Page d’Histoire pour Alexander De Croo. Nigel Farage : «Vous venez de Belgique qui est plutôt un non-pays» !

 

  • «Je ne veux pas être impoli, mais vraiment, vous avez le charisme d’une serpillière humide et l’apparence d’un petit employé de banque. (…) Qui êtes-vous ? Je n’avais jamais entendu parler de vous, personne en Europe n’avait jamais entendu parler de vous. (…) Vous venez de Belgique qui est plutôt un non-pays», avait-il déclaré en 2009 à Herman Van Rompuy…

 

Au moment où Alexander de Croo en rajoute à la confusion sciemment  entretenue sur la Place de Bruxelles en considérant la RDCongo non «pas un État, mais un système d’enrichissement personnel», l’effet boomerang à lui arriver est le rappel des propos sur son propre pays tenus par l’eurodéputé Nigel Farage entré dans l’histoire d’Europe comme le meneur du Brexit, c’est-à-dire la sortie de la Grande Bretagne de l’Union européenne. Dans un compte-rendu  parvenu à la rédaction de «www.congo30juin.com», il est fait état du mandat d’Herman Van Rompuy en qualité de président du Conseil européen commencé «théoriquement le 1er décembre 2009, date d’entrée en vigueur du traité de Lisbonne». Le document précise : «Selon ce traité, le président permanent ne peut assumer de mandat national le temps de sa présidence. Herman Van Rompuy quitte donc son poste de Premier ministre le 25 novembre 2009. Exceptionnellement, de manière à permettre au Premier ministre suédois (président tournant du Conseil européen jusqu’au 31 janvier 2009) de terminer son mandat, Herman Van Rompuy a commencé son mandat le 1er janvier 2010». Et relève : «Lors de sa première apparition au parlement européen, le Britannique Nigel Frarage crée le scandale en l’interpellant» dans les termes sus-évoqués. Ceux d’une Belgique non-Etat…

 

Ministre Charles Michel en charge de la Coopération, Alexander de Croo croit donner des leçons de gestion de l’unique Etat belge atypique au monde à un Etat plutôt typique. Atypique puisque réunissant en fait trois entités, la Belgique a la singularité d’avoir – juste un exemple – des «Etats» ayant chacun ses propres lois et règlements.

«Etat fédéral depuis 1993 composé de différentes entités fédérées», son pays l’est effectivement en ce qu’elle comprend la «Communauté flamande», la «Communauté francophone» et la «Communauté germanophone» fonctionnant au sein de trois régions dont la «Région flamande», la «Région wallonne» et la «Région bruxelloise». Son pays se distingue en plus avec quatre régions linguistiques, à savoir la «Région néerlandaise», la «Région française», la «Région bilingue de Bruxelles» et la «Région de langue allemande».

Ainsi, pendant qu’une décision prise à Kinshasa est d’application stricte à Isiro, à Zongo, à Kapanga et à Tshela, celle prise par contre à Bruxelles peut être ne pas être reconnue à Jabbeke ou à Aywaille, sinon à Gembloux, à Bütgenbach ou à Libin.

Or, l’Etat, selon le dictionnaire élémentaire, c’est soit une «nation soumise à un gouvernement commun et à des lois communes», soit une «communauté soumise à un gouvernement commun et à des lois communes au sein d’une nation», soit une «administration centrale d’une nation ou d’une communauté soumise à un gouvernement commun et à des lois communes». Ou encore, une «Entité politique constituée d’un territoire délimité par des frontières, d’une population et d’un pouvoir institutionnalisé».

Dans tous les cas de figure présentés, la Belgique n’est qu’un Etat virtuel.

Quoi de plus normal que Nigel Farage en vienne à la qualifier de «non-Etat» !

Dans sa livraison du 4 juillet 2016, «Le Monde» dit de ce personnage : «Le Brexit, c’était lui. Depuis plus de dix ans, Nigel Farage bataillait pour que le Royaume-Uni quitte l’Union européenne. C’était même la raison d’être du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP ; anti-européen et xénophobe) dont il a pris la présidence en 2006. C’est encore lui qui, en menaçant de débaucher les députés conservateurs eurosceptiques, avait conduit David Cameron à promettre un référendum».

«…homme d’affaires» avant d’être «homme politique»

C’est justement parce que la Belgique n’est véritablement pas un Etat dans le sens classique du terme que son leadership se contredit dans des actes d’Etat.

