Effet boomerang. Accusé Global Witness : répondez !

  • La République Démocratique du Congo est depuis le 19 juillet 2016 l’épicentre d’un «tremblement médiatique» tout à fait artificiel, concocté par deux ONG et une agence financière qui ont cru lever un gros lièvre en publiant deux rapports visant au travers de ses proches le Chef de l’Etat en personne. Retour de manivelle…

 

Il va bien falloir que l’ONG Global Witness, financée par le milliardaire américain George Soros, apporte la preuve que la raison est toujours  de son côté après les précisions livrées aux médias le 24 juillet 2017 par le ministère congolais des Mines ainsi que l’Itie au cours d’une conférence de presse organisée à Plaza hotel, ex-Chez Nicolas. Car c’est la crédibilité même de toutes les ONG internationales sponsorisées par ce milliardaire, notamment Human Rights Watch, Transparency International, Amnesty international, International Crisis Group, Reporters sans frontières en plus des organisations sous-traitantes congolaises comme Asadho, Acaj, Jed, Filimbi, Lucha etc., qui en prend un coup. Un sérieux…

 

Comment, du reste, en serait-il autrement devant des chiffres authentiques affichés publiquement par les orateurs du jour, à savoir le ministre des Mines, Martin Kabwelulu, le directeur général de la Gécamines, Jacques Kamenga, et le coordonnateur de l’ITIE (Initiative pour la transparence des industries extractives), Jérémie Mack Dumba.

Ces chiffres s’appliquent aux paiements déclarés par les sociétés minières au cours des exercices 2013 à 2015, soit 4.923.104.865 USD, répartis entre plusieurs organismes publics et aux communautés locales, au nombre desquels la Dgrad, la Dgda, la Dgi, la Direction des recettes du Katanga, l’Occ, le Fpi etc.

Le montant certifié étant de 3.371.833.212 USD, l’ITIE s’est étonnée du fracas avec lequel Global Witness a fait annoncer par les médias occidentaux le 21 juillet 2017 la dissipation des 750 millions de dollars américains en mettant en exergue, d’un côté, la corruption, de l’autre, la morosité de la situation sociale.

Pourtant, on n’en serait pas là si seulement la tradition avait été respectée par le «lanceur d’alerte». Dans la pratique, les sociétés minières communiquent leurs rapports à l’ITIE en même temps qu’au Gouvernement et à la Société civile. Avant la publication du rapport annuel, les parties concernées se soumettent les données recueillies de façon à dégager une concordance. Lorsque celle-ci fait défaut, elles procèdent à des enquêtes pour identifier les éléments de discordance.

Ce qui est au moins sûr, c’est que l’ITIE-RDCongo, créée en 2005, fait certifier régulièrement ses rapports par un cabinet d’avocats britannique dénommé Moore Stephens. En 2015, elle a fait décrocher au Congo le trophée de pays conforme aux normes ITIE, les écarts de concordance étant de moins de 1% actuellement alors qu’ils étaient par le passé à plus de 65 %.

Au cours de la conférence de presse du 24 juillet 2017, Martin Kabwelulu a rappelé le processus d’adhésion enclenché effectivement en 2005. Il a fallu 9 ans pour que la RDCongo soit déclarée pays conforme. «La RDC est engagée à poursuivre ses efforts dans ce processus pour relever le défi de la transparence dans les industries extractives et tous les rapports sont dûment validés par un sujet qui du reste est britannique», a-t-il précisé avant de constater «avec beaucoup de regret que l’interprétation est apparemment très orientées vers une mauvaise voie». En d’autres termes, considère-t-il, «ce rapport a plusieurs connotations politiques».

Il a évidemment demandé à connaître la relation à établir «entre la publication du rapport de l’ITIE et le maintien du Président Kabila au pouvoir»…

Du rapport Global Witness, il a donné l’éclairage selon lequel «Global Witness a publié une compilation d’amalgame des chiffres tirés du rapport publié par l’ITIE-RDC et d’un tas de données sur le Président Kabila, faisant volontairement une lecture à l’envers des chiffres», soulignant au passage que «Les rapports de l’ITIE RDC contiennent toutes les informations concernant les 750 millions de dollars qui auraient prétendument échappé au Trésor public».

Il a déploré la lecture «à l’envers les informations contenues dans le rapport» !

Tandis que du rapport GEC-Bloomberg, il est d’avis qu’il s’agit ni plus ni moins que «là de la provocation, des faussetés parce que tous les contrats sont publiés sur le site du ministère des Mines».

