EDITORIAL. Lutundula se joue de Katumbi et Tshilombo !

Qui sont-ils, Katumbi et Tshilombo, pour imposer la «TSK» (Transition Sans Kabila) ?

Le premier juste un Opposant de la 25ème heure pour ne pas dire du dimanche. Fervent soutien de Joseph Kabila pendant une dizaine d’années, il a amplement bénéficié du glissement de 2012 à 2015 en qualité de gouverneur de la province du Katanga sans se préoccuper de l’alternance à son niveau.

Le second tout juste un «héritier» type «Bébé Doc», pour paraphraser le Premier ministre Bruno Tshibala dans son interview du 18 septembre 2017 à Rfi. Un député national élu de la circonscription paternelle de Kabeya Kamwanga dont il a abusé de la confiance de l’électorat en préférant obéir à la consigne du pater que respecter le choix du «Peuple D’Abord».

De leur rencontre à Paris un certain 10 décembre 2015 à ce jour, ne peuvent être retenus comme acquis du tandem Katumbi-Tshilombo que le NON aux pourparlers de Venise-Ibiza-Paris-Bruxelles avec la Mp, le NON au Dialogue préconisé par le Conseil de sécurité de l’Onu dans sa résolution 2277 du 31 mars 2016 et le OUI MAIS, transformé carrément à NON à certaines dispositions de l’Accord de la Saint Sylvestre.

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A l’occasion du deuxième anniversaire de la création du G7 passé sous silence certainement par gêne d’une interpellation, le bilan de la collusion avec l’Udps a été évoqué avec pour résultats :

* la précipitation de la mort d’Etienne Tshisekedi,

* l’atomisation de l’Opposition,

* l’assujettissement de celle-ci à ce regroupement et, tout naturellement,

* l’accentuation de la dégradation de la situation économique et sociale, en plus de la situation politique et diplomatique.

Comme pour couronner les exploits de cette collusion, il se constate, au moment où le  Président de la République s’emploie en interne à aider les compatriotes du Grand Kasaï à se refaire confiance pour une paix durable garantie par la réconciliation sincère, fondement du développement intégré, que le tandem Katumbi-Tshilombo s’emploie quant à lui, en externe, à des initiatives de nature à remettre en cause les acquis du forum qui se tient à Kananga.

De New York, il signe le 18 septembre 2017 un communiqué dans lequel il en appelle à la fameuse «Transition Sans Kabila» pour, soutient-il, «préparer des élections» aux  motifs, primo, de la fin du second mandat du Chef de l’Etat le 20 décembre 2016 et, secundo, de la responsabilité de M. Kabila « dans le non-respect de la Constitution et de l’accord du 31 décembre 2016« .

Reprenant les extraits dudit communiqué dans sa dépêche du 19 septembre 2017 intitulée «RD Congo : Tshisekedi et Katumbi demandent ‘une transition sans Kabila’», l’Afp note, selon les signataires, que «Pour prévenir le vide juridique et le chaos dans la perspective de la non-tenue des élections le 31 décembre 2017 au plus tard, (nous) exigeons une transition sans M. Kabila, devenu illégal et illégitime« .

Katumbi et Tshilombo préconisent donc une transition «conduite par des personnalités éminentes consensuelles chargées de préparer les élections démocratiques, libres, transparentes et paisibles qui ne sont pas possibles, ni avec M. Kabila ni avec la commission électorale (Céni) dans sa configuration actuelle».

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Paradoxalement, rien, mais alors rien n’est dit de la Constitution, précisément du comment de son application en période de Transition d’autant plus qu’il est de notoriété publique que dans sa configuration actuelle, la Loi fondamentale n’aura aucune autorité sur cette éventualité.

Or, Katumbi et Tshilombo sont les premiers à exhorter le «Peuple d’Abord» à la défendre jusqu’au sacrifice suprême.

Mieux, les institutions internationales, au nombre desquelles les Nations Unies et l’Union européenne, de même que les puissances occidentales au nombre desquelles les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, le Canada et autres la Belgique se prononcent continuellement pour le respect de la Constitution.

Et cette Constitution, on ne cessera jamais de le dire, contient des dispositions prorogatives (alinéas 2 des articles 70, 103 et 105 en plus de l’alinéa 6 de l’article 197) qui non seulement absorbent le vide juridique, mais aussi prévoit le maintien en fonction des animateurs des institutions jusqu’à l’installation de leurs successeurs issus impérativement des urnes. Et non des arrangements politiques.

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Un homme va devoir porter devant Dieu et devant l’Histoire la responsabilité  d’abuser délibérément de son «expertise» en matière de constitutionnalité. Il s’agit, on s’en doute, de Christophe Lutundula.

Brillant juriste, il a cependant son complexe d’Œdipe : en 26 ans de présence continue sur la scène politique, il n’a jamais été promu ministre. Pire, dans son Sankuru natal, c’est grâce à la proportionnelle qu’il réussit jusque-là à se faire élire député national.

Les observateurs avisés le classent dans la catégorie de grands commis de l’Etat de la trempe des Kamanda, Mandungu, Engulu…

Peut-être que pour cette fois-ci, il a l’assurance de Moïse Katumbi et de Félix Tshilombo d’animer un ministère…

Mais de là à malmener la Constitution comme il le fait, il y a lieu de se demander s’il ne se joue pas finalement de ce tandem, car si l’on s’en tient à la loi fondamentale, une TSK est une hérésie, un vide juridique un crime.

Or, Katumbi et Tshilombo en sont les promoteurs attitrés !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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