EDITORIAL. «Promesses électorales» occidentales : le gros piège !

L’histoire de ces 25 dernières années pour notre pays est aussi celle de deux promesses électorales faites au peuple par les puissances occidentales mais jamais tenues.

La première, c’est avec l’élection d’Etienne Tshisekedi au poste Premier ministre un certain 15 août 1992. Pour rappel : on est de plain-pied dans la Conférence nationale souveraine (Cns). Forum de tous les espoirs. Car depuis le fameux massacre des étudiants survenu sur le campus de l’Université de Lubumbashi en mai 1990, la coopération structurelle est suspendue. Les investissements à caractère économique et social destinés notamment à la Gécamines, à la Snel, à la Régideso, à l’Onatra, à la Sncz, à l’Office des routes, à la Rva, à la Rvm et autres Rvf sont bloqués. La situation économique se dégrade avec impact certain sur la situation sociale.

L’Union européenne conditionne le déblocage d’une aide humanitaire urgente et importante par le vote du Premier ministre. Président du Bureau de la Cns, Mgr Laurent Monsengwo (aujourd’hui cardinal), en fait un point d’honneur. Nous le croyons.

On constatera seulement plus tard qu’une fois le Sphinx élu, l’aide promise ne viendra jamais.

Au contraire, le Zaïre va se retrouver avec sur les bras le refoulement des Kasaï (ne lisez pas épuration ethnique) résidant à l’époque au Shaba (Katanga). Des trois acteurs majeurs au cœur de cette tragédie (Nguz, Tshisekedi, Kyungu), le dernier survit. Il peut témoigner.

La deuxième promesse électorale à ne pas être tenue remonte à 2006. L’Union européenne – encore elle –exhorte les Congolais à aller aux élections, la tenue de celles-ci étant posée comme condition sine qua non à l’arrivée des investissements occidentaux à grande échelle. Le peuple se mobilise, et les élections ont lieu, de la présidentielle aux «gouvernorales», en passant par les législatives, les provinciales et les sénatoriales.

Au final, on se retrouvera avec sur les bras le contrat chinois, d’ailleurs ouvertement combattu par les mêmes puissances occidentales.

Ainsi, Américains et Européens peuvent, eux, signer des contrats s’évaluant à des centaines de milliards de dollars à prendre à Beijing, mais les RDCongolais sont interdits d’accéder même avec dix fois, voire cent fois moins !

Petite curiosité : autrefois procommunistes sous la Guerre froide, les Congolais de Brazzaville et les Angolais sont comme récompensés aujourd’hui d’avoir nargué l’Occident.  Ils peuvent obtenir de la Chine des dizaines de milliards de dollars sans que cela n’émeuve ni n’énerve les Occidentaux.

Jamais deux sans trois : les promesses électorales sont de retour. D’île de Gorée en décembre 2015 à Paris en août 2017 via Bruxelles-Genval en juin 2016, les forces politiques et sociales congolaises dites acquises au changement ne «carburent» plus qu’avec cet argument. Leur discours surfe sur l’amélioration des conditions de vie à la faveur de l’alternance conçue de façon à ne leur être que favorable.

La rue se convainc que les milliards de dollars Us du patrimoine «Katumbi-Sindika» seront déversés d’un tour de main sur l’économie congolaise, et la crise économique et sociale sera absorbée !

En attendant, Christian Mwando – qui reconnaît au moins l’existence du Gouvernement Tshibala alors que le G7 et Rassop/Limete l’ignorent superbement – et Noël Tshiani (candidat à la présidentielle) encouragent ouvertement les exploitants miniers à ne pas rapatrier les 40 % des recettes minières d’exportation, c’est-à-dire à violer la loi minière. Ils en escomptent l’étranglement du Gouvernement, écartelé entre, d’un côté, les revendications somme toute légitimes des fonctionnaires et agents de l’Etat et, de l’autre, les obligations d’Etat de financer les élections, les investissements publics prioritaires, la sécurité publique etc.

Quelle assurance ont-ils, les uns et les autres, d’un «Plan Marshall» qui sauverait le Congo d’une déflagration résultant d’une alternance politique mal encadrée, ce du fait soit des élections mal tenues, soit du coup de force réussi ou non ?

L’interpellation à la portée des Congolais consiste à se demander pourquoi, oui pourquoi les investissements économiques occidentaux importants sont en décroissance continue depuis la fin de la Guerre froide et pourquoi, surtout, les puissances occidentales semblent ne pas vouloir de tout investissement asiatique (Japon, Corée du Sud, Chine, Inde etc.), africain (Maroc, Egypte, Afrique du Sud) sud-américain (Brésil, Argentine, Chili) ou océanien (Australie, Nouvelle-Zélande) tout aussi important destiné à la RDCongo !

Il y a certainement anguille sous roche.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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