Coordonnateur national de l’ITIE, Jérémie Mack Dumba va relever que «Si Global Witness et M. John Peter s’étaient adressés à l’ITIE », il aurait pu, à son niveau, «leur expliquer la répartition de ce montant». Et de supposer que les rapports de son organisme étant rédigés en français, «il est possible qu’ils aient fait une mauvaise traduction».

Les incompatibilités

Il se trouve dans la Constitution des articles qui fixent des incompatibilités entre les fonctions du Président de la République avec certaines activités professionnels.

A l’article 96, l’incompatibilité se matérialise avec «l’exercice de tout autre mandat électif, de tout emploi public, civil ou militaire et de toute activité professionnelle ».

A l’article 98, tout comme les membres du Gouvernement, le Président de la République ne peut ni par lui-même, ni par personne interposée, acheter, acquérir d’aucune autre façon ou prendre en bail un bien qui appartienne au domaine de l’Etat, des provinces ou des entités décentralisées. De même qu’il ne peut nullement «prendre part directement ou indirectement aux marchés publics au bénéfice des administrations ou des institutions dans lesquelles le pouvoir central, les provinces et les entités administratives décentralisées ont des intérêts.

Et l’article 99 qui l’astreint à «déposer, devant la Cour constitutionnelle, la déclaration écrite de leur patrimoine familial, énumérant leurs biens meubles, y compris actions, parts sociales, obligations, autres valeurs, comptes en banque, leurs biens immeubles, y compris terrains non bâtis, forêts, plantations et terres agricoles, mines et tous autres immeubles, avec indication des titres pertinents». Ce patrimoine, indique cet article, «inclut les biens du conjoint selon le régime matrimonial, des enfants mineurs et des enfants, mêmes majeurs, à charge du couple».

Par patrimoine familial s’entend ce que le Président de la République, son épouse et leurs enfants ont en commun et non chacun de son côté.

Or, il y a dans le rapport GEC-Bloomberg un amalgame au travers du fait de vouloir passer les biens des frères et des sœurs du Chef de l’Etat comme un patrimoine de la famille au sens élargi africain intégrant cousins, nièces, mère, tantes, frères, cousines, oncles, grands-parents, petits-fils etc., voire belles-mères, gendres…

Les incompatibilités s’appliquent aussi à Jaynet Kabila Kyungu et à Zoé Kabila du fait de leur mandat de parlementaire. Ils ne peuvent pas être en même temps membre du Gouvernement, membre d’une institution d’appui à la démocratie, membre des Forces armées, de la Police nationale et des services de sécurité, magistrat, agent de carrière des services publics de  l’Etat, cadre politico-administratif de la territoriale, à l’exception des chefs de collectivité-chefferie et de groupement, mandataire public actif, membre des cabinets du Président de la République, du Premier ministre, du Président de l’Assemblée nationale, du Président du Sénat, des membres du Gouvernement, et généralement d’une autorité politique ou administrative de l’Etat, employé dans une entreprise publique ou dans une  société d’économie mixte ou tout autre mandat électif. C’est à l’article 108 qui ajoute : «Le mandat de député national ou de sénateur est incompatible avec l’exercice des fonctions rémunérées conférées par un Etat étranger ou un organisme international». C’est tout.

On n’est pas loin de soupçonner un chantage

Ces évidences établies, Global Witness est donc en position d’accusé qui se voulait accusateur. Il va devoir répondre, et le faire le plus rapidement en évitant toute diversion. Car, il est obligé de sauver la crédibilité des ONG de l’empire George Soros financées via la fondation «Open Society Institute».

L’opinion aura constaté sur ces entrefaites qu’en se précipitant à publier leurs rapports sans prendre au préalable les avis des personnes «incriminées», Global Witness et GEC ont résolu de discréditer les proches du Chef de l’Etat à l’identique de ce qu’ont fait les Américains et les Européens au travers des sanctions prises à l’endroit de plusieurs officiels congolais.

Lorsque Rfi établit alors que les révélations faites sur Zoé Kabila le jeudi 20 juillet 2017 «n’était finalement qu’un prélude» et qu’«Un rapport du groupe d’étude sur le Congo et du Pulitzer Center publié dans la foulée va plus loin» (au fait le 21 juillet), tout esprit lucide ne peut que se demander pourquoi l’écart de 24 heures !

On n’est pas loin de soupçonner un chantage.

Malheureusement, le destinataire véritable a une capacité de résilience insoupçonnée, surtout quand l’estocade sent la manipulation, l’intoxication, la désinformation.

Dix jours après le lancement de l’alerte, une semaine après les réactions du Gouvernement et de l’ITIE, tout le monde le constate : Global Witness se drape dans un silence embarrassant.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

Paru dans Forum des As le 31 juillet 2017

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