Pour bien comprendre, Nikki Haley vient entendre…

 

  • Précision importante : elle fait le déplacement de la RDCongo à l’invitation du Président Joseph Kabila et non sur ordre de la Maison Blanche

 

  • Sur Rfi, Christophe Lutundula, certainement au courant de cette réalité, lui suggère de réclamer du Chef de l’Etat le respect de la Constitution et l’application de l’Accord du 31 décembre 2017…

 

  • A propos de la légitimité et de la légalité des Institutions à mandat électif, Lutundula pertinemment bien que ni dans la Constitution, ni dans l’Accord de la Saint Sylvestre n’existe une seule disposition restreignant leurs prérogatives pendant la période comprise entre la fin du mandat électif et l’installation effective des institutions issues des élections. D’où leur fonctionnement normal…

 

Arrivée à Kinshasa la nuit du 25 au 26 octobre 2017, Nikki Haley doit en principe rencontrer le Chef de l’Etat ce vendredi 27 octobre qu’il a invitée. Il est également prévu dans son programme des échanges avec des officiels en charge des questions électorales et sécuritaires. En se rendant d’abord à Goma, elle  tenait à s’imprégner des réalités du terrain au moment où son administration envisage la révision à la baisse de la contribution américaine à la Monusco. En une vingtaine d’années, celle-ci a englouti près d’une vingtaine de milliards de dollars US pour un bilan somme toute  mitigé. Washington est pour la réduction des effectifs…

 

Dans son discours à la 72ème assemblée générale des Nations Unies le 23 septembre 2017, le Président Joseph Kabila en a appelé à une revue stratégique des relations entre la RDCongo et le Conseil de sécurité pour «déterminer le rythme de réduction de la force de la MONUSCO jusqu’à son retrait total», considérant avec raison que «près de vingt ans après son déploiement, la force onusienne ne peut nourrir l’ambition de rester indéfiniment» en terre congolaise «ni d’y exercer son mandat avec le  même format et sans tirer les leçons des faiblesses constatées».

Ce qui importe pour les Congolais et devrait l’être «aux yeux de tous ceux qui tiennent à la crédibilité de notre Organisation», a-t-il répété, «c’est l’efficacité effective de l’apport des troupes onusiennes sur le terrain».

Il a pris soin de rappeler l’exigence, depuis plusieurs années, du «redimensionnement de la force de la MONUSCO au regard de missions devenues dynamiques et la réorientation des moyens ainsi dégagés vers la satisfaction de nos besoins de développement». Et d’affirmer : «En ce domaine, comme en d’autres, nous n’entendons pas transiger avec le respect dû à la souveraineté de la République Démocratique du Congo telle que garantie par la Charte de notre Organisation».

Langage plus responsable…

En répondant à l’invitation du Chef de l’Etat un mois plus tard, Nikki Haley sait au moins ce qui l’attend sur ce point-là tout comme sur d’autres points (élections et des droits de l’homme). De l’échange de vues qu’elle aura avec le Président Joseph Kabila, elle en sera davantage édifiée.

C’est déjà rassurant d’entendre Christophe Lutundula, maître à penser de «Rassemblement» et promoteur en décembre 2016 du schéma «régime spécial» duquel est issu le schéma «Transition Sans Kabila», utiliser sur Rfi un langage plus responsable que celui de ses «chefs» Félix Antoine Tshilombo le président national et Pierre Lumbi le président du Conseil des Sages. «Nous attendons de l’ambassadeur qu’elle obtienne de Joseph Kabila le respect de la Constitution de son pays et la mise en oeuvre de l’accord de la Saint-Sylvestre dans sa lettre et dans son esprit, comme l’a demandé par ailleurs la résolution 2348 du Conseil de sécurité des Nations unies, de manière à permettre aux Congolais d’élire leurs nouveaux dirigeants pour prendre en charge le destin national et promouvoir l’alternance», a-t-il dit.

