Injustement accusée, Bgfi dédouanée par le gouverneur de la Bcc

 

  • «Il n’y a pas de liens entre BGFI et Congo Futur», a affirmé Déogratias Mutombo

 

  • De son côté, la Bgfi rejette les accusations de soutien aux terroristes Hezbollah. D’ailleurs, elle déclare qu’à l’ouverture des comptes, «toutes les procédures de vérifications d’usage à l’entrée en relation d’affaires avec elle» sont effectuées «pour bien connaître le client»…

 

Du «copier-coller», c’est devenu une pratique en normalisation dans la corporation des médias. Surtout lorsque la motivation est essentiellement politicienne. Pas plus tard que le 16 octobre dernier, quelques tabloïds de la presse congolaise ont cru faire sensation en exploitant un rapport du même cru que ceux des thinks tanks et ONGDH américains de la Galaxie Soros publiés dernièrement. On pensait, avec le bide de cette campagne, qu’on ferait cette fois beaucoup plus attention à ce qui arrive par Internet en «fast food». Que non ! L’intention de nuire vient encore de l’emporter sur les principes de déontologie et d’éthique. Heureusement que la vérité finit toujours par rattraper le mensonge… 

 

En séjour aux Etats-Unis, Deo Gratias Mutombo, gouverneur de la Banque Centrale du Congo, a animé le 19 octobre 2017 à «Atlantic Council» de Washington une conférence sur «les relations des banques congolaises avec d’éventuelles sociétés suspectées de blanchissement d’argent et de lien avec le terrorisme», selon mediacongo.

Think tank américain, «Atlantic Council» est devenu presqu’un passage obligé pour les questions politiques, sécuritaires, diplomatiques et économiques de la RDCongo. Il compte parmi ses derniers  invités Moïse Katumbi et Floribert Anzuluni.

Sous le titre «RDC en 1ère ligne de la lutte anti-blanchiment d’argent» mis en ligne le 19 octobre 2017 à 18h42, il ressort, selon les propos du gouverneur de la BCC, que «La BGFI a toujours collaboré avec les autorités bancaires américaines sur certains dossiers suspects (…)» et qu’il lui est même arrivé de fermer des comptes. Et de préciser : «A la banque centrale, nous veillons à l’obligation de surveillance, de vigilance pour identifier chaque client. Tous les transferts internationaux sont soumis aux contrôles imposés par les réglementations d’urgence et en matière de lutte de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme».

La dépêche poursuit : «Un groupe d’enquêteurs de l’ONG américaine Enough Project a annoncé mardi avoir découvert qu’une banque congolaise (BGFI) autorisait des transferts d’argent vers des entreprises ou des particuliers finançant le Hezbollah» (Ndlr : le mardi 16 octobre 2017, jour de l’élection de la RDC au Conseil des droits humains de l’Onu).

Coïncidence fortuite ou non, Enough Project fait partie des ONGDH qui se sont donné rendez-vous le 12 octobre dernier à La Haye pour une réunion dite de haut niveau organisée par le Groupe international sur la région des Grands Lacs.

A en croire le website 7sur7.cd dans sa livraison du lendemain, cette réunion devait «plancher sur la crise politique, sécuritaire et humanitaire en RDC» et les sept ONGDH concernées, dont Asadho, Raid, Human Right Watch, The Enough Project, Plateforme de Protection des Lanceurs d’Alertes en Afrique, Réseau européen pour l’Afrique Centrale et Sherpa, «se sont invitées dans le débat en demandant au Groupe de contact international d’infliger des sanctions au président Kabila, à sa famille et à ses associés d’affaires». D’ailleurs, lit-on dans l’article intitulé «Crise en RDC-Réunion jeudi à la Haye de l’UE-USA-ONU : 7 ONGs plaident pour l’élargissement des sanctions contre J. Kabila», Ida Sawyer, directrice pour l’Afrique centre de Hrw, estimait que le fait d’«attendre plus longtemps sans sanctionner ne fera qu’encourager le recours par Kabila à la violence, à la répression et au pillage pour se maintenir au pouvoir et c’est le peuple congolais qui continuera à payer le prix fort».

Pas de doute donc : Enough Project a agi quasiment en mission commandée en ciblant la Bgfi.

