Discours du Président Joseph Kabila à l’Onu. L’Occident interprète, le Congolais acquiesce !

Le 23 septembre 2017, le Chef de l’Etat prononce du haut de la tribune des Nations Unies le message de son pays à la communauté internationale en tenant compte du thème fixé pour la 72ème assemblée générale de l’Onu, à savoir «Priorité à l’être humain : paix et  vie décente pour tous sur une planète préservée». Aussitôt qu’il termine, les médias occidentaux se focalisent plus sur la matière électorale que sur d’autres. Rien d’étonnant. Mais, ce qui est surprenant, c’est l’unanimisme qu’ils adoptent pour promouvoir la thèse de la responsabilité du Président de la République dans la détermination des dates du scrutin alors qu’ils savent pertinemment bien que cette charge revient à la Centrale électorale. La Constitution dispose aux alinéas 2 et 3 de l’article 211 que «La Commission électorale nationale indépendante est chargée de l’organisation du processus électoral, notamment de l’enrôlement des électeurs, de la tenue du fichier électoral, des opérations de vote, de dépouillement et de tout référendum» et «Elle assure la régularité du processus électoral et référendaire». Tandis que la loi organique n°10/013 du 28 juillet 2010 portant organisation et fonctionnement de la Céni relève que «La Céni est chargée de l’organisation de tout le processus électoral et référendaire. Elle en assure la régularité». La 5ème attribution de la Centrale électorale est d’ailleurs d’«élaborer les prévisions budgétaires et le calendrier relatif à l’organisation des processus électoraux et référendaires». L’ennui est que le Congolais, premier et principal concerné par les élections, préfère interpréter les textes légaux de son pays en fonction de ce qu’en dit l’Occidental. Résultat ? Suivez cette sélection :

 

«RDC : Sale temps à l’ONU pour la kabilie»

Journal : La Libre (Belgique). Date : 23 septembre 2017

«L’autre grand thème de son discours : la tenue des élections. Sur ce point, Joseph Kabila s’est voulu aussi déterminé que crédible. ‘J’affirme que le cap vers les élections crédibles, transparentes et apaisées est définitivement fixé et que notre marche dans cette direction est irréversible. Le tout, sans ingérence extérieure ni dictat quelconque’, a déclaré Joseph Kabila, demandant toutefois aux ‘vrais amis’ de son pays de soutenir ‘’sincèrement le processus électoral en cours. Une déclaration qui n’a ému personne, Joseph Kabila n’annonçant aucun calendrier, ni ses intentions personnelles. Pour le premier point, il renvoie à la CENI, seule compétente pour la bonne marche du scrutin, pour le second, il entretient toujours le mystère».

 

«Kabila à l’ONU : le maître des surprises»

Journal : Le Soir (Belgique). Colette Braeckman. 23 septembre 2017

«Comme il l’avait fait devant le Premier ministre belge, le chef de l’Etat, devant une Assemblée représentant la planète entière, a réitéré sa promesse d’organiser des élections ‘libres, transparentes, irréversibles’. Mais il ne s’est pas soucié de fournir des précisions de date, ce qui sera évidemment interprété comme une nouvelle manœuvre visant à grignoter encore un peu de temps. Si nul n’est dupe, la ‘communauté internationale’ a-t-elle d’autre choix que le prendre au mot, l’obliger à honorer ses engagements ?».

 

«Joseph Kabila à l’ONU : un discours pour rien»

Journal : Afrikarabia. Christophe Rigaud. 23 septembre 2017

«Une allocution vide dans une salle vide… Le président congolais n’a pas rassuré ce samedi à New-York. Joseph Kabila a certes affirmé que ‘la marche vers les élections (était) irréversible’, mais il s’est refusé à donner une date, laissant planer le doute sur les problèmes d’organisation du scrutin».

