Réaction maladroite. Félix refile la patate chaude «TSK» à la Cenco !

 

  • Personne de sensé ne voit le Saint Siège donner sa caution à une plénière de la Cenco pour procéder à la déchéance de Joseph Kabila et à la désignation de son successeur en dehors des dispositions constitutionnelles…

 

 

Il est des signes qui ne trompent pas. Le peu d’intérêt manifesté jusque-là par les médias dits périphériques aux propos inflammables de Félix Antoine Tshilombo lors de sa conférence du 12 octobre 2017 prouve amplement qu’ils relèvent du dépit et non de la  conviction. Ceux qui s’attendaient à des réactions spontanées des combattants dans la rue sont embarrassés. Visiblement, les combattants avertis savaient que la Céni devait publier le même calendrier électoral autrefois communiqué au Dialogue de la Cité de l’Union africaine avec une planification intégrant l’ajout de 504 jours après publication du fichier électoral consolidé. C’est ce fichier qui va constituer le corps électoral convocable pour les élections dûment programmées. Dans cette logique, la communication de «Rassop/L» devrait édifier l’opinion sur ce qui avait été dit au Centre interdiocésain au sujet du processus électoral. Or, cela n’est pas du tout le cas. D’ailleurs, le texte de conférence de Fatshi semble ne pas avoir été livré aux médias… 

 

Le constat est d’emblée embarrassant : la « rue kinoise » acquise à l’Udps ou à «Rassop/Limete» est calme. C’est plutôt Abraham Luakabwanga (lire la sous-rubrique «AMUSONS-NOUS UN PEU») qui a tenté le 13 octobre dernier d’inciter les combattants à la révolte. Il a annoncé des cas de mort survenus à Lubumbashi pendant qu’il débattait. On, il n’en était rien.

C’est vrai que les propos de son chef la veille étaient de nature à enflammer le «Peuple d’Abord». «…j’appris avec indignation les propos irresponsables de Corneille Nangaa s’exprimant devant les membres de la société civile et des partis politiques qui renvoyait les élections aux calendes grecques. (…) devant cette énième forfaiture, Joseph Kabila et son serviteur Corneille Nangaa ont déclaré la guerre au peuple congolais et se sont disqualifiés. C’est ici l’occasion de rappeler les résolutions du deuxième conclave de l’opposition qui prévoit une transition sans Joseph Kabila avant le 31 décembre 2017 et une Ceni renouvelée», a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : «Le cadre de l’accord de la Saint Sylvestre n’est pas mort, on peut le ressusciter avec l’aide de la Cenco et on désignera le remplaçant de Joseph Kabila. Appelez ça troisième dialogue, moi je ne suis pas dans la querelle des mots à partir du moment où tout cela aura lieu après Joseph Kabila», a-t-il dit non sans annoncer «le lancement de la campagne de mobilisation populaire» par des visites à la base à entreprendre «à travers le Congo profond», le calendrier devant être communiqué incessamment…

Depuis, le «Peuple D’Abord» est comme tétanisé par la gestion à la petite semaine à laquelle se livre le leadership de l’Udps en particulier, de «Rassop/L» en général en la personne de Fashi pour un enjeu aussi hypersensible que celui de la publication du calendrier électoral.

Réactions enregistrées

Parmi les réactions enregistrées jusque-là, côté «Rassop/Limete», on peut retenir celle de Christophe Lutundula, soupçonné d’être le concepteur des schémas stérilisants «régime spécial» et «Transition Sans Kabila». «C’est inacceptable parce que d’abord depuis que ce pays existe, c’est la première fois qu’un cycle électoral va durer 4 ans, tout un mandant politique. Cela signifie simplement qu’ils gagnent du temps pour tout verrouiller et à un moment donné improviser les élections pour les gagner. Ce qui est tout à fait contraire à la Constitution et ce qui serait en tout cas un fâcheux précédent et porteur de la déstabilisation de notre pays. En permanence, il y a un peuple qui est sous tension, il ne sait pas à quel saint se vouer à qui donner la tête pour sa survie. Il faut éviter de pousser les Congolais, qui ne parlent peut-être pas aux extrêmes, de nous surprendre un beau matin pour arriver à une situation ingérable et aux conséquences difficilement maitrisables», a-t-il déclaré à Rfi le 13 octobre 2017.

C’est à quoi a réagi André-Alain Atundu, porte-parole de la Mp, en rappelant que «l’accord du 31 décembre dernier signé entre le pouvoir et l’opposition prévoit la possibilité d’un nouveau report si jamais la Commission électorale, le gouvernement et le Conseil national de suivi de l’accord se mettent d’accord». Triple A a souligné dans cette logique que «Cette communication de la Céni est un appel à la raison, à la classe politique particulièrement à nos partenaires de l’opposition qui pensait imposer leurs volontés sur les contraintes techniques. Il est raisonnable de se plier aux exigences techniques qui sont différentes des inspirations politiques. Le plus important, c’est d’avoir des élections crédibles. La crédibilité, ce sont les données fiables, les processus transparents et le consensus de tout le monde, la date ce n’est pas un élément de crédibilité».

