«Sorosgate». Les Congolais de la Galaxie Soros : qui sont-ils ?

  • «Le continent africain, auquel la fondation Soros entend consacrer près de 70 millions de dollars en 2017, offre une bonne illustration de la méthode qui est celle du milliardaire philanthrope pour promouvoir sa vision de la société». C’est là un pactole qui faire courir acteurs politiques, activistes des droits de l’homme, mouvements pro-démocratie, médias affairistes congolais…

 

Ils sont légion, les Congolais à préconiser le changement de l’ordre institutionnel dans leur pays en se référant au Burkina Faso. D’où le «soulèvement à la burkinabé» évoqué à tout bout de champ. Combien, cependant, ont-ils une idée précise de la manière dont ce coup avait été préparé ? Certainement peu nombreux. Il faut peut-être lire l’ouvrage de Stéphanie Erbs, Vincent Barbe et Olivier Laurent pour en circonscrire le contexte. Paru dans la collection «Guerre de l’Information» dirigée par Christian Harbulot, cet ouvrage est intitulé «LES RESEAUX SOROS A LA CONQUETE DE L’AFRIQUE» avec pour sous-titre «Les réseaux d’influence à la conquête du monde». De la page 41 à la page 61, on pénètre dans les méandres de «Sorosafrique», système comparable à «Françafrique». Dans le chapitre «Soros au cœur des révolutions populaires : illustration au Burkina Faso et en RDC», l’introduction, à elle seule, vaut la reproduction intégrale…

 

«Parmi les pays dans lesquels Soros est intervenu pour animer la protestation contre les régimes en place, nous avons choisi de réaliser un focus sur deux d’entre eux : le Burkina Faso et la RDC. Ces deux exemples illustrent comment, de l’Afrique de l’Ouest à l’Afrique centrale, dans des contextes très différents, Soros emploie de leviers sensiblement identiques, conformes à ceux décrits ci-dessus : – en première ligne figurent les mouvements d’opposition soutenus par Soros ; – la dynamique est nourrie par des média d’une part, des ONG d’autre part, les uns et les autres soutenus par Soros ; – en arrière-plan se retrouvent chaque fois les autorités américaines, avec lesquelles (…) George Soros agit en étroite concordance», y lit-on.

Dans le sous-chapitre «BURKINA FASO : coup de balai sur le régime Compaoré», les auteurs notent à l’entame : «L’exemple du Burkina Faso, où les mouvements d’opposition soutenus par George Soros ont conduit à la chute du régime Compaoré, permet d’observer a posteriori le rôle de Soros dans l’orchestration du soulèvement, de sa genèse à son aboutissement». Parti politique principal (UPC), mouvement pro-démocratie (Balai Citoyen), webtélé Droit Livre TV, ONG (International crisis group, Freedom House), missions d’observation électorale (Codel) ont été mis à contribution pour le soulèvement populaire. Washington a allumé la mèche.

Ainsi, en page 48, sous l’intertitre «…et les Etats-Unis en arrière-plan», est décrit le coup de main américain. Extrait : «Ainsi, le 16 juillet 2014, des membres du Balai citoyen, dont le rappeur Sams’K Le Jah, rendent une visite de ‘courtoisie’ à l’ambassade des Etats-Unis à Ouagadougou. La rencontre suit de peu le retour de l’ambassadeur américain Tulinabo Mushingi d’une grande tournée à travers le Burkina Faso à l’occasion de laquelle, de septembre 2013 à mai 2014, il rencontre les gouverneurs de toutes les régions et plus de 1.000 membres d’associations communautaires. Il s’en félicite d’ailleurs à l’occasion de la fête nationale américaine, le 4 juillet 2014, lors des célébrations organisées dans son ambassade en présence de l’épouse du Président Compaoré et de quelques membres du gouvernement burkinabé».

La partie intéressante est toutefois celle-ci : « ‘Malgré tous les progrès accomplis, le Burkina n’a pas encore vécu une transition pacifique et démocratique ; donc la peur d’un avenir incertain est présente’, déclare l’ambassadeur, qui appelle la population burkinabée à ‘se sacrifier pour prôner l’alternance’ et se dit prêt à ‘accompagner la Commission électorale nationale indépendance (CENI), parce que des élections libres, justes et transparentes sont la marque de ce processus démocratique ». Pour les auteurs, c’est un «message sans équivoque, en ligne avec le discours des associations soutenues par Soros».