 

«A l’ONU, Kabila se présente comme le seul garant de la sécurité de son pays»

Rfi. Marie Bourreau, correspondante à New York. Le 24 septembre 2017

« Alors certes, l’Assemblée générale était très vide pour écouter le président congolais, mais son message, entre les lignes, a sûrement été reçu cinq sur cinq : c’est lui qui détient encore les clés du pouvoir et de son éventuelle succession. ‘J’affirme que le cap vers des élections crédibles, transparentes et apaisées est définitivement fixé’, a-t-il ajouté. Joseph Kabila veut donc rester maître des horloges et ne s’engage sur aucun calendrier alors que l’ONU insiste pour qu’il respecte la date butoir du 31 décembre 2017».

 

«Au sommet de l’Etat, nous avons besoin de leaders légitimes»

Noël Tshiani, invité Afrique Rfi. 30 septembre 2017

« La promesse que le président de la République, Joseph Kabila, a faite devant la tribune des Nations unies n’est pas nouvelle. Il a toujours indiqué, dans le passé, que les élections auraient lieu. Nous, nous attendions à ce qu’il puisse dire exactement quand car l’accord de la Saint-Sylvestre prévoit une alternance démocratique, au sommet de l’Etat, au plus tard le 31 décembre 2017. Donc les élections doivent avoir lieu bien avant la fin cette année 2017. Nous sommes déçus qu’il n’y ait pas de clarté ni de précision sur la date de la tenue des élections».

 

«La Libre» ou palme de la malveillance…

Dans son article intitulé «RDC : Sale temps à l’ONU pour la kabilie», le journaliste, qui n’a pas osé s’identifier, se livre à une manipulation de très bas niveau.

Lorsque, par exemple, il soutient que «Kabila, arrivé très tard à New York n’a pu rencontrer que brièvement le président en exercice de l’Union africaine Alpha Condé. Moins de 20 minutes de tête-à-tête», il se couvre de ridicule puisque la rencontre qui a eu lieu à Millenium Palace Hotel a duré 45 minutes.

Au sujet de l’entretien Kabila-Charles Michel, le journaliste écrit : «La délégation belge était en train de plier bagages quand Kabila est arrivé avec une demi-heure de retard, explique un témoin. La rencontre n’a duré qu’une petite demi-heure». C’est faux. C’est le Premier ministre belge qui s’est rendu à Lotto New York Palace pour une audience ayant pris près d’une heure et demie. Ce n’est pas le Président Kabila qui s’est déplacé.

            S’agissant de la réunion de haut niveau tenue le 19 septembre 2017 et consacrée à l’évaluation de l’Accord du 31 décembre 2016, l’auteur soutient que «Les grandes instances internationales ont donc enregistré de facto le départ de Joseph Kabila au 31 décembre de cette année, cette Constitution lui interdisant de se présenter pour un troisième mandat». Là aussi, c’est faux sur toute la ligne. Le journaliste ne rapporte pas la posture délicate dans laquelle s’est retrouvée la délégation belge lorsque la délégation de la Sadc a convaincu l’assistance de l’impossibilité de voir s’organiser les élections au plus tard le 31 décembre 2016.

Ce n’est du reste pas pour rien qu’en séjour à Bruxelles, la Cenco – qui porte à bras le corps «Rassop/Limete» – a demandé aux partenaires de la RDC d’«harmoniser leurs prises de position vis-à-vis du gouvernement  congolais en exigeant l’organisation des élections conformément à l’esprit de l’Accord du 31 décembre 2016». Preuve qu’une nouvelle dynamique est en train de se développer.  D’ailleurs, en s’abstenant d’évoquer la lettre de cet accord, les Evêques ont conscience des réalités du terrain. Ils savent, en plus, que la fameuse «Transition Sans Kabila» préconisée par «Rassop/L» ne se fera qu’au prix de la violation de la Constitution.

Quoi de plus normal pour «La Libre» que d’enlever la palme de la malveillance  dans la manière dont son reporter a traité les sujets relatifs à la participation de la RDCongo à la 72ème assemblée générale de l’Onu.

Dommage surtout pour le Congolais qui acquiesce du seul fait que l’Occident  interprète ce qu’il est censé personnellement savoir et comprendre…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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