EDITORIAL. Mukwege, encore du «copier-coller» !

«Pour que des élections claires, transparentes et crédibles puissent avoir lieu, il faut que le pouvoir actuel se retire. Il faudra alors mettre en place une équipe neutre, qui sera chargée de mettre les choses en place et d’organiser les élections. Il faudra mettre en œuvre les principes qui permettront que désormais tous les partis politiques, après transition, puissent concourir à égalité des chances, défendre leur programme».

Ces propos, extraits de l’interview accordée au journal belge «Le Soir», sont du Dr Denis Mukwege.

Qu’apportent-ils de neuf pour enrichir le débat démocratique ? Rien !

Rien en ce qu’ils reprennent mot à mot ceux de Moïse Katumbi et Félix Antoine Tshilombo dans leur communiqué du 18 septembre 2017 publié la veille de la réunion d’évaluation de l’Accord de la Saint Sylvestre en marge de la 72° assemblée générale de l’Onu à New York. Ou encore ceux propos de sa conférence à l’université John Hopkins le 26 septembre à Washington.

Rien non plus par rapport à ceux de la députée euro-européenne Cécile Kyenge tenus en marge de la semaine congolaise organisée à Bruxelles du 25 au 28 septembre.

***

Récapitulons-les avec plus de détails, question d’une édification claire et nette :

18 septembre. Dans son communiqué, le tandem Katumbi-Fatshi préconise une Transition : «conduite par des personnalités éminentes consensuelles chargées de préparer les élections démocratiques, libres, transparentes et paisibles qui ne sont pas possibles, ni avec M. Kabila ni avec la commission électorale (Céni) dans sa configuration actuelle».

26 septembre. Dans la partie intitulée «NOTRE FEUILLE DE ROUTE POUR UNE SORTIE DE CRISE», le président de «Rassemblement» souligne à l’attention de son auditoire que «Cette période devra être conduite par des personnalités éminentes consensuelles chargées de préparer les élections démocratiques, libres, transparentes et paisibles qui ne sont pas possibles ni avec Mr Kabila, ni avec la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) dans sa configuration actuelle».

1er octobre. Dans une interview à Actualité.cd, Cécile Kyenge affirme : «Ma position n’a pas changé. Dès le début, j’ai toujours milité pour une transition sans Kabila. Ça n’a pas été ainsi parce qu’il y a eu Accord. J’ai toujours dit que le mandat de Kabila a expiré dès décembre 2016. Il est là grâce à cet accord. Il a tout intérêt à respecter cet accord. Je dois respecter la position du peuple congolais, mais ma position, c’est une transition sans Kabila. Maintenant, que nous allons aux élections. Je crois que des élections crédibles ne peuvent avoir lieu qu’après une transition sans Kabila».

***

Observons que ces déclarations ont toutes pour singularité de ne se référer nullement à la Constitution du 18 février 2017, s’agissant précisément de la gestion de cette transition.

Pour faire bref : en véritables «copier-coller», celles de Moïse Katumbi, Félix Antoine Tshilombo, Cécile Kyenge et Denis Mukwege, relayées par Pierre Lumbi, Olivier Kamitatu, Christophe Lutundula, Jean-Marc Kabund wa Kabund et Sindika Dokolo annoncent la mise à mort inéluctable de la Constitution à date du 31 décembre 2017.

Que reste-t-il alors à faire, maintenant qu’on est tous avertis, et encore de manière si ostentatoire, que le 31 décembre 2017 à 0h59, la RDC n’aura plus de Constitution ?

Dans une chronique «Sans protection de la Constitution, la ‘Transition Sans Kabila’ fragilise la RDC !», l’alerte sonnée est celle du rapport des forces entre les forces en présence, le moment venu. «Le rapport des forces serait tel que le pouvoir pourrait être pris et même confisqué pour longtemps par toute personne physique ou morale capable de prendre ou reprendre les choses en main…».

L’histoire renseigne que Mobutu avait pris le pouvoir pour 5 ans. Il l’a gardé 32 ans durant. Mzee voulait des élections dans 2 ans. On connaît la suite.

Alors, arrêtons de blaguer avec une Transition pour 6 mois.

Médecin de son état, Denis Mukwege a la science infuse pour saisir les contraintes de la guérison. L’opinion retiendra simplement qu’un certain 1er janvier 2018, la RDC risque de se réveiller sans Constitution, et il y sera pour beaucoup…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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