Il n’est pas sans savoir que le respect de la Constitution et de l’Accord se conçoit d’abord en termes de légitimité et de légalité des Institutions à mandat électif (Président de la République, Assemblée nationale, Sénat, Assemblées et Gouvernements provinciaux).

Comme relevé ci-dessus, ni dans la Constitution, ni dans l’Accord de la Saint Sylvestre n’existe une seule disposition restreignant les prérogatives de ces institutions pendant la période allant de la fin du mandat électif à l’installation effective des institutions issues des élections !

Par voie de conséquence, les dispositions prorogatives que sont les alinéas 2 des articles 70, 103 et 105 ainsi que l’alinéa 6 de l’article 197 garantissent pleinement et entièrement leur fonctionnement.

Pour avoir librement fait le choix de «suspendre» temporairement l’alinéa 1 de l’article 5 relatif au référendum, les signataires de l’Accord auraient dû convenir des restrictions des prérogatives constitutionnelles. Ils ne l’ont fait, et ils n’ont qu’en assumer la responsabilité.

Mieux édifiée qu’elle ne l’aura été à son arrivée

S’agissant du processus électoral, Nikki Haley s’entendra dire que les signataires de l’Accord – consacré «instrument international» à l’initiative de «Rassop/Limete» et de la «Cenco » –  ont convenu de la refonte totale du fichier électoral. C’est à quoi s’attelle la Céni avec des moyens mis à sa disposition par le Gouvernement et par la Monusco, moyens de très loin inférieurs comparés à ceux des élections de 2006 et 2011.

Elle s’entendra également dire que les signataires de l’Accord se sont librement engagés à réunir en séquence unique la présidentielle, les législatives nationales et les provinciales. Le découplage que préconise «Rassop/L» pose un double problème : reprise de la Médiation Cenco (à l’initiative du Président de la République) et reconstitution des parties prenantes scindées. A moins d’opter pour un 3ème Dialogue.

Au sujet des Droits de l’homme, Nikki Haley s’entendra dire que depuis qu’elle cherche à dupliquer le «schéma burkinabé» avec à manœuvre la Galaxie Soros, l’Opposition ne donne aucun signe probant d’être prête pour les élections. En 2016, elle n’a fait qu’à agiter la rue au cours des six mois précédant l’échéance du 19 décembre. En 2016, elle est dans la même logique. On en veut pour preuve qu’à six mois également de l’échéance du 31 décembre 2017, elle a commencé à brandir le schéma «Transition Sans Kabila» alors que si réellement elle croyait dans la tenue des élections à cette date, elle serait en train de préparer son congrès, de désigner ses candidats à divers niveaux, de présenter et défendre son programme de gouvernement, voire d’organiser sa «pré-campagne».

En voulant par contre conquérir le pouvoir par des moyens non démocratiques (soulèvement), elle crée en réalité des situations susceptibles de dégénérer. Pire, elle ne dénonce pas la récupération de son discours par les groupes armés, corsant de ce fait la tâche des Fardc et de la Pnc, mais aussi de la Monusco. Le phénomène dit «Kamwina Nsapu» en est l’illustration.

Il y a là un tel faisceau d’éléments à sa portée que Nikki Haley repartira de la RDCongo mieux édifiée qu’elle ne l’aura été à son arrivée. Et comme résumé dans l’Editorial «Nikki ici, Nikki là, Nikki ici-là…», elle ne va pas réinventer la roue. «Elle dira et fera ce qui est connu. Elle renverra les Congolais à l’observance stricte de l’Accord du 31 décembre 2016, libre à chacun de l’interpréter en fonction de ses convictions. Mais, sur le terrain où l’opinion congolaise l’attend, à savoir le schéma ‘Transition Sans Kabila’, elle bottera en touche».

Simplement parce qu’elle sait que l’Amérique triomphante qui faisait et défaisait les rois à son instigation ou à l’instigation de certaines puissances ex-coloniales a changé, elle aussi.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

 

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