Processus électoral. L’Union africaine félicite le Gouvernement, la Céni et le Cnsa

 

  • Elle emboîte ainsi le pas à la Sadc en ce qui concerne la non-faisabilité des élections en 2017…

 

Le Communiqué du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine (CPS) date du 23 août 2017. Voici une huitaine de jours. Il traduit les décisions prises par cet organe lors sa 712ème réunion tenue à Addis-Abeba. Prenant note des communications respectives du Commissaire à la paix et à la sécurité Smail Chergui, du chef de Bureau de liaison de l’Ua en RDC Abdou Abarry et du représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’Onu en charge de la Monusco Mamadou Diallo, le CPS se réfère également aux déclarations du VPM congolais des Affaires étrangères Léonard She Okitundu et du représentant du Sénégal agissant «au titre des membres africains non permanents du Conseil de Sécurité des Nations unies et de l’Union européenne (UE)». Au menu de sa réunion : la situation politique, sécuritaire et humanitaire en plus du processus électoral en RDCongo. Le communiqué comprend 13 points…

            

Si le  2ème rappelle les documents similaires précédents, dont celui adopté lors de la dernière réunion du 21 mars 2017, et si le 3ème évoque la persistance des violences principalement dans les Kasaï et de l’insécurité résultant des évasions enregistrées dans les lieux de détention tout en demandant aux autorités congolaises «de poursuivre la collaboration avec les experts internationaux chargés des enquêtes sur les graves violations des droits de l’homme et autres assassinats dans le Kasai afin que les auteurs soient traduits devant les juridictions », au 4ème point le Conseil se félicite de la tenue prochaine, à Kinshasa, du «Sommet régional des Garants de l’Accord Cadre pour la paix, la sécurité et la Coopération pour la RDC et la région, signé à Addis-Abeba, le 24 février 2013». Date arrêtée à cet effet : le 19 octobre 2017.

Au point 5, le Conseil «exprime sa préoccupation face à l’aggravation de la situation humanitaire dans plusieurs zones du territoire congolais et lance un appel à la communauté internationale pour qu’elle apporte les soutiens nécessaires afin de répondre aux besoins des millions de personnes déplacées et de réfugiés», non sans réitérer au point 6 «l’importance qu’il accorde à ce que la réduction des effectifs de la MONUSCO ne nuise pas à l’efficacité attendue dans la mise en œuvre de son mandat en RDC». Le Conseil se réjouit, poursuit le communiqué, «de l’excellent partenariat qui existe entre les Nations unies(NU) et l’UA dans le règlement de la crise en RDC et encourage la poursuite de la coopération entre les Forces de la MONUSCO et les Forces armées de la RDC (FARDC) en vue de relever efficacement les défis sécuritaires qui se posent en RDC».

Parachèvement du cadre institutionnel

Cependant, c’est à partir du point 7 que le document relève toute sa portée politique. En effet, le Conseil réaffirme «son attachement à la mise en œuvre intégrale de l’accord politique du 31 décembre 2016» avant de prendre note «de la nomination le 7 avril 2017 de M. Bruno Tshibala, en qualité de Premier Ministre du Gouvernement d’Union nationale, et de la désignation, le 22 juillet 2017, de M. Joseph Olenghankoy, comme Président du Conseil national de suivi de l’Accord (CNSA)».

Mais, surtout, il trouve dans ce double acte le parachèvement de «la mise en place du cadre institutionnel de la Transition politique tel que prévu par l’Accord du 31 décembre 2016». D’où l’appel lancé «à tous les acteurs politiques et sociaux en RDC afin de conforter ce processus institutionnel pour assurer une transition politique fructueuse, ainsi que l’établissement de conditions favorables à l’organisation pour la conduite d’élections libres, transparentes et crédibles».

Au point 8, le Conseil félicite le «Gouvernement congolais pour ses efforts visant à mettre en œuvre l’Accord politique du 31 décembre 2016 et à maintenir un dialogue constant avec toutes les parties prenantes politiques et sociales en RDC afin de surmonter les divergences qui subsistent encore». C’est à cette étape qu’il «souligne que les décisions unilatérales d’imposer des sanctions contre les personnalités en RDC n’établiraient pas l’environnement propice à la résolution de la crise en RDC».

