New York University)», il travaille «en collaboration avec le Centre d’études politiques de l’Université de Kinshasa».

            Dans le même document du 5 août de l’année dernière, le GEC avait fait au Gouvernement de la République Démocratique du Congo un certain nombre de recommandations dont celles consistant à «Déclarer clairement que Joseph Kabila ne sera pas candidat aux prochaines élections, et que l’article 220 de la constitution ne sera pas révisé», à «Fournir les moyens nécessaires pour que la Commission électorale nationale, indépendante (CENI) puisse organiser les élections à la date prévue et de façon transparente», à «Garantir la liberté de rassemblement et d’expression des citoyens, y compris par le biais de manifestations», à «Libérer les prisonniers politiques», à «Nommer de nouveaux membres au sein de la CENI pour garantir la représentativité de l’opposition», à «Publier conjointement avec l’opposition et la société civile un agenda et une liste restreinte des invités au dialogue politique, ainsi que des termes de référence clairs pour la facilitation», à «Signer un code de bonne conduite pour le processus électoral», à «Restructurer le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) et renforcer la Commission nationale des droits humains (CNDH) » et à «Donner priorité aux élections présidentielles et législatives nationales dans le calendrier électoral».

On a là quasiment le cahier des charges de «Rassemblement» aux négociations du centre interdiocésain sous la médiation de la Cenco.

Autant dire du «copier-coller».

Lien entre Berci d’Olivier Kamitatu et GEC de Jason Stearns

Lorsque se produisent les événements du 19 au 20 septembre 2016, GEC est tout naturellement là. Dans l’article du journal «Le Monde» mis en ligne à 17h16 le dernier jour sous le titre «En RDC, l’élection présidentielle s’éloigne, le pouvoir réprime», Cyril Bensimon, son auteur, reprend la réaction de Jason Stearns présenté comme «un ancien responsable du groupe d’experts de l’ONU qui dirige désormais le Groupe d’étude sur le Congo». A en croire ce spécialiste de la RDC, «Le vrai dialogue est désormais dans la rue. Pour obtenir des concessions des autorités, l’opposition sait qu’elle doit organiser de nouvelles manifestations, même si malheureusement cela mène à de nouvelles violences».

Mais, la partie intéressante, c’est Rfi qui va la livrer dans la foulée de la célébration du 20ème anniversaire de l’avènement de l’Afdl. Sous le titre «RDC : le pessimisme des citoyens sur la situation politique de leur pays», Radio mondiale révèle le 17 mai dernier qu’«Une vision morose de la situation politique du pays, une cote de popularité en baisse pour le président Kabila, ou la difficile émergence d’un leader de l’opposition après la mort d’Etienne Tshisekedi, ce sont les principaux enseignements d’un sondage d’opinion publié mardi 16 mai par le Groupe de recherche sur le Congo de l’université de New York et un bureau d’études, le BERCI. Un sondage réalisé en février et avril 2017 à l’échelle nationale, sur échantillon de plus de 1 000 Congolais majeurs, avec une marge d’erreur de +/-3% et qui comporte des comparaisons avec un précédent sondage des mêmes acteurs réalisés en mai 2016».

La dépêche note : «Quant au président Kabila, sa popularité est en chute : il compte 24% d’opinion favorable, soit 15 points de moins en 10 mois (…)».

Mais, le paragraphe clé est celui-ci : «les leaders bénéficient globalement d’une meilleure popularité que Joseph Kabila, avec un pic à 88% d’opinion favorable pour Moise Katumbi. L’opposant en exil est aussi désigné comme la meilleure personne pour remplacer Etienne Tshisekedi à la tête du comité de suivi de l’accord, et comme favori à la présidentielle, si l’élection se tenait maintenant».

Dans la chronique du 18 mai 2017 intitulée «Lobbying aux Etats-Unis : L’Université de New York entraînée dans un sondage politisé» est évidemment établi le lien entre le bureau d’études Berci (propriété privée d’Olivier Kamitatu) et GEC. Ainsi, «Vice-président du G7 en charge des Relations extérieures, Olivier Kamitatu a réalisé l’exploit de faire mettre la science au service de Moïse Katumbi, son candidat à la présidentielle, grâce à sa firme de services BERCI, créée sous la Transition 1990-1997», écrivions-nous.

Le 31 mai 2017, Katumbi le nommera son porte-parole en soulignant, dans un communiqué de presse publié à Bruxelles, que ce dernier «porte un message clair, celui du respect de la constitution et de la prise en compte de l’aspiration du peuple. Parce que nous partageons ensemble ces convictions, il portera maintenant aussi ces messages pour moi». En réponse, l’heureux promu écrira sur son compte tweeter : «Je remercie @moise_katumbi pour sa confiance. Porter sa parole dans son juste combat en faveur du peuple Congolais est un tres grand honneur».

Trouver quelque chose de piquant…

Depuis, le porte-parole ne rate plus la moindre occasion pour tirer, mais alors tirer et tirer sur Joseph Kabila, sa famille politique et surtout sa famille biologique.

Pas plus tard que le 13 juillet dernier, il a repris à son compte l’info sur le fameux yacht Enigma XK, avant de s’en éloigner dès qu’il a constaté la bourde.

Comment pouvait-il alors ne pas profiter des deux événements du 20 et du 22 juillet 2017 focalisant l’actualité l’un sur la reprise du procès de Moïse Katumbi à Lubumbashi, l’autre sur l’ouverture du premier véritable conclave de «Rassop/Limete» à Kinshasa ?

Il apparaît clairement que les révélations faites dans les médias ne sont rien d’autre qu’une diversion pour détourner l’attention de l’opinion de l’essentiel, à savoir un procès susceptible de disqualifier le candidat Moïse Katumbi de la présidentielle, surtout quand on sait que ce conclave est, en soi, un test de vérité pour toutes les composantes par rapport à l’échéance du 31 décembre 2017.

Du conclave, pas grand-chose n’est sorti en dehors des journées «ville-morte» programmées pour les 8 et 9 août 2017 et le soutien aux manifestations de Lucha présentées en « avertissements » à l’application de l’article 64 interprété non pas comme la Constitution le préconise, mais comme rejet de «s’acquitter des impôts, taxes, redevances, factures de la SNEL et de la Régideso», en plus de l’exigence de la publication des résultats de l’enrôlement électoral au plus tard le 31 juillet 2017.

Preuve, si besoin est, que le conclave n’a rien offert de crédible.

Il fallait simplement lui trouver quelque chose de piquant. Des révélations sur les intérêts financiers des proches du Chef de l’Etat…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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