Non tenue des élections en 2017. Chikoti a pourtant fait la même déclaration que Zuma !

 

  • Curieusement, l’Opposition et les ONGDH qui s’enflamment à la suite des propos du président en exercice de la Sadc tenus le 20 août s’étaient tus lorsque le ministre angolais des Affaires étrangères a envisagé le 29 mai dernier la possibilité du report des élections au-delà du 31 décembre 2017…

 

  • Doit-on comprendre qu’ils redoutent plus l’Angola que l’Afrique du Sud, pourtant deux Etats de la Sadc, au même titre d’ailleurs que les treize autres Etats membres ?

 

«Soutien de la SADC à Joseph Kabila : le Rassemblement ‘indigné’». «Elections en RDC : la VSV s’insurge contre la déclaration de la SADC». «RDC : “La SADC a foulé aux pieds les aspirations du peuple congolais”», «L’opposition congolaise dénie à la SADC le droit de demander le report des élections», «RDC : ‘Est-ce que la SADC peut prendre une position sur le report des élections au Rwanda?’», «La SADC énerve l’opposition et la société civile en RDC». Ces quelques titres révèlent l’état d’esprit des acteurs de l’Opposition et de la Société civile alliée…

 

Mieux, les réactions qui vont suivre en traduisent le degré. «Pour la VSV, cette prise de position foule aux pieds les attentes légitimes de la population congolaise qui souhaite ardemment l’organisation des élections avant fin décembre 2017. Elle viole également les dispositions pertinentes de l’Accord de la Saint-Sylvestre, signé le 31 décembre 2016, ainsi que celles de la Résolution 2348, qui disposent que les élections présidentielle et législatives doivent avoir lieu avant fin  décembre 2017», fait observer cette ONGDH.

«Nous sommes totalement en désaccord avec la position de la SADC. Le peuple congolais rejette catégoriquement cette position. La SADC ne peut pas se substituer à un peuple. Le peuple a décidé que M. Joseph Kabila devait partir au plus tard le 31 décembre de cette année», déclare Martin Fayulu sur Voa.

«La SADC n’a pas le pouvoir de décider sur le report des élections ici, en RDC. Nous sommes un Etat souverain et ce n’est pas à la SADC d’annoncer le report des élections. Est-ce que la SADC peut prendre une telle position sur le Rwanda ou un autre pays ici, en Afrique. Nous condamnons cette position. Le pays est dirigé par la constitution et par l’Accord du 31 décembre et les choses doivent s’organiser selon ces documents qui ont été légitimés par le peuple», dit Vital Kamerhe à ACTUALITE.CD.

Dans son communiqué du 21 août 2017, Rassemblement/Limete soutient avoir «appris avec indignation, par voie des médias, les propos du Président en exercice de la SADC, Monsieur Jacob ZUMA affirmant l’impossibilité de la tenue des élections en République Démocratique du Congo au courant de l’année 2017» et note que «cette position de la SADC va à l’encontre des aspirations du Peuple congolais qui aspire à une alternance démocratique à travers les élections crédibles et transparentes qui doivent impérativement se tenir d’ici le 31 décembre 2017».

«La déclaration de la SADC jette un doute sur la mise en oeuvre effective de l’accord de la Saint Sylvestre et vient en appui aux manœuvres dilatoires du pouvoir en place caractérisées par les velléités d’instaurer en RDC une dictature qui ne dit pas son nom », s’enflamme Eve Bazaïba.

«Nous allons nous en tenir aux accords que les Congolaises et Congolais ont signé le 31 décembre 2016. Le reste ce n’est que des positions inutiles pour que le Congo soit encore dans l’esclavagisme affairiste de M. Zuma et de sa famille», s’exclame J-C. Vuemba sur www.radiookapi.net.

On arrête là les citations au risque de remplir un cahier registre…

Et là, c’est la levée des boucliers !

L’évidence à établir est qu’en l’espace de trois petits mois, deux personnalités africaines du Sud du continent ont abondé dans le même sens, ou presque. La première dans l’interview accordée à Rfi le 29 mai 2017. Il s’agit de George Chikoti.

A la question de savoir si la situation sécuritaire dans le Grand Kasaï ne pourrait pas impacter la tenue de la présidentielle, il répond : «J’ai l’impression que si cette question dure, certainement qu’il n’y aura pas les conditions pour réaliser la présidentielle». A l’observation d’une crainte de non tenue de cette élection en 2017, il répond : «Je pense qu’il faut qu’on se réfère à la Commission nationale électorale, mais je doute très fort de pouvoir faire les choses à temps. Mais comme il était fixé de le faire soit cette année ou l’année prochaine, peut-être qu’ils le feront l’année prochaine».

