Affaire Tshimanga Ben Tshimanga. L’Udps entre la violence verbale et la violence physique !

  • Ce parti a la culture de ne jamais tenir la comptabilité des victimes. Il n’a aucune idée du nombre de combattants morts, blessés ou arrêtés de 1990 à ce jour…

 

Depuis son entrée au Gouvernement le vice-ministre de l’Intérieur Basile Olongo ne que maintenant son véritable baptême du feu. A la base : le lien établi par les autorités de la Pnc entre, d’une part, des criminels «recrutés à Kinshasa dans un réseau du mouvement insurrectionnels ayant servi sous le label de Kamwina Nsapu et instrumentalités par certains politiciens» (dixit le colonel Pierrot Mwanamputu, porte-parole de la Police nationale congolaise) et, de l’autre, les incidents qui se produisent ces temps derniers dans la capitale avec les attaques des lieux de détention (prison centrale de Makala et cachots des parquets), de même que des lieux publics, cas du marché central…

 

Des investigations menées par les services de sécurité, il ressort que le premier suspect a pour nom Tshimanga Ben Tshimanga. Etudiant à l’Unikin, il serait, indique-t-on, un agent de protocole au secrétariat général de l’Udps. L’intéressé, révèle-t-on, a personnellement affirmé avoir été recruté à Kinshasa « le 14 mai 2017 par la branche kinoise de la milice de Kamwina Nsapu», signale l’Apa dans son bulletin du 31 juillet 2017.

Comme il fallait s’y attendre, l’Udps a réagi avec virulence en quadrillant les médias. « C’est de la provocation pure et simple que d’impliquer l’UDPS dans ces montages. L’UDPS a toujours prôné les méthodes pacifiques. Ces déclarations de la police sont l’œuvre de la famille politique du président Kabila», a déclaré Augustin Kabuya, porte-parole du parti.

«Ivre de la soupe et du miel du pouvoir, Basile Olongo croit détruire le parti d’Étienne Tshisekedi l’accusant d’être un mouvement tribal de Kamwina Nsapu (…). Non ! Ce n’est pas des petits complots montés de toutes pièces qui anéantiront l’UDPS, parti du peuple. Combattre le SG Jean-Marc Kabund ou le président du Rassemblement Félix Tshisekedi croyant ainsi anéantir l’UDPS est une utopie», a lancé Peter Kazadi, ancien conseiller juridique d’Etienne Tshisekedi.

C’est Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi qui va cependant enlever la palme de la meilleure contre-attaque : «Je demande, j’ordonne, j’exige à ce pouvoir finissant d’arrêter la comédie (…) Vous ne pouvez pas faire croire ça même au plus idiot des êtres humains. L’UDPS a plus de 35 ans d’existence, elle a toujours prôné la non-violence comme méthode de lutte et au contraire de ce qu’affirme ce pouvoir finissant, les victimes se comptent non pas là où on nous le dit. Qu’on arrête de manipuler l’opinion, d’ailleurs cette opinion ne croit pas un seul mot de cette comédie qui s’est passée hier. Il n’y a pas d’accointance entre l’UDPS et les milices qui sèment la mort (…).le pouvoir sait d’où viennent ses milices et c’est à lui de s’expliquer», a-t-il dit, avant d’annoncer que «l’UDPS va recourir à tous les moyens possibles et imaginables pour faire arrêter cette campagne nauséabonde, mensongère destinée à salir l’UDPS».

Ces réactions ont quelque chose de disproportionné au motif que la première question de fond est simplement de savoir si OUI ou NON Tshimanga Ben Tshimanga est agent de protocole au secrétariat général du parti. La deuxième de savoir si OUI ou NON le parti est au courant de ses activités subversives. Après tout, même tant que membre de l’Udps, il peut bien avoir une autre occupation ignorée de la hiérarchie.

Or, en sortant l’artillerie lourde comme elle vient de faire, celle-ci agit comme si elle prend peur. Reste à savoir de quoi.

Mode opératoire connu

On aurait pourtant souhaité le voir dénoncer et stigmatiser avec la même hargne le «milicien» qui conditionnait, via une vidéo diffusée entre février et mars dernier, la cessation des hostilités par la désignation de Félix Tshisekedi au poste de Premier ministre conformément, soutenait-il, à la lettre «testamentaire» d’Etienne Tshisekedi.

La vérité historique est qu’à l’Udps, le critère premier de militantisme est le verbe acerbe. Tous ceux qui ont eu par le passé le verbe policé ont été éliminés : Lihau, Mbwankiem, Birindwa, Gisanga, Mukendi, Massamba etc. Par contre, les forts en gueule du genre Frédéric Kibassa, Valentin Mubake et autres François Mpwila ont réussi à s’y installer longtemps.

Aujourd’hui, on assiste à l’avènement du tandem Fatshi-Kabund. La leur de langue, les deux savent l’utiliser pour blesser, choquer. Dans la chronique du 30 avril 2017 intitulée «Présidentiable, Un ‘primaturable’ au langage ordurier nous est né !», allusion a été faite aux termes «débat de caniveau», «menu fretin» ponctuant le langage de Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi. Qu’on veuille bien l’admettre ou pas, c’est le signe d’une éducation ratée.

Il y a donc-là à l’Udps une concentration de violence verbale avérée.

Or, une telle violence a de pire le fait de nourrir généralement la violence physique, et cela de façon inconsciente. L’Udps a beau se déclarer, clamer et se proclamer parti récusant la non-violence, mais la réceptivité de son discours par la base produit l’effet contraire.

A preuve : sur 10 marches organisées jusque-là par ce parti, au moins 8 se terminent par des morts, des blessés, des arrestations et des pillages. Sur 10 «journées ville-morte » initiées ou cautionnées par le même parti, au moins 8 se terminent de la même manière. Un esprit éveillé pourrait engager la responsabilité des forces de l’ordre dans la répression des marches. Peut-il l’engager cependant pour des «journées ville morte» censées retenir les gens chez eux ?

La vérité est donc là : la violence ou la contre-violence est un mode opératoire connu des dirigeants de l’Udps. Des dirigeants qui ne se préoccupent même pas de savoir combien sont-ils, les combattants morts, blessés ou arrêtés en 27 ans de processus de démocratisation. Leur intérêt semble se résumer à avoir chaque mois, chaque année, chaque décennie le plus de victimes possibles.

Si cela ne relève pas de la violence programmée, de quelle logique alors se réclame-t-elle ?

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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