Lucha, Filimbi, Front citoyen 2016…

Ce que cependant ils ne révèlent pas, c’est que Tulinabo Mushingi, actuellement ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal, né le 4 août 1956, est d’origine congolaise. Il est natif du Kivu, ce Kivu où Lucha a fait son apparition et dont est originaire un certain Pierre Lumbi du G7, avec feus François Kandolo et Dr Elias Numbi sont à considérer comme les précurseurs de la Société civile en 1990. Coïncidence ? Peut-être…

Bien que créé à Goma en 2012, Lucha n’a été réellement actif qu’à partir de 2015. De même que Filimbi. Les deux vont coaliser lors de la rencontre de l’Ile de Gorée, en décembre de la même année, pour former le «Front citoyen 2016» avec la participation des personnalités politiques comme Vital Kamerhe, Felix Tshisekedi, Martin Fayulu, Eve Bazaïba etc., de même que des activistes des Droits de l’homme comme Jean-Claude Katende et Georges Kapiamba. Le 3 janvier 2016, Moïse Katumbi va annoncer son ralliement.

En page 53, les auteurs relèvent que les deux mouvements pro-démocratie congolais Lucha et Filimbi «bénéficient par ailleurs des conseils et du support opérationnel d’associations subventionnées par Soros. Filimbi et Lucha sont l’un et l’autre membres du collectif Africtivistes soutenus par Soros».

Un peu plus loin avec suite en page 54, ils soulignent : « …les deux mouvements comptent dans leurs équipes des personnalités proches des réseaux Soros. Le site Internet de Lucha est enregistré au nom de Glenys Babock (gbabcock@pragmora.com), Présidente de Pragmora, organisation spécialisée dans la résolution de conflit, qui est membre exécutif d’Amnesty International, une ONG financée par Soros». Présentée en «experte en résolution de conflit et en processus de démocratisation, Glenys Babcock – relèvent les auteurs – «a notamment conseillé l’armée américaine et a été consultante à la Rand corporation, think tank américain notoirement proche du département d’Etat et des services de renseignements américains» ! (c’est en page 58).

Autre think tant américain reconnu «influent, proche des milieux de la Défense et du Département d’Etat : l’Atlantic Council». Parmi ses directeurs honorifiques : «Madeleine Albright et Wesley Clark, deux proches de Soros (…)», signalent-ils avant d’ajouter : «Un autre opposant congolais, Moïse Katumbi, intervient lui aussi devant l’Atlantic Council, à l’invitation d’un membre du think tank, le Général James Logan, ancien conseiller à la Sécurité national du Président Obama et directeur du Brent Scowcroft Center on International Security».  Il est bon de rappeler que ce général à la retraite, patron de la société d’intelligence et de sécurité «Jones Group International», est impliqué dans le recrutement des agents de protection de l’ancien gouverneur du Katanga, parmi lesquels l’ex-marine Darryl Lewis.

De Filimbi, ils écrivent : «Quant à Floribert Anzuluni, fondateur de Filimbi et coordinateur du Front citoyen 2016, ce fils d’un ancien cacique du régime Mobutu est proche de Paul Nsapu, Président de la Ligue des électeurs (membres du Front citoyen) et secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), organisation financée par Soros». Ils livrent cette précision de taille : «…leurs associations respectives, Filimbi et Ligue des électeurs, en partenariat avec l’ASADHO, ont créé ensemble un fonds de soutien aux activistes pro-démocratie en RDC, avec pour vocation de soutenir tout mouvement citoyen ou individu militant pour la démocratie et le respect des droits de l’homme en RDC». Fait important à noter : le «Manifeste du Citoyen Congolais» signé le 18 août dernier avec comme participants Pr André Mbata et Dokolo Sidinka a été négocié trois jours durant au siège de la Fidh !

Quoi de plus normal que d’assister à la prolifération des structures similaires au nombre desquelles celles qui ont organisé la marche SDF du 31 juillet 2017, soupçonnées par Justin Bitakwira d’avoir perçu chacune 50.000 USD ! Regroupées dans «Collectif d’Actions de la Société Civile de la RDC», ces structures sont «Acaj», «Aeta», «Compte à rebours», «Chemin de la paix», «Cocorico», «Idgpa», «Il est temps», «Merou», «Feso», «Ujscc», «Remed», «Lucha», «Vsv», «Anm», «Forum»,  «Michée» et «Idel». En prévision de cette marche, elles ont reçu le soutien de Katumbi !

