Visiblement aux abois, Rassop/Limete a organisé son conclave SDF !

 

  • Première preuve : silence total sur le chronogramme négocié au centre interdiocésain, pour autant qu’il existe. Deuxième preuve : silence total sur l’Arrangement particulier originel, pour autant qu’il existe également. Troisième preuve : silence total sur le démarrage de l’enrôlement des électeurs dans les Kasaï…

 

Les lampions du conclave organisé par Rassop/Limete se sont éteints le samedi 22 juillet 2017, au second jour de ce forum ouvert la veille au centre Béthanie. Du Rapport final d’une quinzaine de pages, on peut relever plusieurs initiatives tape-à-l’œil ! Par exemple : deux journées «ville-morte» programmées les 8 et 9 août 2017, soutien aux manifestations du mouvement pro-démocratie Lucha et application de l’article 64 de la Constitution non pas comme cela y est stipulé mais avec une variante violant délibérément l’article 65 selon lequel «Tout Congolais est tenu de remplir loyalement ses obligations vis-à-vis de l’Etat.  Il a, en outre, le devoir de s’acquitter de ses impôts et taxes». Une vieillerie remontant aux années 1990-1991 et rappelant la sortie de l’Union sacrée, bénéficiaire du lobbying du clan Udi issu du Mpr fait privé. Plus d’un quart de siècle plus tard, l’histoire se répète avec «Rassop», bénéficiaire du lobbying du clan G7 issu de la Mp. DEMONSTRATION…

 

La première grande information est la réclamation de «la publication, sans tarder, du calendrier électoral tenant compte de la date butoir du 31 décembre 2017 pour les scrutins présidentiel, législatifs et provinciaux, étant entendu que Joseph Kabila ne briguera pas un troisième mandat».

C’est là un genre d’ultimatum qui ne ressemble pas à « Rassemblement ». Ce qui lui ressemble, en effet, est dans les exigences suivantes. Il est question respectivement de «la publication des résultats des opérations d’enrôlement des électeurs au plus tard le 31 juillet 2017 par la CENI comme elle s’y est engagée» et de «la convocation de l’électorat au plus tard le 30 septembre 2017». Juste pour rappeler les 90 jours prévus à cet effet à l’article 73.

Se jouant de la naïveté de «sa rue», «Rassop/L» s’abstient cependant de citer l’article de l’Accord du 31 décembre 2017 engageant la Centrale électorale à produire à l’échéance du 31 juillet prochain le fichier électoral. Cette échéance, pour rappel, est plutôt indiquée à l’article 3 de l’Accord du 18 octobre 2016 rejeté autant par «Rassemblement» que par la Communauté internationale. Ceci de un.

De deux, imposer à la Céni la publication des résultats d’enrôlement à une semaine de l’échéance revient à exclure les Kasaï dudit fichier. Et, tout naturellement, à  rendre incomplet le corps électoral.

De trois, Rassop/L se révèle incapable d’indiquer l’article de l’Accord du 31 décembre 2016 prévoyant au 30 septembre 2017 la convocation dudit corps.

Petite curiosité : entre le 31 juillet et le 30 septembre 2017, il organise deux « journées ville-morte » sans les motiver.

Au fait, par ces journées ville-morte sans justificatif tenable ni défendable, les conclavistes ne font rien d’autre que rééditer l’exploit de septembre 2016 avec les incidents du 19 et du 20. On se souviendra qu’à l’époque, «Rassemblement» avait fait pression sur la Centrale électorale pour convoquer le corps électoral pendant qu’il savait pertinemment bien que les opérations de confection du fichier électoral venaient de commencer une cinquantaine de jours plus tôt à Gbadolite. Il y aura des morts, des blessés, des arrestations et des pillages qui amèneront Américains et Européens à prendre des sanctions à l’encontre des officiels en charge des questions politiques et sécuritaires.

Et voilà qu’au moment où il est certain que le fichier électoral, soumis à la refonte totale au terme du point IV.1. du chapitre IV consacré au Processus électoral, est incomplet notamment en raison de la situation sécuritaire dans les Kasaï, Rassop/L veut relancer les initiatives SDF (Sans Direction Fixe) dont il s’est fait une spécialité…

Vouloir une chose et son contraire à la fois !

A preuve, pendant qu’il soutient que «ni la Constitution, ni les lois de la République et, encore moins, l’Accord de la Saint Sylvestre ne donne pouvoir au Président de la CENI ou à une quelconque institution de la République de renvoyer ou de reporter une élection, et, de surcroît celle prévue par la loi suprême», pendant qu’il annonce à partir du 1er octobre 2017 des actions de résistance «jusqu’au départ de Joseph Kabila du pouvoir et du bureau de la CENI», faute de convocation du corps électoral pour «les scrutins électoraux prévus au 31 décembre 2017 au plus tard », «Rassop/Limete» se contredit en soutenant que «L’Accord politique global et inclusif du Centre interdiocésain n’a prévu que la possibilité d’ajustement de la séquence électorale à trois scrutins initialement prévue, s’il advenait un cas de force majeure qui ne permettrait plus un couplage de la présidentielle, des législatives et de provinciales».

