Par son nouveau cabinet, Félix renonce au post-nom Tshisekedi !

 

  • Vraisemblablement, l’héritage se révèle lourd à porter ; le congrès suspendu aux funérailles d’Etienne Tshisekedi étant susceptible de retournement d’alliances…

 

Alors que l’opinion «tant nationale qu’internationale» attend de lui des signaux rassurants quant à sa détermination à aller impérativement aux élections au plus tard le 31 décembre 2017 – ce qui n’est possible qu’avec la mise en place des trois organes statutaires actuellement bloqués (Président, Convention démocratique du parti et Commission électorale du parti) – Félix Tshisekedi vient de surprendre les observateurs avertis. En effet, il se dote d’un cabinet autonome pompeusement dénommé «Cabinet de l’Honorable Félix A. Tshilombo». Récupérant à son compte le slogan «Le Peuple D’Abord», il a le culot de donner à son cabinet une coloration luba prononcée…

 

Ainsi, le directeur-adjoint est Ferdinand Kashama. Le directeur de communication Jean-Claude Bukassa. Le conseiller juridique et porte-parole est Eric Bilale. Le conseiller spécial Théo Tshilumba. Le porte-parole Abraham Luakabwanga. Le secrétaire particulier est Paul Mundela. L’assistant attaché de presse Michée Mulumba. Le chef de service de protocole Lolo Yeye. Le responsable de la Logistique est  Mike Tubajika Kabasele. Agent de protocole Elysée Kakusa. Agent de protocole James Katshingu. Agent de protocole Boni Kalonji.

En attendant la désignation du directeur de cabinet, force est de constater que le communiqué du 4 septembre 2017 porte la mention «pour diffusion immédiate» et signale qu’il s’agit de «Premières nominations du Président Félix Antoine Tshilombo au sein de son nouveau Cabinet». Ceci pour la forme.

Pour le fond, parler de nouveau cabinet signifie existence d’un ancien cabinet. A ce que l’on sache, on ne connaît ni son existence, ni son fonctionnement.

Pour l’heure, la fonction officielle connue de Félix Tshisekedi au sein du parti est celle de secrétaire général adjoint. Plus d’une fois, il a été souligné dans cette chronique que cette fonction n’est pas statutaire puisque le poste qui en est la source n’existe pas.

En effet, l’Udps a trois organes nationaux : le Congrès, la Présidence du Parti (PP) et la Convention Démocratique du Parti (CDP). C’est à l’article 15 de ses statuts. Aux termes de l’article 19, la Présidence du Parti, en tant qu’Exécutif national, c’est-à-dire «organe de représentation, de décision, d’orientation de l’action du Parti, de supervision, et de coordination générale  de toutes les  activités  du Parti », est composée d’un (une) Président (e), des Secrétaires du parti, chefs de mission), d’un Secrétaire général du parti, des Secrétaires du Parti-Chefs de Département et d’un Trésorier général.

Il est dit du Secrétaire général qu’il «coordonne toutes  les activités de gestion courante du Parti et organise les services administratifs et techniques du Parti» alors que les Secrétaires du parti-Chefs de Départements «sont respectivement chargés des domaines ci-après : Organisation, Relations extérieures et Partis amis et Relations avec les forces politiques et sociales». D’ailleurs le «Président du Parti détermine dans les actes de nomination la nature, l’étendue et les conditions de l’exercice des attributions des fonctions dévolues à chacun des Secrétaires du Parti».

Pour avoir été secrétaire national en charge des Relations extérieures (Snre) avec siège à Bruxelles jusqu’au 14 octobre 2016, Félix Antoine Tshilombo (ne citez plus Tshisekedi) se retrouve comme 3ème personnalité de l’Udps avec pour chef hiérarchique direct un certain Jean-Marc Kabund, et encore sans base statutaire !

Or, il se considère successeur naturel de son père…

Besoin de temps pour s’autodéterminer

Comme pour le souligner clairement, il est le président de son cabinet. Assurément, c’est avec sa nouvelle machine qu’il entend entreprendre sa carrière politique. Il rompt en quelque sorte les amarres avec la «fille aînée» de l’Opposition. Car il sait que le congrès prévu à l’article 27 pour l’élection du nouveau président en cas de vacance à ce poste pour cause de décès, de démission ou d’empêchement du président en fonction pourrait ne pas se limiter à formaliser la succession.

L’Udps va inéluctablement vers le congrès du «Grand Déballage». Les Mpuila, Mubake, Tshibala, Kapika, Beltchika, Lumbu, Kalonzo, Lusanga, Mavungu et autres Shabani  chercheront à y participer, et la frange politique de la famille biologique de feu Etienne Tshisekedi pourrait ne pas en sortir indemne. A défaut d’atteindre Mama Marthe dont on doit respecter l’épreuve de son veuvage, la fronde atteindra sans doute Fatshi, et ce dernier a la réputation d’être grossier.

Si donc les élections doivent se tenir le 31 décembre 2017, c’est que la campagne électorale prendra fin le 29 décembre. Elle aura alors démarré le 30 novembre. A dater de ce 10 septembre, il reste juste deux mois et trois semaines.

Ainsi, à moins de trois mois du lancement de la campagne électorale, aucun esprit avisé – Félix l’est – ne voudra d’un congrès susceptible de lui faire ombrage étant donné que c’est pendant ces assises que seront installés le nouveau Président, la Convention démocratique du parti et la Commission électorale du parti, les trois organes statutaires décisionnels dans l’organisation des élections et même dans la conclusion des alliances.

Pour rappel, aux termes de l’article 22 des statuts de l’Udps relatives à ses attributions, le président national «s’investit et s’implique dans le processus électoral national conformément à l’article 10 des présents Statuts », «nomme les délégués du Parti à la structure électorale nationale et y transmet la liste des candidats investis par le Congrès ou la Convention Démocratique du Parti» et «négocie et signe les alliances politiques». Faire le contraire revient à violer les statuts.

Comme on peut bien s’en rendre compte, Fatshi n’est pas prêt pour les élections. Quand, du reste, il devient fervent promoteur du schéma «Transition Sans Kabila», ce n’est pas parce qu’il croit dans la possibilité de la du scrutin dans les délais fixés dans l’Accord du 31 décembre 2016. En réalité, c’est lui qui a besoin de temps pour s’autodéterminer par rapport au nom de son père Tshisekedi et à l’héritage du parti condamné à disparaître avec celui qui en a fait depuis avril 1990 un bien mal acquis.

Or, un bien mal acquis, dit-on, ne profite jamais !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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