Encerclement du Pouvoir en place via les médias

Il n’y a pas que des politiques et des activistes des droits de l’homme. Il y a aussi les médias (page 54). Il en ressort que «Ces mouvements d’opposition congolais sont soutenus par une dynamique générale entretenue par des medias proches de Soros. Ainsi, Radio Okapi, clairement anti-Kabila, est-elle soutenue par la Fondation Hirondelle, dont OSF est partenaire en matière de conception des opérations et de financement». Il en ressort également qu’«En parallèle, à l’international, le Monde Afrique, dont l’un des partenaires n’est autre qu’OSIWA, relate la crise congolaise en RDC. Faisant la part belle aux mouvements citoyens, le traitement de l’information semble dénoter un parti pris plutôt favorable à l’opposition».

Suit une liste d’ONG intervenant sur des sujets divers, mais surtout participant «à un véritable encerclement du pouvoir en place» en se servant principalement des médias : Human Rights Watch, International crisis group, Amnesty international, Groupe d’Etude du Congo, Global Witness, mais aussi – citées en page 18 – «Journalistes en Danger», «Africa Freedom of Information Centre» etc.  «L’action de ces associations est soutenue par de puissants réseaux internationaux tels que Reporters Sans Frontières (RSF) ou International Freedom of Expression Exchange (IFEX), le plus grand réseau mondial d’ONG militant pour la liberté d’expression, l’un et l’autre régulièrement financés par OSF», donc par George Soros.

En page 17, les auteurs circonscrivent les trois leviers principaux du milliardaire américain : «les media comme vecteurs d’opinion, les mouvements citoyens comme supports d’action et les ONG comme catalyseurs du changement».

En page 31, il est dit des attaques «combinées» de ces ONG qu’elles «ont ainsi contribué à déstabiliser plusieurs régimes auxquels Soros est notoirement hostile» et, en page 38, il est révélé que les mêmes «ONG de la galaxie Soros restent en effet très critiques à l’égard des chefs d’Etat qu’il a contribués à promouvoir» !

Deux traders : Soros et Katumbi

La question est alors de savoir pourquoi le milliardaire américain est-il ostensiblement hostile au régime congolais et ouvertement acquis à l’opposition congolaise, d’ailleurs plus au G7 de Moïse Katumbi qu’à l’Udps d’Etienne Tshisekedi.

Christian Harbulot, directeur de l’Ecole de Guerre Economique, note que «La démarche que Soros suit en Afrique s’appuie» sur le principe selon lequel «Il est d’autant plus facile de déstabiliser des cibles économiques en passant par des protestataires locaux ou des ONG afin de bénéficier de leur légitimité pour affaiblir l’adversaire».

Dans l’introduction intitulée «Pourquoi Soros, pourquoi l’Afrique ?», l’action du milliardaire est décrite en ces termes : «Elle permet à George Soros d’établir des conditions de marché favorables à ses investissements, voire lui donne un avantage décisif dans ses opérations de spéculation», car l’homme n’est rien d’autre qu’un trader, un spéculateur boursier. Les auteurs de l’ouvrage soulignent d’ailleurs que «George Soros développe ainsi depuis plusieurs années en Afrique, activement quoi que discrètement, des opérations dans plusieurs grands secteurs d’activité, mines, hydrocarbures, agriculture, énergie et télécoms principalement…».

En page 11, ils reconnaissent que leur étude «a été compliquée par l’opacité de l’univers Soros, son principal fonds d’investissement ayant été récemment transformé en family office pour échapper aux obligations de transparence dont il se fait pourtant le chantre ; sans compter que Soros agit rarement de façon directe mais privilégie l’intermédiaire d’associations, ONG et autres leviers d’action indirecte».

Ainsi, l’homme qui réclame des autres la transparence n’est pas lui-même transparent. D’ailleurs, les ONG et les mouvements pro-démocratie congolais qu’il finance par ses fondations sont loin de pratiquer la transparence. Comme pour ne pas remonter la filière de la corruption.

Pourquoi alors Soros en veut si tant à Joseph Kabila dès lors que la diabolisation dont ce dernier est la cible semble obéir à une consigne dans ce sens ? La tentative de réponse est que le Raïs congolais ne cède pas au chantage auquel, vraisemblablement, a déjà cédé le G7 piloté par le premier trader congolais, Moïse Katumbi.

Selon www.journaldunet.com, un trader «…est une personne qui travaille sur les marchés financiers» et dont l’objectif premier «est d’acheter un actif financier (une devise, une action, une obligation…) et de le revendre plus cher, pour dégager une plus-value». Il n’a rien d’un investisseur.

Or, pour son développement, la RDC a plus besoin d’investisseurs que de traders.

C’est donc choquant de voir les relais congolais (Opposition, ONGDH, mouvements pro-démocratie, médias…), financés par George Soros, se servir des concepts nobles (Démocratie, Etat de droit, Droits de l’homme, Elections et Alternance politique pour, en réalité, couvrir l’affairisme du premier trader mondial…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s