Effectivement, parmi les attributions du Cnsa, il y a l’appréciation consensuelle du «temps nécessaire pour le parachèvement desdites élections avec le Gouvernement et la CENI» en cas justement de force majeure, et c’est justement ce que Corneille Nangaa est en train de soutenir. C’est au point VI.2.3. du chapitre VI au Mécanisme de suivi de l’Accord politique et du Processus électoral dénommé Cnsa.

Autre preuve confirmant les initiatives SDF, les conclavistes ne font même pas allusion aux lois sans lesquelles – ils le savent pourtant bien – la Céni ne pourra pas publier le calendrier électoral et, même si elle le faisait, elle ne saurait pas l’exécuter méticuleusement. Il s’agit, on s’en doute, de la loi électorale et de la loi sur la répartition des sièges.

C’est incroyable qu’un «Rassop» composé de constitutionnalistes de formation et de profession doublés, les uns, de la qualité de parlementaires et les autres d’une expertise avérée en matière de sécurité de l’Etat, se permette une si grave omission.

Qu’ils tiennent leur légitimité et leur légalité de l’Accord du 31 décembre 2016 comme ils le veulent, cela ne leur enlève pas la qualité de députés nationaux et de sénateurs détenteurs, concurremment avec le Gouvernement, de l’initiative des lois, selon l’article 130 de la Constitution.

Dans la foulée, pas un mot à l’adresse de l’Assemblée nationale et du Sénat pour la convocation d’une session extraordinaire, voire en prévision de la session ordinaire de septembre prochain.

Résultat catastrophique : la plateforme réclame la tenue des élections «justes, transparentes, inclusives, crédibles et pacifiques » devant se tenir « au plus tard le 31 décembre 2017 conformément à l’Accord politique, global et inclusif du Centre interdiocésain de Kinshasa» mais exclut, peut-être sans le savoir ni le vouloir, les deux autres séquences électorales dont la deuxième comprend les sénatoriales et l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces (aucune période n’y est indiquée) et la troisième, fixée en 2018, comprend les locales, les municipales et les urbaines.

Les conclavistes semblent donc ne pas savoir que l’Accord du 31 décembre 2016 court de 2017 à 2018.

C’est cela, vouloir une chose et son contraire à la fois !

«Bakisa dose», «Faute ya commerçant», «Faute ya mondele»

Autre initiative SDF : pendant qu’il exige le «respect absolu de la Constitution» et évoque l’article 64 sans son alinéa 2, «Rassop/Limete» viole lui-même la Loi fondamentale, précisément l’article 65. Ce dernier dispose : «Tout Congolais est tenu de remplir loyalement ses obligations vis-à-vis de l’Etat. Il a, en outre, le devoir de s’acquitter de ses impôts et taxes». Or, le chantre du respect de la Constitution préconise parmi les actions de désobéissance civile «en vertu de l’article 64 de la Constitution» notamment le non acquittement de «tout impôt, taxes, redevances publiques, factures de la SNEL, REGIDESO…» pendant qu’il décrit la morosité de la situation économique et sociale. On est de plain-pied dans la pub Werrason «Bakisa dose», c’est-à-dire en rajouter à la crise !

Le cocasse est qu’au cours du conclave, les participants ont dressé l’état de la Nation et en ont déduit «une double crise de gouvernance et de légitimité des dirigeants, conséquence logique d’une gestion calamiteuse et de plus en plus privatisée de la République Démocratique du Congo par le régime de Joseph Kabila au pouvoir depuis 16 ans». Parmi les signataires (et certainement les auteurs) du Rapport final, des membres du G7 qui ont été aux affaires les uns depuis une quinzaine d’années, les autres une dizaine, avant de basculer dans l’Opposition en septembre-octobre 2015, y foutant un désordre jamais connu au cours de ces 27 dernières années ! Et ces «ex-collaborateurs» doivent avoir bénéficié de la fameuse gestion calamiteuse de l’Etat !

De quoi rappeler la complainte de Simarro Masiya «Faute ya commerçant !», le «commerçant» étant évidemment l’axe Washington-Bruxelles, sponsor de «Rassop/L», et  «Faute ya mondele», relaie Pepe Ndombe ! Car, au regard des options levées, ce qui reste de la plateforme créée à Bruxelles-Genval en juin 2017 a offert à sa «rue» un conclave SDF, si bien qu’on en vient à se demander à quelles fins a-t-il été tenu.

Visiblement, «Rassop/L» est aux abois. Il donne de la voix juste pour être entendu. En évoquant d’ailleurs le 3ème dialogue dont il impute l’initiative à Joseph Kabila, il en suggestionne en réalité l’organisation. Une vieille recette héritée du lider maximo qui la maniait pour gagner du temps. Recette qui a fini par le desservir…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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