De plain-pied dans le culte de personnalité, Félix : «…je suis dans le Père, et le Père est en moi »

 

  • «Dès cet instant, nous ne considérons plus Joseph Kabila comme président», a-t-il déclaré à son arrivée à Lubumbashi lundi dernier…

 

  • Dans son interview à Rfi, il a créé un incident diplomatique en qualifiant d’«irresponsables» les 153 pays ayant voté pour la RDC au Conseil des droits de l’homme de l’Onu…

 

La banderole n’a rien de surprenant avec les effigies de Félix à gauche et d’Etienne à droite. Le «Parlement Debout» de l’Udps/Lubumbashi a étalé devant son siège un message inspiré de Jean 14 : 10 selon lequel «…je suis dans le père et le père est en moi». Le concepteur a pleinement raison de voir dans les faits et gestes d’Etienne Tshisekedi ceux de Félix Antoine Tshilombo. «Le Roi est mort, vive le Roi», pourrait-on dire. C’est si vrai que les propos du fils rapportés notamment par Rfi dans les journaux du 24 octobre 2017 renvoient effectivement aux prestations du lider maximo, mépris garanti, à l’époque où, chaque fois qu’il ouvrait la bouche, Etienne Tshisekedi faisait un malheur avec ses « tirs à balle réelle »…

 

«Les fameux 504 jours de Corneille Nangaa, nous ignorons ça et donc nous maintenons… Ça renforce d’ailleurs notre détermination à voir la fin du règne Kabila au plus tard le 31 décembre. Après ça, nous agirons autrement s’il continue de se maintenir par défi à la tête du Congo. Donc pour nous, c’est terminé pour lui. Nous sommes venus ici, justement, pour voir la population, la réconforter et lui demander, d’ailleurs, de se préparer à chasser le régime Kabila. Et donc, on n’a pas à nous interdire le droit de le faire. Ce régime n’a rien compris du tout. Il continue d’utiliser la violence, de brimer la population, au point où je suis en train de me poser la question de savoir qui sont les irresponsables qui ont osé désigner la République démocratique du Congo sous Kabila à ce poste de Conseil des droits de l’Homme de Genève aux Nations unies», a-t-il déclaré d’un trait.

En s’abstenant de reprendre intégralement ces propos dans leurs prestations de la matinée du mardi 24 octobre 2017, les pro-Fatshi ont certainement saisi la gravité de l’intervention. Tshilombo qui confirme l’image qu’on se fait de lui, celle d’un personnage à l’injure facile.

Lorsque, hélas !, il coalise avec un Moïse Katumbi et un Gabriel Kyungu réputés à l’injure tout aussi facile, on prend la mesure du danger que représente le trio «Katumbi-Kyungu-Tshilombo». De quoi rappeler le tandem «Tshisekedi-Kibassa», prêt à cracher le venin, à enflammer la foule, surtout entre 1990 et 1997.

Fatshi se sait en situation fragile

Au fait, Félix a un problème : comment s’imposer au sein d’abord de l’Udps en succédant à son père, ensuite de «Rassemblement».

Pour circonscrire ce problème, il faut commencer par le situer par rapport à son poste.

A l’Udps, il exerce des fonctions non statutaires de secrétaire général adjoint. Le seul poste qui soit statutaire au Secrétariat général est celui du secrétaire général.

Résultat : Jean-Marc Kabund exerce des fonctions statutaires tandis que Félix Antoine Tshilombo exerce des fonctions non statutaires. Il peut à tout moment être viré. Raison, probablement, pour laquelle il n’est pas pressé de soutenir la convocation du congrès électif prévu à l’article 27 des statuts.

Flottant à l’Udps, il flotte également au sein de «Rassemblement». Le pouvoir réel n’est pas détenu par le président national qu’il est mais par le président du Conseil des sages. Poste dont s’est emparé le G7 à la faveur de la fameuse restructuration ayant causé des dégâts plus à l’Udps qu’à un autre parti de la plateforme.

Fatshi se sait en situation fragile.

Il est établi que les «maîtres du monde» fonctionnent avec le «profilage» des acteurs politiques. Pour la RDCongo, ils savent qui est qui. De Félix Antoine Tshilombo, ils se font l’idée d’un gars impulsif, imprévisible, suffisant…

Ils prennent en plus acte de l’incident diplomatique qu’il vient de créer un en qualifiant d’«irresponsables» 153 pays membres de l’Onu au nombre desquels, sans doute, ceux avec lesquels ils sont en très bons termes.

On ne serait alors pas surpris d’apprendre que Moïse Katumbi ait reçu instruction de «contrôler» son homme. Car, si avec des fonctions protocolaires il se met déjà à décider de tout, et encore de sa tête, sans consulter personne, c’est qu’il a tout du Léviathan. Le 23 octobre 2017, il a souverainement décidé de la cessation de la fonction présidentielle exercée par Joseph Kabila «à l’instant» même où il a pris la parole.

L’homme-Constitution n’a cependant pas annoncé par qui le Raïs est remplacé.

C’est exactement ce que faisait son père en s’adressant à Mobutu.

Sur les réseaux sociaux, un internaute s’est amusé à lui demander s’il n’a pas hérité du «dictionnaire» de …papa !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

 

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