EDITORIAL. La faute gravissime de Didier Reynders

Dans tous les Etats respectueux du droit international – la Belgique l’est – le Gouvernement central traite à l’étranger avec des Gouvernements. C’est un principe sacré.

Dans ce contexte, un ministre d’un pays donné a pour interlocuteur attitré son homologue d’un autre pays.

Aussi, un Gouvernement ou un ministre ne peut pas engager son pays dans une relation avec un parti politique étranger.

Après tout, un parti ou un regroupement politique est une organisation privée.

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Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la Belgique, Didier Reynders avait commis une faute diplomatique d’une extrême gravité en acceptant, le 10 juin 2016, de se faire remettre les Actes constitutifs de «Rassemblement», une plateforme privée congolaise montée lors du conclave de Bruxelles-Genval.

Membre du parti politique belge Mouvement réformateur (Mr) comptant dans ses rangs des personnalités comme François-Xavier de Donnea, Armand De Decker, Charles Michel et Louis Michel, il avait toute la latitude de faire parrainer «Rassemblement» par ses camarades Réformistes sans formellement engager son pays.

Or, sur le site officiel www. diplomatie.belgium.be, le communiqué de presse publié à cet effet engage formellement l’Etat. Il est formulé : «Le Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires Etrangères Didier Reynders a reçu ce midi des représentants de l’opposition en République Démocratique du Congo (RDC), qui se sont réunis ces derniers jours à Genval. La Belgique salue le travail de rassemblement effectué cette semaine afin de parvenir à des positions communes de l’opposition. Le Ministre Reynders espère que cela se traduira par un réel échange entre la majorité et l’opposition, dans un cadre propice, tel que souhaité par l’Union Africaine. Cela doit s’inscrire dans le cadre de la Résolution 2277 (2016) du Conseil de Sécurité des Nations-Unies en vue d’un démarrage du processus électoral».

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On sait seulement que l’américain Thomas Pierrello – qui avait joué un rôle déterminant dans la création de la plateforme congolaise – lui avait refilé la patate chaude, et ce sont les relations diplomatiques entre Kinshasa et Bruxelles qui en pâtissent aujourd’hui.

Le 22 septembre 2017, une insolite s’est produite à New York : sans son ministre des Affaires étrangères pourtant sur place, le chef du gouvernement belge, Charles Michel, a été reçu en audience par le Président Joseph Kabila qui, lui, avait le VPM Léonard She Okitundu à ses côtés.

Les boutefeux actifs dans l’Opposition aussi bien en Belgique qu’en RDCongo ont banalisé cette entorse.

Assurément, ils vont banaliser l’autre entorse annoncée : la perspective de voir Didier Reynders revenir à Kinshasa pour l’inauguration de la nouvelle ambassade de son pays sans, hélas !, être reçu par le Chef de l’Etat.

Pourtant, c’est un événement de taille. En 57 ans d’Indépendance du Congo, c’est la première fois que le royaume de Belgique – ex-puissance coloniale – se dote d’installations de si haut standing.  Elle emboîte le pas à la Chine qui, jusque-là, dispose du bâtiment diplomatique le plus imposant du pays.

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Ainsi, Didier Reynders a mis à mal les relations Kinshasa-Bruxelles pour un mauvais choix politique et, à ce jour, tous les dérapages politiques, diplomatiques, sécuritaires, économiques, financiers, monétaires, sociaux etc. y ont un lien direct ou indirect.

Dans la dernière livraison de la sous-rubrique «AMUSONS-NOUS UN PEU» intitulé «Ainsi, ‘Rassemblement’ est aussi un instrument internationale», il est fait observer à ceux qui qualifient l’Accord du 31 décembre 2016 d’«instrument international» l’impératif d’admettre dans cette logique que «Rassemblement» l’est aussi. C’est au siège du ministère belge des Affaires étrangères, le Palais d’Egmont, et sous les drapeaux de la RDCongo, de la Belgique et de l’Union européenne que Didier Reynders avait réceptionné les Actes constitutifs de cette plateforme.

«On finirait bien par déduire qu’en RDCongo se déroule une ‘drôle de guerre’ avec pour belligérants clairement identifiés l’instrument international ‘Rassemblement’ et l’Etat congolais !», avons-nous noté.

Bruxelles n’est pas sans savoir que toutes les initiatives occidentales de fabriquer des Oppositions à partir de l’Europe ou de l’Amérique pour les imposer par la suite à des régimes africains et asiatiques accentuent plutôt qu’elles ne résolvent les crises.

Cette fois-ci, on ne soutiendra pas que la crise soit venue de Kinshasa.

D’ailleurs, les faits indéniables prouvent amplement que la plupart des crises qui caractérisent les relations entre la Belgique et la RDCongo commencent par Bruxelles.

C’est un devoir pour tout congolais de chercher à savoir pourquoi !

Oui, pourquoi…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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