Débat autour de la salle vide ou pleine : New York étale la médiocrité d’un certain leadership

 

  • Partant, la position de Joseph Kabila est confortée par la lecture réelle de l’alinéa 2 de l’article 70 selon lequel «A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu».

 

  • Après tout, les «décideurs» sont en train de se demander comment va-t-on procéder à l’instauration de la fameuse «Transition Sans Kabila» si la conséquence immédiate est la disqualification de la Constitution, donc livrer le pays à une insécurité juridique avérée…

 

Sur le Net enfle depuis le samedi 23 septembre 2017 un débat de tout ce qu’il y a de ridicule. Des leaders du Rassop/Limete, notamment Olivier Kamitatu, et du Manifeste du citoyen congolais, en l’occurrence Sindika Dokolo, ont l’un posté des photos d’une salle vide pendant l’intervention du Président Joseph Kabila à la tribune des Nations Unies, l’autre qualifié de clochards les Congolais de la Diaspora qui ont soutenu le Chef de l’Etat aux  mêmes endroits que d’autres compatriotes protestaient contre sa présence à New York. Deux leaders qui, vraisemblablement, ne connaissent rien, mais alors rien du fonctionnement des institutions internationales comme les Nations Unies. C’est d’une gravité extrême…

 

Comme en réponse du berger à la bergère, des photos présentant cette fois la même salle vide sont en diffusion sur le Net, et cela pendant les prestations de certains chefs d’Etat et de Gouvernement qui ont précédé le Président Joseph Kabila ou l’ont succédé !

Dans les règles de participation aux assises comme celle de la 72ème session de l’Assemblée générale de l’Onu, seuls les officiels sont accrédités. Les non officiels – comme c’est le cas de Moïse Katumbi, Félix Antoine Tshilombo, Jean-Marc Kabund etc. – n’y ont pas accès.

A preuve, lors de la session spéciale consacrée le 19 septembre 2017 à l’évaluation de la mise en application de l’Accord du 31 décembre 2016, il n’y avait aucun délégué du Rassemblement/Limete alors que les deux premiers cités étaient à New York où, la veille, ils ont signé le fameux communiqué relatif à la «Transition Sans Kabila». Autrement, ils se seraient empressés de poster les photos de leurs « performances diplomatiques ».

La réalité est que la délégation officielle congolaise conduite par le VPM Léonard She Okitindu a échangé avec les délégations officielles des partenaires impliqués dans le processus électoral et constituant le Groupe international de contact sur la région des Grands Lacs, en l’occurrence la Belgique, la Suède, la France, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l’Allemagne, les Etats-Unis d’Amérique, l’Angola, l’Afrique du Sud, l’Onu et l’Union européenne.

Bien entendu, excellant dans l’art de la manipulation, de l’intoxication et de la désinformation, les relais de «Rassop/Limete» ont salué le succès d’une réunion dont ils n’ont tiré comme élément positif que l’instance des partenaires sur l’application de l’Accord de la Saint Sylvestre. Ils ont passé sous silence les félicitations adressées au Gouvernement pour la gestion des aspects politiques, juridiques, financiers et logistiques du processus électoral.

Donner des signaux rassurants d’homme d’Etat

Pour revenir au séjour du Président Joseph Kabila, il y a lieu de commencer par faire observer que dans aucun pays au monde un Chef d’Etat ne se déplace pour un sommet comme celui de l’Onu pour être surpris agréablement ou désagréablement.

L’intervention du nôtre pour la date du 23 septembre 2017 a obéi à la logique du calendrier d’ailleurs généralement négocié par avance. Le Président de la République s’est comporté dignement en privilégiant Kananga – où s’est tenu le forum sur la paix, la réconciliation et le développement du Grand Kasaï –  par rapport à New York. Ceci de un.

De deux, un chef d’Etat ou de Gouvernement ne peut pas rester y rester pendant une semaine et se rendre à chacune des plénières qui prend au moins 8 heures sinon plus, ne serait-ce que pour écouter parler un homologue. Chacun profite de son court séjour pour nouer ou renouer le plus des contacts avec des chefs d’Etat, des chefs de Gouvernement, des hauts fonctionnaires, voire des investisseurs.