Au point 9, il note «avec satisfaction les progrès accomplis par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dans l’enrôlement de près de 98% d’électeurs éligibles et salue le soutien logistique apporté par la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation au Congo (MONUSCO) dans la conduite de cette opération». Encourageant la Centrale électorale «à intensifier ses efforts afin de couvrir toutes les provinces du pays, notamment dans le Kassaï », le Conseil «souligne (…) la nécessité pour la communauté internationale de fournir à la CENI les ressources nécessaires pour lui permettre de parachever le processus électoral».

Au point 10, il exhorte la Centrale électorale, «en concertation avec le CNSA et le Gouvernement à évaluer objectivement l’ensemble du processus électoral afin de procéder à la publication, dans les meilleurs délais, du calendrier électoral».

Saluant au point 11 les efforts des organisations régionales dont «en particulier la SADC», cela dans le désamorçage des tensions en RDC et dans la promotion d’«un dialogue inclusif pour la mise en œuvre de l’Accord politique du 31 décembre 2016», le Conseil «se félicite des décisions du 37e Sommet ordinaire des chefs de l’État et du gouvernement de la SADC, tenu récemment à Pretoria, en Afrique du Sud, du 19 au 20 août 2017, sur la situation en RDC telle que décrite aux paragraphes 23 à 28 de son communiqué, qui, entre autres, a relevé un certain nombre de défis qui ont rendu irréaliste pour que la RDC de tenir des élections en décembre 2017, comme prévu initialement». Il ajoute l’exhortation faite à «la CENI à publier le calendrier électoral révisé », non sans demander «instamment à toutes les parties prenantes à s’abstenir de mesures susceptibles de porter atteinte à la stabilité politique et sécuritaire en ce qui concerne les développements, ce qui a conduit à l’escalade de la violence et de l’insécurité dans les provinces du Kasai».

Le Conseil approuve la décision de la Sadc de procéder à la nomination d’un envoyé spécial en RDCOngo et celle de féliciter tour à tour «le président Joseph Kabange Kabila, le gouvernement de la RDC et d’autres parties prenantes pour les progrès accomplis dans la mise en œuvre des dispositions de l’Accord de paix du 31 décembre 2016». Il approuve également la décision de la Sadc de condamner «les ingérences extracontinentales dans les affaires des États membres de l’UA, en particulier, la pratique unilatérale de sanctions ciblées contre les personnalités congolaises par des organisations et des pays non africains».

Au 12ème point, l’organe de l’Ua demande «au Président de la Commission de prendre les mesures nécessaires afin de dépêcher dans les meilleurs délais, une mission d’évaluation pré-électorale et de la situation sécuritaire en RDC, avec la participation des représentants d’organisations sous régionales telles que la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), la SADC et la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) et de lui en faire rapport ». Pour ce faire, il souligne «la nécessité d’un renforcement du rôle politique de l’UA dans la recherche d’une solution à la crise en RDC et demande ainsi au Président de la Commission de renforcer les ressources humaines requises au Bureau de liaison de l’UA en RDC».

Au 13ème et dernier point, il décide «de rester activement saisi de la question».

Trois observations

Que penser alors de cette résolution vraisemblablement dérangeante pour une bonne partie de l’opinion congolaise au point d’avoir été expressément ignorée des prestations politiques une semaine durant ?

Première observation : elle a été prise au lendemain de la clôture du 37ème sommet ordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Sadc tenu les 19 et 20 août 2017. Ainsi, pendant que les forces politiques et sociales se répandaient dans les médias pour déverser leur colère sur le Président Jacob Zuma, le CPS de l’Union africaine confirmait et consolidait la position de l’organisation régionale.

Deuxième observation : ni les Nations-Unies, ni l’Union européenne, encore moins les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et la Belgique n’ont jusque-là réagi négativement aux prises de position successivement du ministre angolais des Affaires étrangères George Chikoti exprimée en juin 2017, ensuite de la Sadc et, enfin, du Cps de l’Union africaine, s’agissant de la difficulté technique d’organiser les élections en 2017.

Troisième observation : les organisations africaines reconnaissent, elles, l’application certes laborieuse de l’Accord du 31 décembre 2016, mais elles exhortent davantage les parties prenantes congolaises à s’impliquer dans sa perfectibilité inhérente à toute œuvre humaine.

Autant y trouver une voix et une voie de sagesse…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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