Des doutes sur la méthodologie…

Autre source importante : le siteweb Zoom Eco. Dans sa dépêche du 19 octobre 2017 intitulée «Deogracias Mutombo : ‘Il n’y a pas de liens entre BGFI et Congo Futur’», il est fait état de la procédure de vérification. Celle-ci est «caractérisée par les exigences de conformité internationale dont les outils décisifs que toutes les banques utilisent chez nous, notamment la liste OFAC, la base de données de l’Interpol des personnes frappées des sanctions nationales et internationales, la base de données partagées de l’UE sur les mêmes personnes sanctionnées, la base de données de la centrale des risques de la Banque Centrale du Congo (BCC), la base de données de la Cellule Nationale de Renseignement Financière (CENAREF) et également les outils de contrôle exigés par les correspondants bancaires européens et américains».

Ces vérifications, soutient le gouverneur de la Bcc, «n’ont pas eu à démontrer des liens ni directs ni indirects avec Congo Futur», ce d’autant plus qu’«Aucun des correspondants n’avait eu à bloquer les transactions initiées par ces trois sociétés. Mais, il y a eu du temps mis pour répondre aux demandes des correspondants sur les justificatifs liés à ces opérations ».

L’Ofac, va-t-il ajouter, «a eu à bloquer les fonds liés à une transaction initiée par l’un des clients qui s’appelle Kin Trading. Et à la suite de ce blocage, la BGFI avait décidé de mettre un terme à la relation avec ce client. La BGFI a dressé une demande à OFAC pour connaître la raison du blocage. Mais c’est une demande qui est restée sans réponse jusqu’aujourd’hui».

Le gouverneur a été suffisamment affirmatif en relevant que «Pour les autres clients, à part Kin Trading dont les relations ont été rompues, jusqu’à ce jour, des vérifications menées n’indiquent pas des liens, ni directs ni indirects, de ces sociétés avec Congo Futur».

Ce dont on peut au moins être sûr, c’est qu’au cours de la conférence d’Atlantic Council, signale mediacongo, «de nombreux spécialistes ont émis des doutes sur la méthodologie employée par les enquêteurs» de l’ONG Enough Project au motif simple que «Les banques ont l’obligation de sûreté prudentielle de toutes transactions de manière à signaler à la cellule nationale des renseignements financiers par déclaration de soupçons, toutes les opérations jugées inhabituelles dont l’origine des fonds n’est pas justifiée».

Pour ce faire, a relevé le conférencier congolais, «Sur le plan national, le pays est en relation avec beaucoup d’organisations régionales et internationales qui sont dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ».

D’ailleurs, il s’est fait fort de rappeler à ce sujet précis que les banques congolaises ont même fait le déplacement des Etats-Unis en juin 2017, précisément au Département du Trésor. «Nous avons l’obligation de geler les avoirs de toutes les personnes sanctionnées par les USA, l’ONU ou toute organisation internationale. Notre système bancaire ne laisse pas de complaisance ou de possibilité au financement du terrorisme ou au blanchiment des capitaux car très normatif et très contraignant».

En conclusion, a-t-il déclaré, la Banque Centrale du Congo attend «avec sérénité», les résultats des enquêtes des services compétents.

Pourquoi précisément Bgfi

Quel lien cependant établir entre l’ONG «ENOUGH PROJECT» et «THE SENTRY» qui passe pour auteur du rapport «Le trésorier des terroristes» impliquant la Bgfi ?

Une recherche assidue sur le Net révèle que «THE SENTRY » ou «LA SENTINELLE» est «une équipe d’analystes politiques, d’experts régionaux et d’enquêteurs financiers qui suivent l’argent afin de créer des conséquences pour ceux qui financent et profitent du génocide ou d’autres atrocités de masse en Afrique…». Avec pour cofondateurs George Clooney et John Prendergast, il s’agit d’«une initiative du projet Enough», l’ONG ayant pris une part active à la rencontre de La Haye où elle a été soutenir le schéma d’une «Transition Sans Kabila».

Déjà, quand on lit ce rapport, les notes bibliographiques font référence à des écrits de Colette Braeckman, Xavier Counasse, Michael Kavanagh, Thomas Wilson,  Reuters, Bloomberg etc. qui sont loin d’être des enquêtes exhaustives avec possibilité d’obtention de la version de la partie incriminée.

Grosse ou petite curiosité – c’est selon – les documents (articles, rapports, communiqués) en références sont tous des années 2015, 2016 et 2017. Années d’accentuation de la crise politique pour non-tenue des élections.

La question, à partir de ces évidences, est de savoir comment des Congolais matures se sont laissé abuser – à moins d’une opération commanditée – en récupérant naïvement et en médiatisant fortement un rapport dressé manifestement dans l’intention de nuire à une banque privée, et pourquoi précisément Bgfi, mais surtout au profit de qui…

Suivez mon regard !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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