Dans cette logique, l’agenda est souvent chargé et le timing des tête-à-tête le plus court possible. S’il arrive alors qu’une audience dépasse 30 minutes, voire 60 minutes, c’est que les sujets abordés sont d’une grande portée. C’est le cas avec le Président Alpha Condé (président en exercice de l’Union africaine) pendant 45 minutes, Mme Fatou Bom Bensouda (Procureure générale de la Cpi), près d’une heure, Charles Michel (Premier ministre belge) près d’une heure et demie.

Que le Chef de l’Etat congolais ait par la suite reçu en audience Herman Cohen (ancien sous-secrétaire d’Etat chargé des Questions africaines) et George Soros (milliardaire américain très impliqué dans le financement des ONGDH internationales comme Human Rights Watch, Amnesty international, Global Witness, Reporters Sans Frontières, de même que dans celui des ONGDH congolaises et des mouvements pro-démocratie) veut simplement dire nécessité de clarification.

De trois, chaque session a son thème. Celui de l’actuelle est «Priorité à l’être humain : paix et vie décente pour tous sur une planète préservée». Aussi, le discours – traditionnellement destiné à la communauté internationale – permet à l’intervenant de donner la position officielle de son pays par rapport aux sujets internes et externes tout comme des sujets communs à l’humanité et propres au sien. C’est exactement ce que le Président Joseph Kabila a fait.

Lorsqu’alors on prétend à l’alternance politique, surtout avec le statut d’opposant, on a le devoir de donner des signaux rassurants d’homme d’Etat et non d’homme politique. Un homme d’Etat a un langage posé.

Torpillage du succès diplomatique

Or, à quoi les Opposants congolais nous habituent-ils ? Félix Antoine Tshilombo a un vocabulaire grossier. Olivier Kamitatu un vocabulaire prétentieux. Et voilà qu’à peine arrive-t-il dans l’arène politique congolaise, Dokolo Sindika les surpasse. Ils qualifient de clochards ses compatriotes (?) ayant manifesté favorablement pour Joseph Kabila !

Il s’agit là d’un message «subliminal» envoyé en réalité aux «décideurs». Un message de mépris à l’égard des Congolais exerçant librement leur liberté démocratique. Et cela, au cœur de New York, symbole d’une Amérique démocratique triomphante.

Au fait, ce message confirme, si besoin est, que ces Opposants ne sont pas encore prêts à et pour l’alternance politique.

Moralité : les «décideurs» interprètent correctement l’alinéa 2 de l’article 70 selon lequel «A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu» !

Ils ont certainement apprécié d’entendre Joseph Kabila leur dire que «les défis en vue de l’organisation des élections dans mon pays demeurent énormes, tant au plan logistique, financier, sécuritaire que normatif», de leur rassurer que «Nous y faisons donc face avec humilité, mais aussi avec une indéniable ténacité» et de confirmer que «Vu toutes ces avancées, j’affirme que le cap vers les élections crédibles, transparentes et apaisées est définitivement fixé et que notre démarche dans cette direction est irréversible », même en insistant sur le fait que «Le tout, sans ingérence extérieure ni diktat quelconque».

Retenons au moins qu’il a demandé «aux vrais amis de la République Démocratique du Congo de soutenir sincèrement le processus électoral en cours».

Si l’Amérique, la Belgique, la France, la Grande-Bretagne, l’Union européenne etc. se considèrent effectivement comme des amis du Congo, ils vont le faire. N’en déplaise à des faiseurs d’opinion occidentaux comme Colette Braeckman, Adrien Seyes et Christophe Rigaud qui ont tous divagué dans leurs commentaires et analyses en déplorant le fait que le Président de la République ne se soit pas prononcé sur la date des élections, comme si cela relève de ses prérogatives !

En vérité, la 72ème session de l’Assemblée générale de l’Onu dérange ceux qui se croyaient vainqueurs et rassure ceux qu’on a tenté de passer pour des vaincus.

D’où le torpillage du succès diplomatique réalisé par l’équipe des diplomates de Joseph Kabila.

De New York,

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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