EDITORIAL. «+ 504 jours», timing connu depuis 2016 !

De l’intérieur comme de l’extérieur, la Céni est  obligée de publier le calendrier électoral. Corneille Nangaa ne l’a pas encore fait de façon formelle. Il attend la tripartite «Gouvernement-Cnsa-Ceni» prévue dans l’Accord du 31 décembre 2016 pour « Apprécier consensuellement le temps nécessaire pour le parachèvement desdites élections…», celles-ci étant la présidentielle, les législatives et les provinciales mises dans une séquence unique et à organiser au plus tard le 31 décembre 2017, mais aussi les Elections sénatoriales, des gouverneurs et vice-gouverneurs des  provinces sans indication de période et les élections locales, municipales et urbaines prévues, elles, «en 2018». Authentique. D’où le non-sens de l’argument selon lequel cet accord a une durée d’un an. Cette tripartite a finalement démarré le 14 octobre 2017 au Palais du Peuple.

Corneille Nangaa a-t-il créé un événement avec le désormais célébrissime «+504 jours» ?

Evidemment pas. Pour la bonne et simple raison que ce timing est connu des participants au Dialogue de la Cité de l’Ua à Kinshasa sous la facilitation de l’Union africaine tout comme des participants aux Négociations du Centre interdiocésain sous la médiation de la Cenco.

Aucune logique ne peut expliquer le double langage de sa part, encore que ce timing ait  été déterminé avec le concours des experts électoraux de l’Onu (via la Monusco), de l’Union africaine, de l’Union européenne et de l’Oif.

En d’autres termes, les délégués de la partie prenante dénommée «Rassemblement», «Front pour le Respect de la Constitution» et «Société civile» non signataires de l’Accord du 18 octobre 2016 l’ont toujours su.

***

Serait-ce alors la raison des manœuvres entretenues autour de la désignation du Premier ministre et, singulièrement, du successeur d’Etienne Tshisekedi à la présidence du Cnsa ? Et pourquoi pas !

Réfléchissons froidement sur ces manœuvres.

Dans un premier temps, le G7 – qui connaît la conséquence logique de la nomination du Premier ministre issu des rangs de «Rassemblement» – jette son dévolu sur Félix Antoine Tshilombo.

Pourtant, aux termes de la Loi n° 07/008 du 04 décembre 2007 portant statut de l’opposition politique, le G7 a conscience des effets de l’article 4 selon lequel «Est réputé avoir renoncé au statut de l’Opposition politique, le parti politique ou le regroupement politique qui accepte de partager les responsabilités de l’Exécutif aux niveaux national, provincial, urbain, municipal ou local».

Samy Badibanga a perdu son statut d’Opposant pour avoir accepté de devenir Premier ministre. Bruno Tshibala le perdra plus tard. Jamais deux sans trois, dit-on.

Même si la tentation de succession est forte, Fatshi n’a certainement pas envie de perdre le sien pour une «période préélectorale et électorale» susceptible de ruiner ses atouts. Surtout après le décès du père protecteur.

Or, le G7 – qui venait de quitter une quinzaine de mois plus tôt la Majorité présidentielle, principalement le Gouvernement – n’a aucune raison de perdre son statut acquis à la 25ème heure. Il va profiter de la disparition d’Etienne Tshisekedi pour s’emparer carrément de la présidence du Cnsa, et même susciter une crise ayant occasionné des dégâts sérieux à la plateforme de Bruxelles-Genval. SA plateforme.

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Au regard de ce qui précède, Félix-Antoine Tshilombo et Pierre Lumbi savaient qu’ils n’avaient rien à gagner d’une tripartite «Gouvernement-Cnsa-Céni» devant les mettre, le moment venu, face à un Corneille Nangaa qui ne pouvait que sortir de sa manche la carte  «+504 jours». Il en va de leur honneur, de leur crédibilité face à un «Peuple d’Abord» dressé avec des cartes «jaune» et «rouge».

La seule parade à leur portée n’aura été que le recours aux manœuvres dilatoires pour bloquer l’application de l’Accord du 31 décembre 2016.

La nature ayant horreur du vide, Bruno Tshibala et Joseph Olenghankoyi ont pris les deux postes, et ils acceptent aujourd’hui de partager la responsabilité de la carte Nangaa. On ne peut pas leur dire qu’ils ont trahi. Après tout, sur le terrain, les choses évoluent positivement. Pas plus tard que le 19 décembre 2017 à New York, la réunion d’évaluation de l’Accord de la Saint Sylvestre «a reconnu les progrès réalisés par la CENI dans l’enregistrement des électeurs, avec l’aide de la MONUSCO et le suivi de l’Organisation internationale de la Francophonie, et a souligné la nécessité d’une publication anticipée d’un calendrier électoral et d’un budget, selon l’accord du 31 décembre 2016».

On peut dire qu’avec l’annonce du timing «+504 jours», on y est !

L’opinion n’attend désormais de «Rassop/L» que la déclaration solennelle selon laquelle  au Centre interdiocésain Corneille Nangaa a tenu un discours différent. Tant qu’il ne le fera pas, il leur sera opposé la réponse : « vous le saviez ! »…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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