Lancé à Paris le 18 août 2017, «Manifeste du Citoyen Congolais» : encore du Soros !

 

  • La liste des signataires trahit la manipulation avec, par exemple, l’usage des stylos différents entre l’identification et la signature des participants, voire l’absence de signatures pour certains noms…

 

  • Il se trouve même d’incongruités incroyables : l’un des professionnels des médias qui signe « journaliste ngagé » alors que ses confrères se présentent en «journalistes engagés»…

 

  • Si pour des choses aussi simples, on se permet de tels ratages, on imaginable la catastrophe qui s’annonce pour des choses plus importantes…

 

Ile de Gorée en décembre 2015 pour accoucher du «Front citoyen 2016», Bruxelles-Genval en juin 2016 pour «Rassemblement», Paris en juillet 2017 pour «Coalition des Congolais pour la Transition», encore Paris en août 2017 pour «Manifeste du Citoyen Congolais» pendant qu’on parle de «Mouvement Debout Congolais», les Congolais confirment au monde le seul sport dans lequel ils excellent : la prolifération de tout créneau perçu comme prometteur (lisez financièrement rentable). Ce qui est valable en politique avec plus de 500 partis et une cinquantaine de regroupements l’est aussi en «politicaille» avec des centaines d’ONGDH aussi corruptibles les uns que les autres. Et dans cette engeance, des noms émergent ces temps derniers, surtout ceux des activistes des droits de l’homme et des «jeunes» des mouvements pro-démocratie « managés » par les fondations du milliardaire américain George Soros…

 

Juste un exemple lorsqu’on consulte la liste des signataires du «Manifeste du Citoyen Congolais» apparaissent les noms de Carbone Beni, Floribert Anzuluni, Naguy Godhi et Robert Njangala pour Filimbi (5, 16, 31, 31), Georges Kapiamba pour Acaj (17), Gérard Bisamu pour Aeta (18), Hubert Tshiswaka pour Irdh (22), Jean-Claude Katende pour Asadho (23), Paul Nsapu et Mukadi Muenyi Nsapu pour la Ligue des électeurs (32 et 39) etc.

Du point I au point IX, comme procédant au «copier-coller», les signataires répètent quasiment les mêmes mots pour exprimer les mêmes préoccupations : expiration du mandat de Joseph Kabila depuis le 19 décembre 2016, appel au peuple congolais de recourir à l’article 64 de la Constitution en cas de tentative de se maintenir au pouvoir au-delà du 31 décembre 2017, exigence de son départ et mise en place d’une Transition à désigner dans le cadre d’une concertation nationale avec pour mission principale d’organiser les élections, mise en place au cours de cette transition d’un nouveau système de gouvernance, exigence de la libération immédiate des prisonniers politiques et de la réouverture des médias fermés, exhortation des compatriotes de l’armée, de la police et des services de sécurité à respecter leurs missions, appel à tous les Congolais, aux confessions religieuses, aux étudiants, aux jeunes, aux femmes, aux mouvements citoyens, aux syndicalistes, aux médecins, aux enseignants, aux professeurs, aux fonctionnaires, aux artistes, aux partis politiques et aux Congolais de la Diaspora à adhérer massivement au Manifeste, participation à la grande campagne d’actions politiques et non violentes pour ramener l’ordre constitutionnel et, bien entendu, appel à la communauté internationale «à accompagner le peuple congolais dans sa quête légitime de la liberté et de la démocratie».

Quand on prend les déclarations de l’Ile de Gorée à la création du Front citoyen 2016, du conclave de Bruxelles-Genval à la création «Rassemblement» en 2016 et du conclave de Paris dans le cadre de «Coalition des Congolais pour la Transition» en 2017 de même que celles du G7, de la Cenco, de Rassop/Limete et de Lucha entre juin et août derniers, on se retrouve avec le même texte, à quelques exceptions près.

Jusqu’à l’installation effective du Président de la République ELU

La vérité est que ces organisations, qui se créent avec pompe, se scindent à la suite des crises de leadership internes ou disparaissent carrément de la scène politique ont un problème sérieux avec la conscience : la lecture partielle et partiale de la Constitution.

