EDITORIAL. Tiens ! Les évêques de la Cenco, eux aussi ?

«Nous appelons l’Union européenne à avoir une politique cohérente sur la crise congolaise. Nous craignons qu’au regard de l’évolution actuelle que certains pays européens changent leurs positions».

Ces propos, tenus le 26 septembre 2017 au cours d’une conférence de presse animée par une délégation de la Cenco en séjour à Bruxelles au siège d’EurAc, sont du père Clément Makiobo Malelo de la Commission Justice et Paix.

Selon Actualite.cd., l’EurAc «est une plateforme qui rassemble des organisations membres issues de la société civile de différents pays européens. Ces organisations travaillent sur et dans la région des Grands Lacs. Elles soutiennent des organisations de la société civile au Burundi, en République Démocratique du Congo (RDC) et au Rwanda dans leurs efforts de promotion de la paix, de la défense des droits humains et du développement».

A l’en croire, le père Clément Makiobo a renchéri dans ses propos que «le discours souverainiste des dirigeants africains n’est pas véridique».

Pareille déclaration de la part d’un membre de la Cenco est d’une extrême gravité dans la mesure où l’Eglise chrétienne a toujours été considérée comme un instrument de pression des Occidentaux sur les régimes africains. L’autre dirait d’oppression.

Dans le cas précis de l’ex-Congo Belge que nous sommes, le rôle de l’Eglise a toujours été  d’éveiller la conscience collective. Mais, il est constamment observé que ce rôle – pour les Catholiques particulièrement – se focalise sur la défense des intérêts du Vatican.

Or, Vatican reste l’âme de la civilisation judéo-chrétienne, c’est-à-dire de la suprématie occidentale de laquelle cherche à se libérer presqu’avec l’énergie du désespoir l’Afrique souverainiste…

Entendre alors un prince de l’Eglise catholique romaine qualifier de non «véridique» le discours souverainiste des dirigeants africains revient à renier le combat des panafricanistes et même de l’africain lambda, martyrisé à la suite des revendications justement souverainistes.

***

Lorsque Mgr Marcel Utembi Tapa, président en exercice de l’Autorité ecclésiale catholique, fonde de son côté ses inquiétudes et ses préoccupations sur la non possibilité de la non-tenue des élections présidentielle, législatives et provinciales prévues «au plus tard en décembre 2017» et affirme que «Plus on avance, plus notre inquiétude augmente», il a le devoir moral de reconnaître ouvertement et sincèrement que c’est là la conséquence logique de la politisation de la matière électorale alors que celle-ci est essentiellement technique.

Malheureusement, la Cenco a pris position pour la politisation, donc contre la technicité. Et les politiciens de l’Opposition radicale l’ont soutenue totalement.

La preuve est dans sa déclaration du 23 juin 2017 intitulée «Le pays très va mal» inspirée du tube de l’artiste musicien ivoirien Tiken Jah Fakoly.

On sait, par exemple, que pour les Evêques, «La sortie pacifique de la crise actuelle exige la tenue des élections présidentielle, législatives et provinciales avant décembre 2017, tel que le prévoit l’Accord politique du 31 décembre 2016». Les Evêques ont dénoncé l’enrôlement «qui s’effectue, malheureusement, avec une lenteur inquiétante».

La polémique a flambé dans les médias lorsqu’il leur a été fait observer qu’avant décembre voulait dire au plus tard fin novembre 2017. Or, cela n’était pas le cas. Ou encore lorsqu’il a été rappelé à la Céni son engagement de finaliser le fichier électoral au plus tard fin juillet 2017, engagement pris dans le cadre de l’Accord du 18 octobre 2016 issu du Dialogue de la Cité de l’Union africaine. Or, l’un et l’autre ont été enterrés à la faveur des négociations du Centre interdiocésain et de l’Accord de la Saint Sylvestre. Encore qu’au moment où Corneille Naanga avait fait cette promesse, les événements du Kasaï (Kamwina Nsapu) n’avaient pas dégénéré comme cela a été le cas au cours du premier semestre 2017.

***

Aujourd’hui, force est de constater que la Cenco – lumière et sel du monde – récolte le fruit de la politisation semée à dessein.

C’est tout de même incroyable qu’elle puisse maintenant donner l’impression d’être elle-même prise de court pendant qu’elle sait pertinemment bien que les relations entre Etats sont fondées sur les intérêts ! Et vraisemblablement, les «alternants» qui se servent de son aura n’offrent rien de crédible.

Le Sage dit : «Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras».

Pendant que nous y méditons, relevons au passage que le think tank EurAc fait aussi partie de la Galaxie Soros ! (lire la rubrique « Amusons-nous un peu ! »)

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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