A l’époque, Rassemblement/Limete, Mlc, Unc, Ecidé et autres Vsv ont avalé leurs langues.

La seconde, c’est Jacob Zuma. Le 20 août 2017, la Sadc clôture son 37e sommet ordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement avec trois actes visant la RDCongo. Premier acte : nomination d’un émissaire spécial pour superviser le processus électoral. Deuxième : invitation faite à la Céni de publier un calendrier électoral révisé. Troisième : constat d’impossibilité d’organiser les élections en décembre 2017, «en raison d’un certain nombre de défis qui subsistent encore», affirme l’organisation régionale.

Et là, c’est carrément la levée des boucliers !

Pourtant, entre George Chikoti, qui s’est prononcé à sept mois de l’échéance, et Jacob Zuma, qui l’a fait à quatre mois, on devrait prendre en compte la position du second dans la mesure où elle est plus proche de la réalité. D’ailleurs, le fait même pour les Opposants politiques et «civils» de commencer à envisager la fameuse «Transition Sans Kabila» signifie clairement qu’ils ont conscience de la non-tenue des élections aux échéances préconisées dans l’Accord de la Saint Sylvestre.

Faute diplomatique d’une extrême gravité…

Le pragmatisme appelle pourtant à réaliser qu’en plus de l’activation de la dernière zone opérationnelle (Kasaï) pour trois mois (fin août-fin novembre) même faite concomitamment avec l’enrôlement des électeurs de la Diaspora (par respecte de la loi électorale de 2015), l’échéance de décembre 2017 est quasiment intenable. Car l’étape suivante consiste à «identifier et intégrer dans le fichier électoral les électeurs dits  ‘omis’», à «répartir les électeurs dans les sites de vote», à «extraire du fichier électoral les cas de doublons» et à «produire des statistiques crédibles d’électeurs par circonscription électorale de base (groupement et commune) et par site de vote».

Cette étape est amplement expliquée dans le document intitulé «COMPRENDRE L’OPERATION DE FIABILISATION DU FICHIER ELECTORAL ET DE STABILISATION DES CARTOGRAPHIES OPERATIONNELLES» publié en 2014 (sites Céni et Monusco).

Suivent les étapes du dépôt des candidatures, de la convocation du corps électoral, de la campagne électorale, du vote proprement dit et de la proclamation des résultats provisoires.

Tous les partis et regroupements politiques, toutes les ONGDG, tous les mouvements pro-démocraties et tous les médias réellement intéressés par la question électorale connaissent le processus électoral dans toutes ses étapes. La Constitution (article 3) et la loi sur les partis obligent les premiers «de concourir à l’expression du suffrage, au renforcement de la conscience nationale et à l’éducation civique». Dans celle-ci, il y a évidemment l’éducation électorale.

Force est de constater qu’elles sont rares, les structures à se l’appliquer.

Résultat : les leaders-agitateurs croient détenir le monopole du bon sens, mais généralement, l’histoire les rattrape. Comme, aujourd’hui, c’est le cas Chikoti et Zuma.

Ce qui est gênant, c’est que des structures se voulant fortes comme le G7 sont suffisamment outillées pour actionner la diplomatie-maison avant de prendre position. Après tout, elles mobilisent facilement des ressources humaines et financières pour communiquer avec à Bruxelles, Strasbourg, New York, Washington etc. en vue de faire entendre leurs voix. Mais, curieusement, elles se mettent en carence lorsqu’il s’agit d’aller aux sièges de l’Ua et dans les capitales des pays assumant la présidence rotative de la Cirgl, de la Cééac, de la Sadc et de Cépgl dont la RDC est membre.

Pourtant, elles devraient se demander si, par des voix comme celles de Jacob Zuma, ce ne sont pas les puissances occidentales ayant publiquement leur préférence qui expriment en réalité leurs positions du moment. Observons seulement que ces puissances n’ont pas contredit Chikoti en mai et ne contredisent pas Zuma en août 2017.

Relevons en plus que les tonnes d’insanités en déversement sur le président en exercice de la Sadc affectent aussi les Etats membres de cette organisation régionale.

Ce n’est pas une erreur.

C’est une faute diplomatique d’une extrême gravité…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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