A preuve, si la RDC n’est «pas un État, mais un système d’enrichissement personnel» comme le déclare Alexander De Croo, la première question que l’intéressé a le devoir intellectuel de se poser est de savoir depuis quand ce pays, au cours de ces 57 dernières années d’Indépendance, a fait l’exception ! Car, issu de la Conférence de Berlin en 1885, l’Acte général de Berlin engageant le roi Léopold II a ouvert le bassin du Congo à toutes formes de razzias.

D’ailleurs, la veille de la déclaration d’Indépendance le 30 juin 1960, la Belgique avait confirmé elle-même ce système en s’emparant du patrimoine congolais constitué de sociétés  à charte, laissant le nouvel Etat sans ressources financières solides.

Né en 1975, fils d’Herman de Croo avec Françoise Desguin, Alexender De Croo a commencé sa vie professionnelle comme «homme d’affaires» avant d’être «homme politique». De 1974 à 1995, c’est-à-dire sous le mandat du maréchal Mobutu, son père fut tour à tour été ministre de l’Éducation nationale (Gouvernements Tindemans I et II), ministre des PTT (Postes, Télégraphes et Téléphones) et des Pensions (Gouvernement Martens III), ministre des Transports et des PTT (Gouvernement Martens V), ministre des Transports et du Commerce extérieur (Gouvernements Martens VI et VII) et président de la Chambre des représentants , président du V.L.D, député fédéral, sénateur, député flamand, bourgmestre de Michelbeke et Premier échevin de Brakel.

Or, Tindemans et Martens avaient la réputation d’avoir des relations presqu’intimes avec le maréchal.

Pour l’histoire, les fonctions ministérielles d’Herman de Croo l’avaient conduit plusieurs fois à Kinshasa pour négocier des contrats d’investissements (donc d’affaires) avec le Zaïre. Ce serait alors surprenant que le fils n’en ait pas profité. Directement ou indirectement.

Juste un accident de l’Histoire

On peut comprendre que la solidarité des affaires l’ait rapproché naturellement de Moïse Katumbi. Mais, lorsque le belge affirme que la RDC est juste «un système d’enrichissement personnel», le premier congolais à se sentir concerné et à la fois  ridiculisé ne peut qu’être le dernier gouverneur du Katanga, connu dans le monde entier grâce au lobbying de Cécile Kyenge comme opérateur économique « prospère ». Ceci de un.

De deux, bénéficiaire de ce système instauré sous Léopold II, Alexender De Croo aurait dû avoir la présence d’esprit de se demander pourquoi son pays, la Belgique, continue-t-il de maintenir une présence permanente de son ambassadeur plénipotentiaire et extraordinaire à Kinshasa et, surtout, de trois, expliquer le sens de l’aménagement des nouvelles installations diplomatiques dans la capitale d’un pays passant pour corrompu ! Ou encore, de quatre, chercher à savoir que vaut son propre ministère sans les besoins humanitaires de la RDCongo !

Au fait, des personnalités publiques comme Alexender De Croo ne sont ce qu’elles sont que grâce au Congo. Les Congolais savent que dans toutes les tribunes internationales, la participation des officiels belges n’a de portée que lorsqu’il est question de parler «Congo». Effectivement, rares sont les tribunes internationales où la Belgique intervient sans avoir sous l’aisselle le dossier «Congo». Pourtant, elle a elle-même des problèmes internes susceptibles de remettre en cause le concept d’Etat.

La chance de ces officiels est d’avoir en territoire congolais des acteurs politiques et civils prêts à leur apporter un mouchoir de poche à chaque toussotement. C’est le cas, justement, des acteurs politiques comme André-Claudel Lubaya, premier à retwitter les propos d’Alexander De Croo pendant qu’il venait de qualifier d’«aventuriers» les membres de la Commission de l’UA venus s’informer du processus électoral congolais !

Heureusement que la Nature a sa façon de faire justice. Car, en considérant la RDC juste comme «un système d’enrichissement personnel», Alexander De Croo est bien obligé de se souvenir de la sentence de Nigel Farage selon laquelle la Belgique, elle-même, «est plutôt un non-pays».

Moralité : dans la culture congolaise de laquelle Alexender De Croo a encore beaucoup à apprendre, tout parent qui ridiculise publiquement son proche parent passe pour un irresponsable. Faut-il encore chercher à savoir pourquoi le VPM belge de la Coopération s’est mis en spectacle.

Il n’est pas exclu – comme relevé dans l’Editorial – qu’il se soit prononcé subtilement  pour la mise de la RDCongo sous la tutelle des Nations Unies simplement parce que les autres schémas se révèlent sans issue rassurante…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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De Croo pour la mise de la RDC sous tutelle de l’Onu !

 

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