Inspirés probablement par le Pr des universités et constitutionnaliste André Mbata, les signataires du Manifeste du Citoyen Congolais, déclarent que «le Président Joseph Kabila, dont le dernier mandat constitutionnel a expiré le 19 décembre 2016, exerce un pouvoir en violation manifeste de la Constitution de la République Démocratique du Congo, et est passible de l’infraction de haute trahison conformément à son article 165 alinéa premier».

Que disent cet article et cet aliéna ? En voici le libellé : «Sans préjudice des autres dispositions de la présente Constitution, il y a haute trahison lorsque le  Président de la République a violé intentionnellement la Constitution ou lorsque lui ou le Premier ministre sont reconnus auteurs, coauteurs ou complices de violations graves et caractérisées des Droits de l’Homme, de cession d’une partie du territoire national».

Le pouvoir organisateur du processus électoral en RDC étant la Céni (211), institution «chargée de l’organisation du processus électoral, notamment de l’enrôlement des électeurs, de la tenue du fichier électoral, des opérations de vote, de dépouillement et de tout référendum » et d’assurer «la régularité du processus électoral et référendaire», va-t-il falloir qu’une instance judiciaire congolaise, étrangère ou internationale donne la preuve, sur base de l’interprétation de la Loi fondamentale, qu’il y a eu violation délibérée dans le chef du Président de la République.

Or, à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, toute instance judiciaire crédible saura démontrer qu’au travers de l’alinéa 2 de l’article 70 et de l’arrêt rendu par la Cour constitutionnelle sur base de l’alinéa 1 de l’article 168 le Président de la République est en droit de rester en fonction jusqu’à l’installation effective du Président de la République ELU et non du Président de la République NOMME, soit-il par consensus !

En d’autres termes, préconiser une «Transition Sans Kabila» alors que le Chef de l’Etat jouit pleinement de la disposition qui proroge son mandat jusqu’à l’installation de son successeur revient à violer la Constitutionnelle elle-même. Et violer une Constitution tout en appelant la population à la respecter et à la faire respecter même jusqu’au prix du sang est criminel.

Les «grands signataires» sont les mêmes

La grande interrogation consiste cependant à savoir comment les mêmes acteurs politiques (partis et regroupements) et «politiques» (ONGDH et mouvements pro-démocratie) font expressément la même erreur d’interprétation et, en plus, dans le même contexte !

La réponse est, hélas !, dans la «sorosafrique» dont les dégâts ont inspiré à Stéphanie Erbs, Vincent Barbé et Olivier Laurent la rédaction de l’ouvrage intitulé «Les réseaux Soros à la conquête de l’Afrique».

Les auteurs y mettent en exergue «tout particulièrement l’action des ONG de Soros ou de celles qu’il subventionne en RDC pour tenter de déstabiliser le Président Kabila». Ils font constater que George Soros «finance (…) de très nombreux supports d’information » et aussi «de nombreuses ONG internationales qui défendent de ‘nobles causes’ : Amnesty international, Human Rights Watch, Global Witness, Transparency international…ainsi que des ONG de ‘référence’ considérées comme détentrices d’une expertise indubitable sur un sujet donné, comme International Crisis Group».

Il se fait seulement que bon nombre d’ONGDH congolaises et de mouvements pro-démocratie congolais signataires des actes de création par exemple de «Front citoyen 2016», de «Rassemblement» et maintenant du «Manifeste du Citoyen Congolais» reçoivent des fonds en provenance des fondations appartenant au trader et au spéculateur américain George Soros. (lire chronique «Sorosgate. Les Congolais de la Galaxie Soros : qui sont-ils ?»

Ainsi, révèlent-ils que «Les Etats-Unis soutiennent également, comme Soros, des mouvements plus ouvertement engagés dans la lutte contre les gouvernements en place : en RDC, Filimbi affirme avoir été subventionné par l’USAID. Quant à Lucha, le soutien des Etats-Unis au mouvement a été affirmé par Tom Perriello, envoyé spécial des Etats-Unis pour la région des Grands Lacs, proche de Barack Obama comme de Soros».

De là établir un lien existentiel entre le milliardaire américain et le mouvement «Manifeste du Citoyen Congolais», il n’y a qu’un pas au demeurant vite franchi. Après tout, les «grands signataires» sont les mêmes à être acquis à la même cause, à développer la même argumentation et à préconiser les mêmes méthodes avec pour finaliser de produire les mêmes effets. L’autre dirait : c’est du pareil au moment.

Ou plutôt «bonnet blanc, blanc bonnet» !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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