Ce qui n’est pas l’avis de la Lucha qui y trouve plutôt de nouvelles manoeuvres de la Mp de se maintenir au pouvoir. «Il n’y a plus à attendre. Congolais, la force de la rue, c’est maintenant… ou jamais», a-t-elle fait savoir.

Intervenant devant le Conseil de sécurité de l’Onu le 11 octobre 2017, le chef de la Monusco Maman Sidikou a estimé qu’«A l’heure actuelle, la publication d’un calendrier électoral réaliste, l’établissement d’un budget pour la tenue des élections, la mise en œuvre des mesures de décrispation et la garantie du respect des droits et libertés fondamentales sont les principales conditions à remplir pour faire avancer le processus politique« .

C’est vrai que le lendemain, devant les acteurs de la classe politique et les activistes de la Société civile ayant répondu à son invitation, Corneille Nangaa s’est voulu modeste. «Je suis votre serviteur. Je suis obligé de vous dire la vérité pour que chacun arrive à comprendre le contexte actuel dans lequel le lancement des opérations d’enrôlement. Le processus d’identification des électeurs se déroule bien, à part les difficultés rencontrées sur terrain« , leur a-t-il dit.

Les activités en sus du «+504 jours, il les a justifiées par la répartition des sièges par circonscription, l’inscription des candidatures, la commande, la production et la livraison des matériels sensibles, le déploiement des matériels, le recrutement, la formation et le déploiement des agents électoraux, les scrutins proprement dits avec vote et dépouillement, ramassage et agrégation des résultats, contentieux suivi de la proclamation définitive des résultats.

Expert en matière électorale, Jérôme Bonso de la Linelit et de l’Aeta, résume ce processus en ces termes : «Avec ce que la CENI vient de démontrer, nous avons compris qu’il faudrait aller travailler beaucoup plus sur la sensibilisation pour que les coins les plus reculés soient déjà informés de l’usage de la machine, ses avantages et ses inconvénients, et mettre les deux sur la balance», s’agissant naturellement de la machine à voter qui permet à la fois un gain considérable et de temps, et d’argent.

L’une et l’autre profitent du «crime»…

En quoi alors consiste la patate chaude refilée à la Cenco ?

Dans l’entendement de Fatshi, le cadre indiqué pour le remplacement de Joseph Kabila est l’adoption d’une période devant «être conduite par des personnalités éminentes consensuelles chargées de préparer les élections démocratiques, libres, transparentes et paisibles qui ne sont pas possibles ni avec Mr Kabila, ni avec la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) dans sa configuration actuelle» !

Ainsi, Félix Antoine Tshilombo demande calmement à la Cenco de convoquer simplement une plénière au cours de laquelle les signataires de l’Accord du 31 décembre 2016 vont, eux, solennellement désigner le Président de la République intérimaire en dehors de la Constitution, au motif d’une situation spéciale. Et, bien entendu, les évêques concernés par l’Accord vont spontanément se prêter à ce coup d’Etat plutôt ecclésial que constitutionnel.

Si le G7 voulait sincèrement brûler l’Udps, il ne s’y serait pas pris autrement. Il faut effectivement n’avoir aucun sens politique pour en arriver à une telle maladresse. Il n’est d’ailleurs pas exclu qu’au Vatican on n’ait pas apprécié cette idée saugrenue. D’où la banalisation dans les médias occidentaux de la dernière prestation du lider minimo.

Vrai ou faux, l’erreur de la Mp et du Pouvoir serait cependant de croire que le silence de la «rue udépésienne» résulte de la lassitude. Cette rue, dont le G7 se sert pour faire croire à l’opinion internationale qu’il est une force politique redoutable alors qu’il ne l’est pas du tout, conserve toute sa capacité d’un réveil brusque et catastrophique. Raison pour laquelle il est impératif  pour la Mp et le Pouvoir d’entreprendre en sa direction une action de communication bien ciblée. Celle commençant par attirer son attention sur le fait que « Rassop/Limete» en général et l’Udps en particulier l’ont toujours su : le «+ 504 jours» n’est pas le résultat d’une roue réinventée. Il a été présenté aussi bien à la Cité de l’Union africaine qu’au Centre interdiocésain par la même Ceni, restée constante.

Par contre l’inconstance à la base du «glissement» est le résultat de la versatilité d’une certaine classe politique et d’une certaine société civile.

L’une et l’autre profitent certainement du «crime»…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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